Par Marco Polisson

Le délire continue. Les Lyonnais qui avaient subi l’an dernier l’interdiction de la patrouille de France et du feu d’artifice se contenteront d’un défilé au rabais en 2021. Un nouvel épisode de la série #Lyon écolo.

A peine arrivé et déjà dans le bain. Le nouveau gouverneur militaire a vite compris qu’il allait devoir composer avec les autorités municipales. Pour son premier défilé, le général Gilles Darricau dont nous vous avons annoncé la nomination en exclusivité, va suivre la feuille de route qu’il a découverte en arrivant. Et s’incliner devant les exigences du petit Doucet qu’il ne souhaite pas commenter « conformément aux exigences de la neutralité politique ».

François Mitterrand, accompagné du chef d’état-major des armées, le général d’armée Jeannou Lacaze, du Premier ministre, Pierre Mauroy et de Charles Hernu, ministre de la Défense lors de son premier défilé le 14 juillet 1981 – Photo Joël Brun ECPAD

L’éphé-maire de Lyon a en effet décidé de décaler la date habituelle de la célébration (établie le 13 juillet sur décision de Charles Hernu, ministre de la Défense, pour lui permettre d’assister au défilé parisien le lendemain) et de délocaliser le défilé – qui se tenait depuis une vingtaine d’années sur le cours Franklin Roosevelt (Lyon 6) – au cœur de la place Bellecour. Les autorités civiles, militaires et consulaires sont donc attendues ce mercredi 14 juillet à 11h.

Elles n’auront pas grand-chose à se mettre sous les fesses – la tribune officielle a été supprimée – et sous les yeux : les engins motorisés de l’Armée de terre et des pompiers ne seront pas autorisés à circuler.

Pour éviter de faire de « Lyon un poids pour la planète », seuls quelques soldats pourront parader – à pied – devant le préfet de Région Pascal Mailhos, le général de corps d’armée Gilles Darricau et le petit Doucet. Au même moment à Paris, le défilé des Champs-Élysées retrouvera tout son faste habituel, avec des blindés, des hélicos et des avions. Il s’agit donc bien d’une décision de politique lyonnaise.

Les troupes seront placées sous le commandement du colonel Eric Chasboeuf, Major de la Zone de Défense et de Sécurité Sud-Est, et accompagnées par la fanfare du 27e bataillon de Chasseurs Alpins (ci-dessus). On pourra apercevoir des militaires issus des unités suivantes :  13e bataillon de chasseurs alpins, 92e régiment d’artillerie, 7è régiment du Matériel, École de santé des armées… Dans ce contexte, c’est sans doute la dernière fois que l’on apercevra les tenues chamarrées des unités héritières de notre passé colonial : 1er régiment de Spahis et 68è régiment d’artillerie d’Afrique…

Un petit tour et puis s’en vont. A l’issue de la randonnée et d’un « temps festif » (sic), tout ce petit monde se retrouvera au Café Bellecour pour un « apéritif ».

Qu’elles semblent loin les grandes années de communion entre la population et ses armées, à l’occasion de flamboyants défilés, comme celui du 13 juillet 2014 où les Lyonnais étaient venus applaudir 300 militaires, 40 véhicules, 26 motos, mais aussi 8 avions Mirage 2000 et 3 hélicoptères, déployés à l’occasion du centenaire de la Grande guerre, ainsi que des 80 ans de l’Armée de l’air, créée en 1934.

Chaque année suffit sa peine. L’an dernier, c’est le général Philippe Loiacono qui avait « avalé’ la couleuvre ». Alors que son cabinet avait méthodiquement préparé pendant 3 mois le passage de la Patrouille de France, l’évènement avait été annulé à la dernière minute sous pression du nouveau maire écologiste. Une hérésie dans la patrie du pilote Antoine de Saint-Exupéry, fêté actuellement à la Sucrière.

« Pas beau l’avion ! » avait en substance dégainé le bleubite de la politique lyonnaise, passé en l’espace d’une semaine d’un strapontin chez Handicap International au fauteuil de maire de Lyon.

Un siège qui pourrait vite s’avérer éjectable si le petit Grégory ne parvient pas, un an après son élection, à ranger ses œillères. Enferré dans son dogmatisme, il n’avait pas compris, à l’époque, que les alpha jets de la patrouille de France basés à Salon de Provence passaient obligatoirement au-dessus de Lyon avant de rejoindre Paris pour le défilé aérien qui enchante chaque année des millions de téléspectateurs et qu’il n’y avait aucune incidence sur le plan carbone…

Ne s’improvise pas maire de Lyon qui veut…