Par Marco Polisson

La nouvelle majorité écolo-communiste de la Métropole de Lyon a décidé de ne pas renouveler les contrats « hospitalité » qui la liaient aux trois grands clubs professionnels lyonnais. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Un peu des deux à la fois ! On vous explique pourquoi dans ce nouvel épisode de la série #Lyon écolo.

L’info divulguée par un quotidien lyonnais* n’a pas été une surprise pour les spécialistes. On apprend sous la plume de la journaliste Sophie Majou que « regarder un match de foot ou de rugby dans le confort feutré d’une loge « VIP », avec champagne et petits fours, c’est une période révolue du côté de la Métropole de Lyon. Le nouvel exécutif (vert/gauche) aux manettes de la collectivité y renonce, en effet, très officiellement. Dans l’aventure, les achats publicitaires pour l’ASVEL (basket) passent aussi à la trappe. »

500 000 euros en moins dans les caisses des clubs

Ces contrats d’hospitalité et de publicité généraient des recettes de 500 000 euros TTC pour les trois clubs lyonnais, dispatchés selon nos sources de la façon suivante : 300 000 euros pour l’OL, ce qui correspond à une loge de 24 personnes pour tous les matchs du championnat de ligue 1 et de ligue des Champions ainsi qu’à des places dans les salons VIP tout au long de la saison ; 110 000 euros pour le LOU Rugby d’Olivier Ginon installé à Gerland et 90 000 euros pour l’ASVEL présidée par Tony Parker.

Olivier Ginon et ses groupies dans le salon présidentiel du stade de Gerland. Ses dîners VIP d’avant-match rassemblent 800 convives…

Il résulte de nos différents entretiens que cette décision, si elle n’affecte que très légèrement les budgets de ces clubs, est néanmoins très mal perçue par les principaux intéressés car elle intervient en pleine pandémie. « C’est triste de découvrir cette info en ce moment, alors que nous n’avons aucun revenu de la billetterie. On n’avait pas besoin de ça ! » déplore un consultant en marketing sportif. « C’est déjà d’une tristesse absolue d’arpenter nos stades vides… et voilà qu’on est lâché par une des plus grosses institutions politiques locales ! » Voici résumé le sentiment général.

La secte verte encore plus isolée

D’un point de vue strictement politicien, on ne peut reprocher aux écolo-communistes cette décision à forte teneur en démagogie. Le président écologiste de la Métropole Bruno Bernard envoie-là un message fort et clair à sa majorité échaudée par les concessions récemment faites au projet OL Arena. Soit. Mais c’est un calcul à court terme. En se privant de leurs loges, les élus de la secte verte – déjà isolés et ignorés depuis leur élection – se privent de précieux contacts au sein des cercles économiques dont les décideurs adorent se retrouver en tribunes VIP… « La bonne nouvelle, c’est qu’on ne les croisera pas en sandales dans les salons ! » conclut, mi figue, mi raisin, un second témoin **…

Etienne Blanc, Lolo, Gégé, Kim… Le gratin politique régional en tribune présidentielle pour la rencontre OL Juventus.

Reste le cas particulier de Bruno Bernard qu’on dit fan de foot. Le président écolo sera-t-il le seul à bénéficier – au titre du protocole – de son siège chauffant en tribune présidentielle à droite de Jean-Michel Aulas, du champagne Mumm, des petits fours et du parking VIP qui vont avec ? Ou, fidèle jusqu’au bout à sa logique « anti-privilège et anti-passe-droit »***, se fera-t-il sa propre nuit du 4 août, en achetant avec ses deniers – rassurez-vous, il n’est pas dans la peine avec sa fortune personnelle et ses indemnités – son abonnement en tribunes populaires et en venant en vélo à Décines ?

Réponse dès la réouverture des stades !

* Le quotidien en question reprenant nos infos exclusives sans citer ses sources, nous lui appliquerons désormais la même mesure confraternelle.
** Notre témoin fait référence à Samuel, l’élu écologiste du 4ème venu en tongs le jour de son investiture en juillet dernier.
*** Logique à géométrie variable quand on sait qu’il a casé son oncle maternel à la présidence de l’organisme HLM Grand Lyon Habitat…