Par la rédaction – Le candidat à la mairie de Lyon a pris la parole, samedi soir, sur X, suite au décès de Quentin D, 23 ans, lynché par des activistes d’extrême gauche, en marge d’un meeting de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Nous publions son texte in extenso.
« Au-delà des clivages, des programmes, des postures, il y a un jeune homme, une famille brisée, une vie arrachée. Rien ne justifie de tuer ni de mourir pour ses idées. Rien ne justifie qu’un désaccord politique conduise à la violence. Jamais l’engagement politique ne devrait côtoyer la haine. Je n’appartiens pas à la classe politique.
Mais je refuse de détourner le regard : le politique porte une responsabilité particulière, celle des mots. Or les mots ne sont jamais neutres. Ils façonnent les imaginaires, ils désignent des adversaires, parfois des ennemis. Et de la responsabilité des mots naît, trop souvent, celle des actes.
« À Lyon comme ailleurs, la vie publique s’est durcie ».
Les invectives ont remplacé l’argumentation. Les attaques personnelles ont pris le pas sur le débat. On ne contredit plus, on discrédite. On ne confronte plus des visions, on stigmatise des personnes. Par des tags, des affiches, des slogans, des déclarations en assemblée, des insinuations répétées, chacun contribue à installer un climat où la violence devient un principe d’action.
Les extrêmes prospèrent sur cette tension. Mais ceux qui se disent modérés ne sont pas toujours innocents lorsqu’ils cèdent à la facilité du soupçon, de l’outrance ou de la mise en cause personnelle. Il est temps que nous retrouvions le sens de la mesure et la dignité du débat. La République est une conversation exigeante ; elle n’est pas un champ de bataille.
À la famille de Quentin, j’adresse mon respect, ma compassion et ma solidarité. Et à tous ceux qui ont la responsabilité de parler en public, politiques, journalistes, commentateurs, polémistes, intellectuels, je dis : pesons nos mots. Car ils engagent plus que nos carrières. Ils engagent des vies ».


















0 commentaires