Par Morgan Couturier

Alors que plusieurs centaines de terrasses saisonnières fleurissent habituellement entre Rhône et Saône, les restaurateurs craignent une reprise tardive de l’activité. Pour contrebalancer leur perte d’exploitation, certains restaurateurs appellent à prolonger leur déploiement.

Le 10 avril 2020, un courrier de la mairie centrale est arrivé chez les restaurateurs en provenance de la Direction de l’Économie du Commerce et de l’Artisanat. Il y est indiqué que « compte tenu de la situation particulière que nous traversons, l’installation et l’exploitation de la terrasse sur stationnement sont suspendues à la décision qui sera prise au niveau national concernant le renouvellement ou la fin de la période de confinement et aux mesures mises en place dans le cadre du déconfinement. »

Lors du déconfinement, les capacités d’accueil pourraient être réduites de 50%

Un courrier qui a fait réagir Antoine Maillon, le gérant du Café du Marché (quai Saint Antoine) : « J’ai tiré un trait sur le mois de mai. J’ose espérer que l’on pourra ouvrir au 15 juin, avant la fête de la musique, idéalement au début du mois. Mais s’ils mettent les mêmes règles qu’aux Etats-Unis (1,5 mètre entre les tables, 4 personnes par table, ndlr), on va devoir réduire notre capacité de 50% ». Pour tenter de remplir son verre à moitié vide, Antoine Maillon mise donc sur un prolongement des terrasses saisonnières, et ce, jusqu’au mois de novembre. D’autant que pour l’heure, la municipalité ne se risque à établir aucune date d’installation.

Au Café du Marché, la terrasse rapporte entre 800 et 1000€ par jour

« Nous n’avons aucun retour », regrette de son côté celui qui gère également deux établissements sur Megève. Soutenu par le GNI (Groupement National des Indépendants de l’Hôtellerie-Restauration, ndlr), ce dernier veut néanmoins croire à une petite attention de la mairie. « Ça serait bien que les services de la ville ne nous imposent pas le démontage des terrasses au 30 septembre, et qu’ils soient plus souples sur leur obtention. Ça viendrait amortir toutes les contraintes qu’ils vont nous imposer. On pourrait presque être neutre en termes de chiffre d’affaires, et pour eux, ouvrir jusqu’en novembre, générera plus de recettes, de la TVA. Ça ne gêne personne », soutient-il.

Un deal gagnant-gagnant, dont les bénéfices pourraient sauver de nombreux établissements. A suivre…