Par Emma Ressegaire

Pas de réouverture officielle, mais un fonds de solidarité mis en place. Voilà en une phrase le résumé de la conférence de presse du ministre chargé des Petites et Moyennes entreprises, au sujet des discothèques.

Ce vendredi 24 juillet, Alain Griset a ainsi annoncé l’instauration d’une aide financière de 15 000€ par mois. « Un plan de sauvetage » que réclamaient depuis des mois, les professionnels du monde de la nuit. Restaurants, bars, cinémas… tous ont retrouvé la petite musique de l’emploi et d’une activité économique, même réduite. Tous, sauf les discothèques.

Fermées depuis plus de 4 mois à cause de la pandémie du coronavirus, de nombreuses boites de nuit se retrouvent au bord du gouffre financièrement. Une situation alarmante pour leurs dirigeants et leurs salariés, lesquels suppliaient le gouvernement de les aider à ne pas sombrer. Après des semaines de tractations, les voilà enfin entendus.

Suite à deux réunions avec les représentants du secteur, comme le GNI-HCR (Groupement National des Indépendants – Hôtellerie et Restauration), l’AFFED (Association Française des Exploitants de Discothèque et Dancing) et l’UMIH (Union des Métiers des Industries de l’Hôtellerie), le gouvernement s’est résolu à prendre des mesures spécifiques.

Eviter la fermeture définitive de ces établissements

« La réunion était intéressante, avec des prises de décision très rapides qui vont nous permettre de tenir quelques semaines supplémentaires avec cette crise », déclarait en conséquence, Michaël Fox du GNI. Et pour cause, le gouvernement, par la voix du ministre d’Etat chargé des petites et moyennes entreprises, a tranché.

Les établissements de nuit bénéficieront pendant trois mois, d’un fond de soutien mensuel de 15 000€, destiné à couvrir les charges fixes des professionnels du secteur. Les loyers, factures d’eau et d’électricité et autres frais seront ainsi couverts par l’Etat, sur la période comprise entre juin et le mois d’août.

Une mesure bienvenue, qui n’est toutefois pas sans conséquence pour les finances de l’Etat, qui selon le ministère de l’Economie, devrait ainsi verser près de 50 millions d’euros à destination de 1600 entreprises.

L’été passé, les établissements nocturnes devraient alors bénéficier (à partir du 10 septembre) de nouvelles dérogations, de manière à être éligibles aux volets 1 et 2 des aides du fond de solidarité dédié aux entreprises mis en place pendant la crise, et ce, sans discernement.

« Nos professionnels vont pouvoir tenir, payer leurs charges, leurs factures, leurs loyers et attendre une éventuelle réouverture en septembre », expliquait ainsi Thierry Fontaine, président de la branche duit de l’UMIH. Joint par Lyon People, ce dernier s’avoue « content de cette mesure », bien que celle-ci ne soit pas suffisante pour couvrir les charges fixes de toutes les discothèques.

« C’est suffisant pour 70% des établissements », assure le directeur du Loft Club, désormais tourné vers une réouverture des établissements. Hélas, « il n’y a pas de date prévue de réouverture », a réitéré Alain Griset. Les discothèques sont donc contraintes de demeurer fermées jusqu’à la rentrée. L’évolution de la crise sanitaire sera déterminante.

10 000 euros de plus que le dispositif d’aides dédié aux entreprises en faillite

« On doit rencontrer le ministre de la Santé et de l’Intérieur avant la fin de l’été. On va se battre pour rouvrir en septembre. C’est l’objectif que l’on se fixe. On propose des protocoles (rédigé avec les médecins du ministère de la Santé, ndlr).

Dans le cas contraire, on demandera un prolongement des aides », poursuit Thierry Fontaine, rassuré par cette première prise en compte politique. Cette étape franchie, les professionnels de la nuit n’espèrent désormais qu’une chose : relancer la musique. En attendant, cette aide de l’Etat vient à le prouver, la patience est mère de toutes les vertus.