Texte : Marco Polisson. Exclusif. Après deux années de polémiques ridicules et alors que la détestation des Lyonnais envers les élus verts atteint des sommets, l’heure est au recadrage chez les écolos qui sont contraints d’abandonner le dogme de l’écologie punitive. On se pince pour y croire dans ce nouvel épisode de la série #Lyon écolo.

L’impulsion est venue d’ailleurs. De Paris pour être précis. Au QG de campagne de Yannick Jadot, gros légumes (bio) et têtes pensantes (sic) de l’écologie pastèque ont planché sur les raisons de l’échec de leur candidat, qui n’arrive pas à décoller dans les sondages. Après avoir sillonné la France à ses côtés, ils ont pu dresser un tableau peu reluisant de l’état d’esprit qui règne dans les villes administrées par les écologistes, notamment à Lyon.

4000 personnes ont participé au meeting de Yannick Jadot au Zenith. Et elles venaient de toute la France…

Alors que la conquête de 10 métropoles en 2020 et leur transformation en villes « du bien-être écolo » devaient servir de rampe de lancement à Yannick Jadot, la réalité observée sur le terrain s’apparente plus à « Cauchemar en cuisines » qu’à la cité de la joie. Partout, le candidat écologiste est contraint d’éteindre le feu des outrances et de récolter les retombées négatives des khmers verts qui dirigent ses villes.

A Bordeaux, à Strasbourg, mais aussi à Tours et à Lyon, les écolos modérés et les électeurs non politisés sont écœurés par le sectarisme des élus verts.

Il faut donc agir. A deux mois des législatives – c’est plié pour la présidentielle -, il est encore temps de renverser la tendance, estiment les stratèges (sic) de Jadot qui ont demandé aux maires EELV d’envoyer des signes forts à leurs administrés avec un seul mot d’ordre : stopper toutes formes d’écologie punitive afin de (re)séduire les électeurs des grandes métropoles et de sauver le plus grand nombre de circonscriptions.

Bruno Bernard et Grégory Doucet avaient pourtant sorti leur plus beau costume (le même depuis deux ans) pour applaudir leur champion… qui leur a passé un sérieux shampoing !

A Lyon, où le dogmatisme règne en maitre mais où la résistance contre la secte est la plus forte, ce changement de doctrine a du mal à passer. Inutile de vous dire que le petit Grégory Doucet a failli s’étrangler en écoutant le recadrage de Yannick Jadot et de son directeur de campagne, Mounir Satouri en préliminaire de son meeting parisien au Zenith. Au premier rang, l’éphé(maire) de Lyon et son binôme Bruno Bernard… étaient dans leurs petits souliers.

« Il faut faire vite et fort ! » les a sommés Monsieur EELV 5% qui était accompagné de Delphine Batho. Parmi les mesures impopulaires abandonnées, certaines sont déjà actées comme la réalisation du téléphérique entre Lyon et Francheville. Mais c’est surtout sur le terrain des mobilités que ça pourrait être radical. Car les embouteillages et la pollution qui en résulte sont la première cause de stress et de mécontentement des habitants.

Il n’est pas question de remettre en cause le dogme du vélo et de la marche à pied, mais la guerre contre les automobilistes pourrait (provisoirement) cesser.

Les cabinets du maire et du président de la Métropole planchent donc sur des mesures spectaculaires qui devraient contenter le plus grand nombre. Avec un préalable sur lequel ils ne veulent pas transiger : le maintien de l’avancement de la ZFE au mois de septembre 2022, et la poursuite de la construction des Voies Lyonnaises, ce réseau de pistes cyclables qui devrait irriguer la Métropole d’ici 2026.

Yannick Jadot leur a donné une piste forte : promouvoir et encourager les acquéreurs de véhicules électriques (même si, in fine, comme les vélos à assistance électrique subventionnés, elles roulent grâce à l’énergie nucléaire). De façon à envoyer un signal positif aux électeurs et à compenser la mise en place de la ZFE. L’idée est de cesser d’apparaitre comme des pères fouettards et des peine-à-jouir.

