Par Anne-Sophie Dalton

Après la rocambolesque élection présidentielle de 2017 et l’avènement de l’amateurisme politique comme marque de fabrique, les Lyonnais confirmeront-ils leur intention de vote du 1er tour en choisissant pour édile un nouvel amateur, spécialiste du melon d’eau ?

En hommage à la période des radis de l’ère Herriot, Lyon s’apprête-t-elle à connaître la saison de la pastèque : une belle enveloppe verte qui dissimule un cœur des plus rouges.

À la faveur de l’épidémie de Covid-19 et d’une abstention historique, la liste conduite par Grégory Doucet (EELV) a en effet, à la surprise générale, réalisé un score de 28%, le plaçant largement devant Etienne Blanc (LR) et Yann Cucherat (LREM), le 15 mars dernier.

C’est donc un illustre inconnu de la politique lyonnaise, dont l’expérience locale la plus significative semble être avoir été délégué de parents d’élèves, que les Lyonnais s’apprêtent à investir pour remplacer Gérard Collomb, ancien ministre de l’Intérieur.

Choix pour le moins surprenant en effet si l’on examine à la loupe les programmes des candidats, qui ont tous fait de l’écologie une priorité. Pire, celui de Grégory Doucet est presque pâle au regard des besoins d’une métropole européenne. Quand Milan s’apprête à planter trois millions d’arbres, Grégory Doucet lui en propose 3000 par an, soit deux fois plus que la ville de Cusset dans l’Allier (12 491 habitants), mais bien moins que les 500 000 du candidat de la droite Etienne Blanc.

En revanche, les marchands de vélos se frottent les mains, avec quatre mesures programmatiques sur six dans le domaine des transports, dont une que les automobilistes lyonnais qui subissent chaque jour les bouchons à n’en plus finir, vont particulièrement apprécier : « Rendre toutes les rues en double-sens cyclable grâce au dispositif Ville 30 km/h ».

Devinette… Dans quel quartier de Lyon, le petit Grégory va-t-il implanter ses éoliennes ? Chez les bobos de la Croix-Rousse ou les gauchos des pentes ?

Plus de pistes cyclables, plus d’embouteillages, c’est aussi, et ne l’oublions pas, moins de métropolitains qui se rendront en Presqu’île pour faire du shopping et dîner en ville. Chez ses « kamarades de cellule » grenoblois, les répercussions ne se sont pas fait attendre : – 30% de leur chiffre d’affaires depuis 2016 et des fermetures en cascade.   

Mais quelle importance peut avoir l’économie pour un candidat dogmatique dont l’intégralité du parcours professionnel s’est toujours articulée au sein d’associations subventionnées  et qui rêve d’une ville aseptisée et islamisée, comme l’indique son affiche de campagne qui fait polémique ?

La réponse est transparente : autant que ses propositions dans le domaine économique, c’est-à-dire aucune. Malgré tout, ne soyons pas mauvaises langues, le domaine budgétaire présente une seule et unique référence visant à incorporer la théorie du genre dans le budget de la ville (« Créer un budget « sensible au genre »). Inutile de dire que les petits clubs de foot vont adorer le rééquilibrage !

Autre apport majeur d’Eric Piolle, idole grenobloise de Grégory Doucet, la création d’un « Conseil consultatif des résidents étrangers »

Sans oublier la suppression des budgets de promotion d’OnlyLyon, la mise en place d’un « budget participatif » et d’un « conseil consultatif de citoyens ». Doit-on s’attendre d’ici la fin de son « hypothétique » mandat à l’apparition de futurs kolkhozes sur la place Bellecour ou des Terreaux ?

Mais la campagne n’est pas terminée nous rétorquera son attachée de presse. Face à la levée de boucliers des acteurs économiques et des jeunes qui refusent l’embrigadement, la crise du Covid-19 (entraînant de fait le report de l’élection), pourrait s’avérer être une aubaine pour le candidat qui, soulignons-le a surtout brillé par son absence durant cette période.

Ce délai lui aura peut-être permis de se replonger dans ses bouquins d’économie, manifestement oubliés depuis son passage en école de commerce, pour une séance de rattrapage.