Par Marco Polisson

La polémique enfle sur les réseaux sociaux après la tenue d’une seconde manifestation contre « les violences policières » qui a rassemblé samedi après-midi 5000 personnes dans les rues de Lyon.

Alors que la France entame son déconfinement et que les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits, ils ont arpenté les quais le long du Rhône pendant plusieurs heures, collés les uns contre les autres. Peu de masques mais des vestes à capuches, bien connues des commerçants lyonnais et des services de police.

Quelques semaines après les incidents de la Guillotière, un quartier exempté de confinement, les rodéos à répétition dans les banlieues et notamment à Bron sous le regard complaisant du maire socialiste Jean-Michel Longueval, les Lyonnais ont assisté, dégoûtés, à cette nouvelle contradiction gouvernementale et à une justice à deux vitesses.

A Lyon, l’Etat est représenté par le Préfet Pascal Mailhos. C’est ce préfet qui a infligé 20 000 euros d’amende et une fermeture administrative de deux mois au Café 203 pour avoir accueilli 2 consommateurs sur sa terrasse avant le 2 juin. C’est également lui qui a signé l’autorisation de la manifestation aujourd’hui… « Trouvez-vous cela normal en période de déconfinement ? » s’interroge Samuel Soulier en postant la vidéo des manifestants dans le 6ème arrondissement.

« On oblige les commerçants, hôteliers, restaurateurs, professions médicales à prendre des mesures drastiques, les obligeant à réduire leurs chiffres d’affaires, voire mettre la clé sous la porte et pendant ce temps ça manifeste en masse. Mais quelle honte ! Comme si cela ne pouvait pas attendre la fin de la crise sanitaire !! » s’indigne Anne-Sophie Secondi sur sa page Facebook. Et que dire de la filière évènementielle à l’arrêt depuis trois mois ?

Second sujet de colère, l’hélicoptère qui survole la ville

En pleine crise économique, la préfecture a sorti un hélicoptère à pour surveiller les manifestants… qui n’ont normalement pas le droit de se rassembler. Pour Nicole Marguin (Restaurant Le Président), on marche sur la tête : « Et voilà l’humanité ne changera donc jamais ! L’hélicoptère en permanence au-dessus des manifestants. Combien cela-va t-il encore coûter ? »

« En plus des gilets jaunes, de la covid et de la bêtise des hommes. Vous serez les premiers à payer tout cela, l’état c’est nous et vous ! Vous devez avoir beaucoup de moyens pour estimer pouvoir payer ce genre d’actes et empêcher les commerçants de travailler déjà plus qu’à bout de souffle. Les applaudissements et la reconnaissance pour les soignants et l’entraide est déjà bien loin. » conclut la restauratrice.

Rue Gasparin, samedi soir – Photo Presqu’ile en colère

Du côté des commerçants, c’est en effet une nouvelle douche froide après deux mois de fermeture. Car la ville a été bloquée tout l’après-midi, surtout les ponts, provoquant des embouteillages qui s’ajoutent à ceux créés par les nouvelles pistes cyclables. La Presqu’ile qui a été interdite aux manifestants a été épargnée jusqu’en début de soirée.

C’est à ce moment-là que les incivilités ont repris, comme chaque week-end, à la barbe des policiers…insultés tout l’après-midi. Un accident s’est même produit rue Gasparin, suite à une course entre deux voitures (post ci-dessous).