Texte : Marco Polisson Les automobilistes ont découvert, hier, les nouvelles pistes cyclables installées sur le boulevard de Stalingrad par la Métropole de Lyon. Le maire de Lyon 6ème, Pascal Blache, est monté au créneau.

A L’heure où vous découvrez cet article, vous êtes peut-être englué dans le bouchon qui obstrue le boulevard de Stalingrad, et si vous êtes un familier de cette artère, vous savez que nous en sommes déjà au 4ème épisode. Après l’implantation d’une voie sans issue, côté pont Poincaré en août 2021 (épisode 1) qui a engendré plusieurs accidents dont un grave en décembre 2021 (épisode 2, photo ci-dessous), la Métropole a annoncé en juin 2022 vouloir créer une nouvelle piste cyclable contre le mur de soutènement du chemin de fer, côté parc, sur une voie actuellement occupé par 200 places de stationnement et… une piste cyclable (épisode 3). Et nous voilà dans l’épisode 4, avec cette obstruction délibérée d’une des deux voies, dans les deux sens de circulation, en direction de la Part-Dieu, et en direction du périphérique et de Caluire.

« C’est l’entrée sur Lyon qui est clairement impactée » Pascal Blache, maire du 6ème

Le maire de Lyon 6ème a réagi hier soir : « C’est une nouvelle coronapiste qui est apparue ce matin à la grande surprise des usagers du boulevard Stalingrad. Bien que cette portion du boulevard concerne la commune de Villeurbanne, c’est l’entrée sur Lyon qui est clairement impactée. Et la mairie du 6e directement interpellée par les usagers à qui ni les élus, ni les agents, ne sont en mesure d’apporter le moindre élément de réponse puisque nous n’avons aucune information. Pas d’annonce de ce tracé, pas d’explication et pas de durée. Nous suivons pourtant de très près les projets concernant les voies lyonnaises. Au moins 6 d’entre elles passeront par le 6e ! » analyse, dégoutté, Pascal Blache, déjà mis devant le fait accompli lors de la suppression d’une voie de circulation, cours Vitton, au cœur du 6ème.

En octobre 2020, Pascal Blache découvre, au petit matin, la piste cyclable tracée cours Vitton pendant la nuit, sans qu’il ait été prévenu… Rebelotte, boulevard de la bataille de Stalingrad !

Et de poursuivre : « A ce jour, aucune étude d’impact de circulation ou de stationnement ne sont mises en œuvre en amont des projets de la Métropole, alors que nous le demandons systématiquement. Les maires des communes de l’ouest de la métropole (et plus précisément des Monts d’Or, ndlr) ont interpellé Bruno Bernard (président écologiste de la Métropole, ndlr) sur le niveau d’encombrement des axes routiers. Avec ce tracé, ce sont les automobilistes des communes de l’est qui vont être encore un peu plus impactés dans leur temps de trajet quotidien.

Les habitants du 6e vont subir nuisances sonores et dégradation de la qualité de l’air dues aux embouteillages.

Ces pistes semblent plus faciles à tracer qu’à effacer. Alors que la décision de supprimer la « coronapiste » des quais Charles de Gaulle a été prise depuis des lustres, il faudra attendre l’automne, sans date précise, pour que les services interviennent sur le quai. Pour la Ville de Lyon et la Métropole, la seule alternative à la voiture, c’est le vélo. Je ne suis pas de cet avis. Les transports en commun sont le mode de déplacement le plus inclusif mais aucune solution n’est développée de ce côté-là. Je déplore la politique menée par la NUPES lyonnaise qui consiste à opposer les usagers dans un contexte déjà particulièrement tendu. » conclut  Pascal Blache.

Le maire de Caluire monte au créneau

S’achemine-t-on vers une nouvelle crise entre les maires et la métropole écologiste ? Après les maires de Saint Cyr et de Saint Didier au Mont d’Or, c’est au tour de Philippe Cochet de dénoncer les aménagements cyclables réalisés sans concertation. « Après les Monts d’Or, le Grand Lyon souhaite la thrombose du nord de l’agglomération en passant le boulevard Stalingrad à 2 fois 1 voie sans s’inquiéter des émissions toxiques des pots d’échappement des bouchons organisés par la NUPES de la Métropole lyonnaise. » écrit Philippe Cochet  sur twitter. Le bouchon créé par la suppression de cette voie de circulation remonte, matin et soir, jusqu’en haut de la Montée des Soldats.