Texte : Morgan Couturier avec MP – 51 ans après sa dernière apparition sous le maillot rhodanien, Fleury Di Nallo, demeurait, avec 222 buts, le meilleur buteur de l’histoire de l’Olympique Lyonnais. Il s’est éteint à l’âge de 83 ans.
« Pour ne pas vieillir, le seul moyen, c’est de s’occuper un peu de foot et d’assister aux matchs ». Effaçant les affres de l’âge comme il éliminait les gardiens adverses, Fleury Di Nallo tenait une formule bien à lui pour expliquer sa vivacité, plus de quatre décennies après avoir raccroché ses crampons. La meilleure façon de le croire est encore d’y assister. Alors happé inexorablement par ce cuir qu’il a tant poussé au fond des filets, le retraité procèdait à quelques jongles. Les années avaient beau passer, la passion demeurait inébranlable. Et même derrière ses traits ridés, on décelait sans mal cet amour du ballon, perceptible dès son 10eme anniversaire. Captivé par les projecteurs du stade Gerland, le Lyonnais s’en allait déjà seul, à la recherche d’une âme charitable voulant bien l’aider à passer l’écueil des contrôles à l’entrée.
Flash-back. Le « Petit Prince de Gerland », surnom que lui donnera le journaliste Jean-Philippe Rethacker, n’en démord pas : il sera footballeur. Rayé par son professeur, Di Nallo ne tarde pas à contredire les esprits les plus discordants. À 15 ans et demi, l’OL vient d’ailleurs frapper au domicile du jeune athlète. À la clé, un contrat de non sollicitation, proposé en l’échange de 200 000 anciens francs. « Ma mère m’a dit « Qu’est-ce que tu attends, signe ! » racontait-il à Lyon People en 2019. Une première étape dans sa riche carrière de buteur. Bien que doué, Fleury Di Nallo n’est pourtant qu’un footballeur lambda, tourneur à ses heures perdues. Jusqu’à cette année 1960 gravée à jamais dans sa mémoire. « On fait une opposition contre les pros. Camille Ninel me marquait et je l’avais tué. L’entraîneur Gaby Robert m’a dit : tu joueras samedi avec nous ».
En 1967, Saint-Étienne est proche de l’enrôler
Le 21 avril 1690, Di Nallo s’en va défier le grand Stade de Reims. L’OL s’incline 2-0 mais découvre un jeune prodige. L’attaquant inscrira finalement 222 buts en 495 matchs. « Sans tirer les penaltys », regrette le buteur le plus prolifique du club. « Je ne serai jamais battu. Les joueurs ne restent pas ». Une fierté pour cet amoureux de Gerland, dont les contrariétés de 1967 ont failli l’envoyer à… Saint-Étienne. « On avait gagné la Coupe de France. J’avais demandé une petite augmentation (500F) et la direction m’avait envoyé promener. Un ami a appelé le président Roger Rocher. Il m’a dit : « Je te prends tout de suite, je te donne 3 fois ce que te donne l’OL. Les Verts ont fait une proposition de 50MF plus trois joueurs. L’OL a refusé et m’a donné ce que je souhaitais ».
Sept ans plus tard, Di Nallo finira par partir au Red Star, avant de succomber aux avances de Montpellier, à l’issue d’un dernier match joué… à Gerland, le jour de son anniversaire (le 20 avril 1975). Mais pris de cafard, il revient à Lyon en novembre 1977. Un poste de recruteur l’attend (il attirera un certain Jean Tigana, ndlr). Les prémices d’une carrière d’agent qui l’occupait encore avant le covid, assisté d’Hervé Cros. Sans oublier ses fidèles rendez-vous matinaux, avec Bernard Lacombe, dans l’intimité du restaurant Le Bureau avant que ce dernier ne tombe malade puis ne décède, il y a 11 mois. Preuve que les grands joueurs sont faits pour s’entendre. « Nous avons fait un match amical en Espagne en début de saison. D’habitude, je dormais avec (Jean) Baeza. Mais il était absent. Du coup, je lui ai dit, viens, tu vas dormir avec moi. Et on est resté ami ».
Nul doute que ce soit lui qui l’a accueilli au paradis des footballeurs.















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