Par Morgan Couturier

Forcément épié pour sa première prise de parole en public, à l’occasion de la cérémonie militaire du 13 juillet, le nouveau maire de Lyon n’aura pas marqué les esprits. Un nouvel épisode des aventures du petit Grégory (Doucet).

Place Maréchal Lyautey, Lyon 6ème. « Il y a un peu de légèreté et ce qu’il faut de formalisme ». Son baptême du feu à peine effectué, le nouvel édile a fait dans l’autosatisfaction : son interprétation fut à la hauteur de ses nouvelles fonctions. Un parti-pris confirmé par Isabelle Sabran qui assurait l’avoir trouvé « très à l’aise ».

Le petit Grégory et la fleurie Emeline coachés par le gouverneur militaire de Lyon avant le début de la cérémonie

« C’est dingue, on a l’impression qu’il a toujours fait ça », évoquait la responsable du protocole en fin de cérémonie, en décryptant le discours du premier magistrat avant d’aller boire un spritz avec son équipe sous les auvents des Terrasses du Pond. On ne saurait reprocher à Isabelle Sabran cet inhabituel excès de zèle qui intervient à un moment délicat pour son service…

Salué par son équipe, critiqué en off par les habitués

Car de l’aveu même des habitués, ce discours n’eut rien de transcendant. Il fut même parfois soporifique, au sens propre comme au figuré, à en croire certaines mines endormies. La faute à un goût trop prononcé pour les rappels historiques, le petit Grégory ne manquant pas de s’appuyer en de (trop) nombreuses occasions, sur l’histoire de cette fête nationale, « devenue un grand rendez-vous festif et populaire ».

Une description un peu dépassée au regard de cette cérémonie organisée « dans un contexte exceptionnel ». « Cette année, plus que de coutume, la prudence commande. Notre devoir est d’éprouver le moins possible ceux qui nous viennent en aide », a-t-il évoqué sous le regard blasé des députés LREM Anne Brugnera et Thomas Rudigoz, du sénateur Michel Forissier, d’Emeline Baume, première vice-présidente de la nouvelle Métropole.

Coup de chaud pour les participants et le public

Bien que salutaire, cette mission fut pourtant loin d’être réussie, à en croire les malaises et insolations enregistrés pendant l’événement, à commencer par celui de la préfète déléguée pour la défense, Emmanuelle Dubée, assommée par la chaleur ambiante, ce qui ne manqua pas de donner du grain à moudre aux officiels habitués à siéger sous une tribune couverte.

Les représentants du corps consulaire…

Une attention disparue de cet opus 2020, à l’instar du défilé militaire et du passage de la patrouille de France, dont l’interdiction a fait réagir jusque dans l’exécutif de la municipalité de Salon de Provence, mère patrie des alphajets tricolores.« On espère retrouver un programme complet l’an prochain », a néanmoins promis le petit Grégory, débarqué sur place en vélo.

Pas grand monde pour l’applaudir. Même le local de l’étape, Pascal Blache, réélu maire du 6ème, était absent. Il était représenté par son adjoint Hervé Brun. Devant une assistance clairsemée en VIP, lui succéda à la tribune le préfet de Région. « La France se souviendra que les citoyens ont fait bloc », a assuré Pascal Mailhos avant de remercier « toutes celles et ceux qui en 1ère, 2ème et 3ème ligne, ont été les bras armés de la nation, notamment les personnels soignants, les forces de sécurité intérieure, les services de secours, les militaires. »

« Parmi les unités présentes lors de la cérémonie, le 7e régiment du matériel (RMAT) et les écoles militaires de santé de Lyon-Bron (EMSLB) ont été saluées par le préfet pour le soutien durant le pic de la pandémie.

Le 7e RMAT, en plus de ses grandes capacités logistiques largement exploitées pour l’acheminement de matériel sanitaire au profit des HCL, a déployé des unités d’appui sanitaire au sein des hôpitaux de la Croix-Rousse et de Charpennes. Les militaires insérés dans les services logistiques des centres hospitaliers ont assuré des missions de manutention permettant aux soignants de se consacrer pleinement à la gestion de la crise sanitaire.

Plusieurs centaines d’élèves praticiens des EMSLB se sont relayés dans les hôpitaux d’instruction des Armées (HIA) en première ligne, notamment en région parisienne, ainsi qu’à l’EMR de Mulhouse. Dans leurs rangs, on pouvait compter des volontaires médecins, pharmaciens, infirmiers et aides-soignants, qui sont allés en renfort des services hospitaliers surchargés. » indique la Défense Sud-Est dans un communiqué.

# LYON ÉCOLO – LA SÉRIE

# épisode 1 Le dessin du petit Grégory pour la fête des mères > à visionner ici 
# épisode 2 Le petit Grégory découvre l’Hôtel de Ville > à visionner ici
# épisode 3 Le caprice du Petit Grégory contre la Patrouille de France. « Pas beau l’avion ! »  > à visionner ici