Disparition. Les derniers baisers de Jocelyn Garabedian

6 mai, 2026 | Actualités People Lyonnais | 0 commentaires

Texte : Morgan Couturier avec MP – Artiste émérite aux mille et une vies, Jocelyn Garabedian a marqué la ville de son empreinte musicale. Si son tube emblématique « Qui ne saute pas n’est pas Lyonnais » a contribué à son succès et à sa notoriété, l’artiste autodidacte a surtout conquis les cœurs. Grand passionné de l’OL, l’enfant de la rue Bataille s’est éteint le 1er mai 2026, à l’âge de 64 ans.

« Quand vient la fin de l’été, sur la plage, il faut alors se quitter. Peut-être pour toujours ». Là-haut sur la colline (de Fourvière), il aurait pu chanter ces mots, ces paroles écrites par Laurent Voulzy, l’un de ses artistes favoris. Peut-être l’a-t-il fait. Peut-être le fait-il actuellement entouré d’Elvis ou de Johnny.

Car Jocelyn Garabedian a beau avoir envoyé ses derniers baisers, emportés par le vent de la maladie, sa voix semble résonner là, quelque part, dans ces rues de Lyon qu’il aura dynamisées dès ses premiers pas. L’enfant du 8e y aura très vite chanté sa joie d’être lyonnais. Un gone, fils d’ouvrier, rapidement happé par ces notes et ces mélodies qui vous égayent une journée ou une vie. Alors lorsque son frère Daniel lui fit découvrir ses premières mélodies, Jocelyn Garabedian jura que la musique ferait partie de lui. A sa manière.

Vinrent alors les répétitions et les premiers accords de guitare qu’il sut apprendre tout seul

« Cela ne l’a plus jamais quitté », raconte Stan, son fils ainé, fan de la première heure de ce personnage haut en couleurs, capable de faire chanter Gérard Collomb, un soir de gala pour la Croix-Rouge. « Il ne s’arrêtait jamais, il était plein d’énergie », expose encore le communicant freelance. Avant de poursuivre : « il m’a emmené partout. On a fait tellement de choses ensemble. Aujourd’hui, je fais tout comme lui ».

2004- Le 26 novembre, il fait chanter les Lyonnais dans les salons de l’Hôtel de ville à l’occasion du Gala de la Croix-Rouge, organisé avec Carole Dufour

Alors lorsqu’en mars dernier, Jocelyn Garabedian prit la décision de pousser de la voix en faveur de Georges Képénékian, Stan s’occupa de la communication de ce dernier. « On a toujours été fusionnel », glisse encore son fils. La preuve s’il en fallait que l’on peut vivre une vie d’artiste, sillonner la France, l’Europe ou les États-Unis et ne jamais oublier ses proches.

A commencer par notre collaboratrice, Marie Bugnet, que Cupidon avait placé sur son chemin, même exilé dans la pampa de Haute-Savoie. « Un couple glamour », diront certains, ravis de voir l’artiste afficher son bonheur au grand jour. Et si sa carrière dériva un temps vers le commerce ou l’événementiel, la musique fut « toujours dans son esprit ». Une dédicace au King, à qui il ne manqua pas de rendre hommage, lors d’un détour dans le Tennessee. « Il a fait tellement de trucs mon père. Il a eu 1000 vies », témoigne encore Stan Garabedian.

2007 – Il accompagne en musique la sortie du magazine Lyon Mademoiselle. Il réalise également l’album Seven’th pour L’Argenson

MacBen Music et l’OL, sa vie, sa bataille

Chanteur, compositeur, patron d’un label de musique, le Lyonnais eut, en effet, souvent plusieurs cordes à son arc. Sa création en 2000 de Mac Ben Music, en fut la meilleure démonstration. Le tournant de sa vie. Installé dans un local du 3 rue Juiverie, dans le Vieux-Lyon, des centaines d’artistes poussèrent les portes de son studio.

2002 – Jocelyn dans les bureaux de Mc Ben Music, rue Juiverie (Lyon 5).

Parmi eux : Sorel, Solution H, Plastic Elephant mais aussi et surtout le groupe Le Voyage de Noz de son chanteur et ami Stéphane Pétrier. Derrière ce duo, naquit alors en 2003, un tube emblématique, connu de tous les passionnés de l’Olympique Lyonnais : « qui ne saute pas n’est pas Lyonnais ». Un véritable carton. Plus de 50 000 CD vendus et la naissance d’un hymne, entonné à pleins poumons dans les travées du stade de Gerland.

Si bien que deux ans plus tard, lorsque le titre « Cœur de Lyonnais » ne se vendit « qu’à » 30 000 exemplaires, pareille réalisation put prendre des airs de déception. Il n’en fut rien. Aux yeux de beaucoup, Jocelyn Garabedian devint une star. Une personnalité lyonnaise au sens premier du terme, que l’on ne put jamais laisser tomber, y compris au plus fort d’une dépression post dépôt de bilan.

2002 – Avec son fils Stan, 9 ans, dans les salons du Club des 100, le soir de la victoire contre de l’OL contre Lens, et du second titre de champion de France

« A Lyon, j’ai pu compter sur Jean-François Sommier et sa femme Astrid Manoukian, qui m’ont énormément soutenu. Jean-Pierre Soulier aussi, a toujours été là. Il m’a donné des tas de bons conseils. Il y a Damien Moutard du Type 34 qui a été plus qu’adorable. Il y a aussi Philippe Vorburger que j’aime énormément. Il a toujours été là pour moi », nous avouait-il dans une interview parue en 2007.

2012 – A Nashville, père et fils dans les pas d’Elvis

Sans même avoir à chanter « que je t’aime », l’artiste sut rebondir, à travers de nouveaux projets : réalisation de publicités, de courts-métrages, de films, ou encore d’émissions comme « Chef à Table ». Pour celle-ci, Jocelyn Garabedian se mit en quête d’une présentatrice. Dans les artères parisiennes, une certaine Caroline, mannequin et ostéopathe de formation, lui fut recommandée.

Le coup de foudre fut total, au point que celui-ci osa lui demander sa main en 2015. « Un bonheur inégalable » au cours duquel le chanteur connut le bonheur d’une deuxième naissance. Un autre fils, prénommé Antoine, né un jour de juillet 2016. Gardien du sommeil de ses nuits, Jocelyn Garabedian put alors battre en retraite direction la Drôme.

2022 – Dans son appartement de Fourvière, en préparation de son dernier album « Un week-end d’avril » sorti deux ans plus tard

Mais Lyon chevillée au cœur, l’artiste finit tout de même par revenir pour laisser sa passion s’exprimer. Son dernier album, « un week-end d’avril », sorti en 2024 en fut une énième démonstration. Le cancer, hélas, l’empêcha de mourir sur scène. « On l’a soutenu jusqu’au bout pendant 6 mois terribles », confient ses proches. La belle histoire s’est alors arrêtée un 1er mai dans une chambre de l’hôpital Lyon Sud.

Mais entre Rhône et Saône et dans le cœur de nombreux Lyonnais, l’amour va se terminer comme il a commencé : par un baiser !

> Ses obsèques auront lieu à 9h45 ce jeudi 7 mai 2026 en l’Eglise Saint-Paul (Lyon 5)

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/morgan" target="_self">Morgan Couturier</a>

Morgan Couturier

Le journaliste de Lyon People, c’est bien lui ! En quête de scoops, toute info est la bienvenue !

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