Récompenser au lieu de punir, telle serait la nouvelle philosophie écolo !

A Lyon, les possesseurs de ces autos non polluantes, dont nous sommes – 40% du parc de véhicules de Lyon People roule à l’électrique – sont en effet nullement récompensés de leurs efforts (budgétaire et d’usage), et ça va changer. Et c’est là (enfin) une véritable révolution que les Verts pourront mettre à leur crédit (électoral). Accrochez-vous à vos selles, car c’est pour le moins inédit (on applaudit).

Lyon en zone 30. Bagnon, Doucet et Bernard sont ravis de pouvoir – enfin – afficher la réalisation d’une mesure… que les Lyonnais ne comptent pas respecter !

Selon nos informations, les véhicules 100% électriques vont pouvoir emprunter les couloirs de bus TCL, un privilège réservé jusqu’à présent aux taxis diesel, une aberration de plus (photo ci-dessous). Le passage de 84% des rues lyonnaises en zone 30 km/h va faciliter la faisabilité de cette mesure qui permettra de (re)fluidifier la circulation… notamment sur l’axe Jean Jaurès, Saxe et Foch, ainsi que les quais de Saône qui sont devenus un cauchemar pour les automobilistes.

Et pour encourager les Lyonnais à ne pas attendre 2026 pour remiser leurs véhicules diesel et les inciter à délaisser au plus tôt leurs véhicules à moteur thermique, une seconde mesure est en cours de finalisation : les possesseurs de véhicules électriques ne seront plus obligés de passer par la case racket pour stationner en ville : grâce à leur vignette spécifique, les ASVP ne pourront plus les verbaliser !

Un taxi diesel photographié en pleine semaine cours Lafayette… Il va bientôt partager les voies de bus – vides 90% du temps – avec les véhicules électriques

Idem dans les parkings gérés par Lyon Parc Auto. Ne reste plus qu’à mettre sous Lexomil son « président », l’ayatollah du vélo Fabien Bagnon, en dépression depuis qu’il a appris cet « inadmissible renoncement ». Troisième mesure : la suppression des corona pistes dont l’utilité n’a pas été démontrée ou qui font doublon avec celles déjà existantes comme sur le quai Général De Gaulle (cité internationale) et l’avenue de Grande Bretagne (Lyon 6).

Seul hic, ces mesures pragmatiques sont rejetées par les plus extrémistes des verts

On sait la violence des rapports de force entre les différentes factions vertes, et bien ça ne va pas s’arranger. Encouragés par leur âme damnée Sandrine Rousseau, les plus extrémistes des élus verts – notamment Valentin Luggenstrass (photo ci-dessous) et Jean-Charles Kohlhaas connu pour sa récente sortie (de route) à propos du tunnel de la Croix-Rousse – ont mis leur démission dans la balance. Mais comme ils sont inconnus du grand public et ne pèsent rien électoralement parlant…

A l’Hôtel de Ville de Lyon, règne une atmosphère crépusculaire dont le petit …. Doucet aimerait bien s’extirper. Mais les gardiens de la révolution (verte) veillent au grain.

Dans toutes les villes écolos, où ces mesures de bon sens sont à l’étude, on assiste à des scènes de cris et de grincement de dents. Selon nos confrères de Grenoble People, Eric Piolle aurait opposé une fin de non-recevoir catégorique aux émissaires de Jadot, dont la chute annoncée est, pour lui une aubaine, car il s’y voit déjà en 2027. De même à Bordeaux, chez Pierre Hurmic, le promoteur du sapin de Noël en résine et résidus de palettes.

Les derniers arbitrages sont en cours à Lyon où, malgré les tiraillements au sein de la majorité islamo-gauchiste et la nouvelle menace de démission du petit Doucet, sous pression de sa compagne en partance, le pragmatisme devrait l’emporter. Pour qu’elles soient vites assimilées des électeurs, la mise en place de ces mesures devrait avoir lieu fin avril, mais il est trop tôt pour exclure que toutes ces bonnes intentions ne finissent pas en queue de… poisson (d’avril, bien sûr !).

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