Par Jean Étèvenaux*

Sur le site des HCL, on arrive par un onglet à l’Association de la Chapelle du Grand Hostel-Dieu de Lyon. On y découvre un bulletin d’adhésion pour 2018 et un programme culturel s’arrêtant à décembre 2019. Mais le coronavirus n’est pas responsable de ces lacunes. Un nouvel épisode de la série #Lyon écolo.

La réalité s’avère plus simple : l’Association vient de cesser toute activité suite à son assemblée générale du 1er février 2021 et à la démission de l’ensemble du bureau. La convention liant l’équipe de bénévoles — pas loin d’une centaine de membres — aux Hospices civils de Lyon n’a en effet pu être renouvelée. La puissante machine hospitalo-administrative sous tutelle écologiste voulait en effet contrôler financièrement l’association. Pourtant, pendant cinq ans, celle-ci a su mener avec profit sa mission de valorisation de ce rare chef d’œuvre du baroque lyonnais.

L’Association avait en effet réussi un double exploit : organiser, à un moment où la chapelle n’était pas rouverte au culte et demeurait donc inaccessible au public, des activités culturelles et, en même temps, recueillir des fonds.

À côté de ce qui a été apporté par la Fondation du patrimoine, des fondations privées et des mécènes, elle a ainsi fourni 75 000 euros provenant des 177 manifestations qu’elle a mises sur pied avec la présence de quelque 4 500 personnes. Grâce à une gestion rigoureuse, ces fonds se sont ajoutés aux dons et cotisations des adhérents, pour apporter in fine 124 100 euros aux chantiers de restauration. En ont plus particulièrement bénéficié la rénovation de la Vierge de Fabisch, l’autel de la chapelle Sainte-Marthe et la chapelle des Reliques (ci-dessus).

Bref, comme a eu l’occasion de le dire Jacqueline Boller, responsable de la communication, « ce fut une belle aventure menée par une équipe d’une efficacité remarquable, animée par la passion et dont le travail s’est concrétisé par des montants stupéfiants. » Malheureusement, les HCL n’admettent manifestement pas l’autonomie d’une association qui, à leurs yeux, ne peut exister que comme source directe de revenus pour eux. Il est vraiment dommage que soient, du coup, démotivés des passionnés du patrimoine.

Sollicités, les HCL en pleine « communication de crise », n’ont pu fournir d’information.

*Jean Etevenaux est journaliste et historien. Dernier ouvrage paru : « Les grandes heures de Lyon » chez Perrin.