Par Marco Polisson

(Mis à jour avec la réaction d’Etienne Blanc) Depuis les deux premiers épisodes des aventures du petit Grégory, on sait qu’on ne va pas s’ennuyer. Mais ça se révèle encore plus folklorique que prévu, si l’on en juge par sa première rédaction publiée dans Tribune de Lyon. Hier, on riait, aujourd’hui, on pleure !

Dès la Une de l’hebdomadaire, le ton est donné ! Et pour la plus grande joie de nos confrères, la couverture où apparaît Grégory Doucet en lévitation s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux. Pas étonnant avec cette déclaration tout droit sortie de la bouche de la petite Greta : « Lyon ne doit plus être un poids pour la planète ! »

C’est à se demander si les écologistes lyonnais ne devraient pas changer de surnom et substituer « melon » à « pastèque », tant ils ont un égo surdimensionné. On reste ainsi en famille… en l’espèce les cucurbitacées. 

Plume. C’est aussi à se demander s’ils vont pouvoir encore passer sous le porche de l’Hôtel de Ville… car même si nous adulons notre capitale, prétendre que notre confetti est un poids pour la planète relève du « ridicule » selon François-Noël Buffet.

Réunis ce matin au palais des congrès de la cité internationale pour élire leur nouveau président, et l’issue du scrutin étant connue d’avance, les conseillers métropolitains se sont ennuyés ferme. Pour les occuper, nous leur avons envoyé un petit sujet de rédaction par sms : « Lyon est un poids pour la planète, paraît-il. Est-ce votre sentiment ? » Voici leurs copies :

François-Noël Buffet
« Pas vraiment ! Voilà une déclaration méprisante pour tous les habitants de ce territoire. Halte aux déclarations ridicules ! »

Georges Képénékian
« Il faut pour cela connaitre l’Histoire de notre ville. Lyon n’est pas Grenoble ! »

David Kimelfeld
« Hallucinant ! »

Philippe Cochet
😂😂😂😂 « Caluire et Cuire est une chance pour la planète »

Roland Bernard
« Dans le délire des khmers verts sans doute… sauf qu’ils oublient que l’aménagement d’un territoire crée de la richesse dont ils profitent… mais leur idéologie détruit leurs neurones !! »

Étienne Blanc
« La lutte contre la dégradation de notre environnement, pour une amélioration de notre qualité de vie passe par l’innovation la recherche et transformation de notre mode de vie.
A cet égard Lyon n’est pas un poids, bien au contraire.
Elle a une histoire universitaire et industrielle reconnue dans le domaine des sciences du vivant.
Capitale de la région en pointe sur la mobilité propre grâce à la mobilité hydrogène.
Riche aussi d’une tradition et d’un avenir puissant dans le secteur de la recherche agronomique, Lyon n’est pas un boulet pour l’avenir de la planète mais recèle une foule d’atouts pour sa sauvegarde et son avenir. »

Si l’on corrige la copie du petit Grégory, on s’aperçoit vite que nos craintes d’une destruction de l’industrie touristique étaient bel et bien fondées…

Interrogé au tableau noir par Antoine Comte sur le rayonnement national et international de Lyon, et le maintien – ou non – du budget d’OnlyLyon et l’Aderly, sa réponse claque comme une agression assumée envers les aéroports de Lyon, les compagnies aériennes et leurs employés :

« Ce n’est pas tant la question du budget qui est à regarder, mais ce sont les orientations. Aujourd’hui, nous avons 15 % des visiteurs qui nous viennent par avion. Vous allez me dire que ce n’est pas énorme, mais nous sommes tous conscients des effets néfastes du trafic aérien. Ce que je souhaite, c’est qu’on puisse avoir en valeur absolue beaucoup moins de gens qui viennent à Lyon en avion. Il nous faut donc offrir d’autres moyens de pouvoir visiter la ville avec des modes de déplacement qui soient plus vertueux. » assure Grégory Doucet qui ne nous fait plus rire du tout.

Ces 15% de touristes (loisirs ou affaires) qui arrivent par avion des USA, d’Australie ou d’Asie représentent 97 500 personnes, avec un panier de dépenses quotidiennes évalué à 350-400 euros en moyenne. Sollicitée par Lyon People, la direction des Aéroports de Lyon n’a pas souhaité commenter ces propos.

Autre question sous-jacente, le rayonnement international de Lyon : « Lyon accueillera donc moins de Chinois, de Russes ou d’Américains ? » enchaîne Antoine Comte. Réponse de Grégory Doucet : « Ce n’est pas le marché que je souhaite prioriser en effet. Je souhaite à l’inverse prioriser le marché intérieur, car c’est celui qui est en plus grande croissance. » Quand on sait que le pourcentage de touristes étrangers dans le taux de remplissage d’un hôtel 5* comme l’InterContinental est de 75%,et de 52% pour le Sofitel Bellecour, on prend conscience des dégâts que peuvent provoquer ces déclarations irresponsables.

Idem pour les restaurants gastronomiques, les bouchons, les paquebots de croisière, les guides conférenciers, et les boutiques de luxe du triangle d’or qui sont tributaires du tourisme international : cette prise de position est là encore une marque de mépris et une provocation à l’égard de tous ces acteurs, employés comme patrons.

La suite est du même acabit… comme vous pourrez le constater en lisant l’interview complète dans Tribune de Lyon que vous aurez à cœur d’acheter chez votre marchand de journaux qui, comme tous ses collègues, a enfin retrouvé le cœur même de son métier : la diffusion de la presse. Notre passion commune.

# LYON ÉCOLO – LA SÉRIE 

# épisode 1 Le dessin du petit Grégory pour la fête des mères > à visionner ici 
# épisode 2 Le petit Grégory découvre l’Hôtel de Ville > à visionner ici