Texte : Morgan Couturier avec MP – La mort de Quentin Deranque continue d’alimenter l’actualité lyonnaise.
Alors que la marche solennelle en son hommage est menacée d’être interdite à la demande de Grégory Doucet, Jean-Michel Aulas a surpris son monde en le prenant à contrepied. Une manière subtile de piéger l’éphémaire qui a, depuis 6 ans, effacé la neutralité de la maison de tous les Lyonnais pour en faire l’étendard de son idéologie mortifère, en pavoisant son fronton avec les drapeaux du Hamas.
Au prix de sa vie, Quentin Deranque aura-t-il réussi à ramener la paix ? Les craintes entourant la marche prévue en son hommage ont tendance à affirmer le contraire. Mais alors que l’enquête sur sa mort se poursuit, le jeune Lyonnais aura peut-être adouci le climat politique. C’est en tout cas le souhait de Jean-Michel Aulas qui, dans une tribune publiée dans les colonnes d’Actu Lyon, invite ses adversaires comme les Lyonnais à « entendre l’appel au calme que les parents de Quentin ont lancé ».
En dépit des clivages politiques et de l’appartenance de la victime à la mouvance nationaliste, l’ancien président de l’OL appelle ainsi à « afficher le portrait de Quentin au fronton de notre Hôtel de Ville ». « Par ce symbole, Lyon n’honorera pas seulement la mémoire d’un de ses fils : elle marquera son refus implacable de la violence et de la haine », écrit-il.
« Il y a ceux qui condamnent haut et fort la violence et ceux qui la minimisent ou l’excusent »
Le candidat à la mairie de Lyon souhaite alors un « avant et un après », dans lesquels la violence physique et la violence des discours seraient condamnées. « C’est cette violence-là qui incite, justifie et produit fatalement la violence qui a coûté la vie à Quentin. Les coups ne naissent pas dans le vide. Ils s’enracinent dans des imaginaires saturés d’hostilité, dans des mots qui déshumanisent, dans des représentations qui transforment l’adversaire en ennemi à abattre », poursuit le chef de file du mouvement Cœur Lyonnais.
Ce dernier en profite néanmoins pour égratigner La France insoumise et ses sympathisants, accusés d’employer « à tort et à travers, au point de les banaliser et de les vider de tout leur sens, les mots fascisme, génocide ou dictateur ». « Nous en sommes aujourd’hui arrivés au point où l’on se demande si la vie humaine a la même valeur pour tous. Si la compassion dépend d’une étiquette. Si l’indignation varie selon l’orientation politique de la victime », regrette-t-il, en écho aux réactions des alliés de Grégory Doucet cautionnant l’agression de Quentin Deranque.
Dès lors, Jean-Michel Aulas évoque l’idée d’une campagne électorale où les candidats s’opposent sans se haïr et sans « désigner des cibles ». « De l’issue de ce commun combat, au-delà des querelles légitimes de la vie politique, dépendra l’avenir de notre pays », assure l’intéressé, pour qui les responsables de la « brutalisation de notre démocratie seront jugés par l’Histoire ». Alors que Lyon occupe tristement le devant de la scène médiatique, cet appel au calme serait le bienvenu.
Reste à savoir si la requête de Jean-Michel Aulas sera acceptée par son adversaire. L’affichage du portrait de Quentin Deranque serait alors un premier pas vers cette paix espérée.


















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