Par Marco Polisson

Un an après être rentré par effraction électorale à l’Hôtel de Ville de Lyon, le petit Doucet cherche le moyen d’en sortir par la grande porte. Un nouvel épisode de la série #Lyon écolo.

Les interviews complaisantes accordées par l’éphé-maire de Lyon aux deux médias municipaux (Le Progrès et BFM Lyon) à l’occasion du premier anniversaire de sa prise de fonction n’ont trompé personne. Ses rodomontades sémantiques non plus. Preuve en est, les réactions des lecteurs des médias grand public non politisés (20 minutes, Radio Scoop…), alors qu’en l’espace d’un an des collectifs d’habitants anti-écolos ont vu le jour dans tous les quartiers.

Les commentaires cinglants reflètent l’état d’esprit général : les Lyonnais n’en peuvent plus.

Au cabinet du maire, où l’on a longtemps fait l’autruche, on est parfaitement conscient du malaise mis en exergue par la récente démission de Victoire Goust, adjointe au tourisme. Il faut se résoudre à l’évidence : la greffe n’a pas pris et la détestation du maire est plus prégnante que jamais. Partout où il passe, il est violemment pris à partie (ci-dessous la vidéo de la réunion publique consacrée à Guillotière, le 1er juillet dernier).

La situation devient intenable pour l’exécutif municipal et pour la majorité métropolitaine de Bruno Bernard. Pour éviter que le rejet personnel de Grégory Doucet ne rejaillisse sur l’ensemble du navire écologiste, l’idée a germé chez EELV de le débarquer en douceur. Et ça tombe bien, de nouvelles échéances électorales sont annoncées dans moins d’un an.

En juin 2022, un mois après l’élection présidentielle, auront lieu les législatives. A grands coups de reportages alarmistes et d’images spectaculaires sur les effets du réchauffement climatique (en une semaine, on a eu droit à trois épisodes dantesques : les grêlons du Jura, les coulées de boue au Japon et le dôme de chaleur du Canada), les écologistes espèrent bien renverser la table macroniste en envoyant Yannick Jadot ou Eric Piolle (PiolPot pour ses administrés grenoblois) à l’Elysée, – dont il rêve d’être le ministre – puis un maximum de députés écolos à l’Assemblée Nationale.

Grégory Doucet pourrait profiter des législatives pour abandonner son poste de maire

Mais dans quelle circonscription urbaine le parachuter ? Au siège national des Verts, comme chez Lyon People, on a épluché attentivement les résultats des élections régionales à Lyon. En particulier dans la 3ème circonscription qui regroupe le 7ème et le 3ème arrondissement où il réside. Si le 7ème arrondissement lui parait acquis en cas d’union de la gauche, le vote sanction des électeurs du 3ème est devenu un casse-tête, car la conseillère municipale LR Béatrice de Montille, présente sur la liste de Laurent Wauquiez, y a réalisé un beau score.

L’actuel député de la 3ème circonscription est le macroniste Jean-Louis Touraine, un ancien camarade socialiste de Gérard Collomb (ci-dessus), et soutien de David Kimelfeld dans la guerre fratricide de l’an dernier. A 75 ans, le frétillant professeur, se relancera-t-il dans la bataille après avoir porté le fer sur le loi bio-éthique ? Ou consentira-t-il à transmettre le flambeau à son assistante parlementaire Sarah Peillon ? Toujours est-il qu’on s’achemine vers une triangulaire serrée sur ce territoire, avec Béatrice de Montille pour le centre et la droite, un candidat LREM (Jean-Louis ou Sarah) et un candidat de l’union écolo-gauchiste qui pourrait être Doucet.

Grégory Doucet cochera-t-il toutes les cases pour faire le lien des Verts avec le PS et l’extrême gauche ?

Cette difficile équation à trois inconnues pourrait le faire migrer vers une autre circonscription, en apparence plus facile : la 2ème qui regroupe des enclaves à forte teneur écologiste (en l’occurrence les 1er, 4ème, 9ème arrondissement). Seul hic, c’est la circo du député Hubert Julien-Lafférière, cousin Hub pour les intimes. Ex-chouchou de Gégé et défroqué de la macronie, il a rallié les écologistes et s’affiche le plus souvent avec eux pour sauver son siège… convoité par la jeune Maryll Guilloteau (LR). Le petit Grégory osera-t-il l’éjecter ? Avec un beau lot de consolation, sans doute.

La 4ème circonscription, chipée en 2017 par Anne Brugnera lors de la vague LREM, devant logiquement revenir à la droite (Pascal Blache est assuré d’être le candidat LR et du centre, mais à qui confiera-t-il la Mairie du 6ème ?), reste la 1ère circonscription de Thomas Rudigoz (LREM) où l’on pressent les candidatures de Jean-Stéphane Chaillet, 1er adjoint du maire LR de Lyon 2ème Pierre Oliver, en concurrence avec celle d’Anne Prost. Mais là encore, c’est risqué car le 5ème arrondissement a glissé à droite lors des dernières élections régionales. Compliqué tout ça !

Photo Lyon Mag

Tous les scenarii sont donc à l’étude même si les points de chute les plus probables pour le petit Doucet sont donc la 3ème ou la 2ème circo – c’est sa première adjointe Audrey Henocque (ci-dessus avec le journaliste Gérard Angel) qui est pressentie pour lui succéder – pour ce qui peut vous apparaitre comme de la politique fiction, tout comme l’annonce de sa démission, sur cette même antenne. A une différence près, toutefois : cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un poisson d’avril.