Par Morgan Couturier

Récemment installé 22, rue Chevreul, le restaurant Pignouf espérait profiter d’une terrasse cet été. Une ambition éteinte par la mairie écologiste qui entend installer un parking de trottinettes devant sa porte. Un nouvel épisode de la série beauf #Lyon écolo.

Rien n’y fait, le parfum exaltant des sandwichs maisons a beau susciter la gourmandise, Pignouf et son propriétaire, Geoffrey Clavel semblent avoir perdu l’appétit. La faim de se battre tout du moins, tant le cadeau offert par le ….. Grégory Doucet et sa Fanny, la maire du 7ème, leur est fatal. Un présent empoisonné, déposé fin mars sur le fronton du restaurant, dont le grand déballage a laissé entrevoir un magnifique parking à trottinettes. Finis les rêves de terrasses pour le président de la branche cafés-bars-brasseries de l’UMIH Rhône, dont les demandes butent contre le silence de la mairie depuis un an.

La réponse fut finalement plus sanglante qu’attendue. Plus brutale surtout, le restaurateur n’ayant été averti en aucune manière de ce projet. « Ils te promettent des concertations, et finalement, tu n’as rien », proteste celui qui a racheté ce local de 90m2 en mars 2020 (pour 250 000€), avant de le sublimer pour la modique somme de 300 000€. Un lourd investissement que son propriétaire devrait avoir du mal à rentabiliser, tant le parking à trottinettes le prive de nombreuses recettes, et d’une probable réouverture pour la mi-mai, comme annoncé par le gouvernement.

Privé de réouverture mi-mai et d’une cinquantaine de clients potentiels

 

Car si la vente à emporter fonctionne à bonne échelle, Pignouf se voit d’ores et déjà privé d’une manne potentielle d’une cinquantaine de clients. « L’été, ce sont des étudiants qui sont censés servir en terrasse. Ce sont donc des jobs en moins pour eux », regrette Geoffrey Clavel, victime de la fameuse loi LOM, celle-ci interdisant l’aménagement de place de stationnement « cinq mètres en amont des passages piétons, sauf si cet emplacement est réservé aux cycles ou aux engins de déplacement personnel ».

La mairie dans son bon droit, le Lyonnais déplore surtout le manque de soutien de la collectivité écologiste envers un secteur particulièrement touché par la crise. Un manque de compassion d’autant plus criant qu’un parking à vélos figure déjà sur le trottoir d’en face, devant l’enseigne Theau Pressing, et quelques mètres plus loin, devant le Petit Café Rose, établi au 80, rue de Marseille. La question de l’utilité d’un nouveau « parking » mérite donc d’être posée, d’autant qu’un élargissement des dispositifs déjà existants n’aurait perturbé en rien l’activité des restaurateurs.

L’installation désormais inscrite dans le goudron, les recours semblent s’envoler autant que les places au soleil. Un constat frustrant, alors que son voisin, le bar Le Barcandier, jouit lui d’une terrasse, rideaux fermés. Ainsi est la sombre histoire du Pignouf. Une injure bien connue de son propriétaire. Et « un hommage au maire de Lyon », plaisante-t-il. Un juron servi chaud évidemment.