Par Marco Polisson

Accueillis par Christophe Guilloteau dans les salons de l’Hôtel du Département, les acteurs de la transplantation ont fêté le 50ème anniversaire de l’Association pour le Don d’Organes et de Tissus humains. Et disserté sur l’avenir de la transplantation et sur les pénis chinois.

Et pour en parler, un acteur incontestable et incontesté le professeur Jean-Michel Dubernard, au geste sûr et au verbe haut. Venu de Paris et guest-star de cette cérémonie, le chirurgien lyonnais a évoqué l’avenir de la transplantation en remontant aux origines… « Si l’on excepte les premières greffes de Jésus Christ réalisées en Palestine il y a 2000 ans, Lyon a toujours été en pointe dans le domaine de la transplantation » s’est amusé l’ancien député du Rhône, dans un raccourci saisissant.

Et d’évoquer les recherches du professeur Claude Bernard au XIXème siècle, celles d’Alexis Carrel, au début du XXème siècle, deux ans avant son Prix Nobel de Médecine ; les greffes du professeur Marion en 1969 ; jusqu’à ses propres greffes de mains et de visages réalisées en 1976 – où l’on apprend que faute de financement des HCL, elles ont été payées par Charles Mérieux, – puis en 1992 celles du professeur Boileau, contraint de s’exiler à Marseille. Et de rappeler que la transplantation est avant tout une histoire d’équipe.

Les pénis chinois s’introduisent sous les dorures de la Préfecture

Toujours selon le professeur Dubernard, « le cœur artificiel va marcher bientôt, c’est plus compliqué pour le pancréas et le rein ». L’avenir résiderait dans la greffe de tissus composites. La France, autrefois très en avance, serait rattrapée par de nouveaux acteurs inattendus. Et d’illustrer son propos avec l’explosion des greffes de pénis effectuées par les Chinois.

Avec une anecdote de carabin : « la femme du premier greffé a demandé à son mari de se faire amputer quelques temps après la greffe car elle ne supportait pas d’être pénétrée par un pénis venu de nulle part ». Mdr. Et l’assistante de rester très stoïque, à l’exception de Gérard Angel, tout émoustillé, de Stéphane Sirano, de notre photographe et de votre humble serviteur…

Le docteur Michel Corniglion, président France ADOT Rhône, a remis du sérieux dans les rangs et souligné lors de son intervention que « le plus préoccupant est le faible nombre de greffes par rapport aux milliers de patients qui sont sur liste d’attente. 17 personnes décèdent par semaine faute de donneurs ». Informer et sensibiliser le public pour le don d’organes, telle est la mission de l’association qui va redoubler d’efforts dans ce sens grâce à ses équipes de bénévoles et ses figures de proue Colette Basset Dias et Muriel Tissier, greffée du foie en 1987.

Mardi 3 décembre 2019