Lyon. Les coulisses inédites des funérailles de Gérard Collomb

11 décembre, 2023 | Actualités People Lyonnais | 1 commentaire

Texte : Marco Polisson – Après avoir recueilli les éléments dispersés aux quatre coins de la primatiale, nous sommes en mesure de vous offrir le puzzle presque complet des obsèques du maire honoraire de Lyon, Gérard Collomb.

Un show national

La commedia del Arte dont nous vous avions énoncé les principaux contours a tenu toutes ses promesses. Ce mercredi 29 novembre 2023, la primatiale Saint-Jean Baptiste fut véritablement the place to be le temps d’une matinée sous le soleil. Sont venus prendre la lumière Emmanuel et Brigitte Macron, accompagnés de plusieurs membres du gouvernement et de François Hollande (ci-dessous).

« C’est une figure nationale de la Macronie qui s’en va, et ce départ marque une césure dans la présidence. « On commence à enterrer des grognards, les gens s’éloignent, notre parti devient un mouvement politique comme un autre », observe un membre du premier cercle. » rapporte Eric Mandonnet, dans L’Express.

La Macronie est venue faire bloc autour du premier grand soutien d’Emmanuel Macron, « le temps d’un remord », avec une double arrière-pensée pour Elisabeth Borne, Edouard Philippe, Christophe Castaner, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire : resserrer les rangs autour du président de la République avec Gérard Collomb, érigé en faire-valoir, après avoir été moqué et marginalisé par ceux-là mêmes venus verser une larme sur son cercueil.

Qu’ils sont loin les rêves et les espoirs soulevés lors de la campagne présidentielle de 2017, balayés depuis par l’affaire Benala (dont Emmanuel Macron a reporté la faute sur Gégé), le soulèvement national des gilets jaunes, la gestion calamiteuse du covid, la fracture de la réforme des retraites puis les pillages impunis des émeutiers au moment de la mort de Nahel. La Macronie est en cendres mais son chef fait encore son petit effet.

« Je sais, Gérard, tout ce que je vous dois » bis repetita

Installés sur la place Saint Jean, nous avons pu observer les humeurs de la foule, et ses réactions. Il en ressort que le discours d’Emmanuel Macron a été le plus applaudi. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que le chef de l’Etat a, en partie, recyclé le discours prononcé à l’Elysée, le 8 mars 2022, lors de la remise des insignes d’officier de la Légion d’Honneur lors d’une cérémonie intimiste à laquelle nous avons assisté. Notamment le « tout ce que je que vous dois ».

Autre fait marquant qui a frappé les personnes présentes sur place ou installées devant leur poste de télévision, le lapsus de Monseigneur de Germay dans son mot de bienvenue : « Tôt ce matin, la chaîne des Alpes était particulièrement visible, sous un fond de ciel rouge, comme si la nature elle-même voulait dire au revoir à Monsieur Georges Collomb »…

Cette séquence a soulevé les murmures réprobateurs de la foule recueillie et silencieuse, place Saint Jean. Pour être soft, on dira que le successeur de Monseigneur Barbarin n’a pas été à la hauteur de l’évènement. Que ce soit au moment de l’accueil ou de son homélie désincarnée qui aurait dû être prononcée par le cardinal Philippe Barbarin, avant qu’un contrordre ne fût donné le matin même…

Des trous dans la raquette

N’ayant pu photographier l’intérieur de la cathédrale, nous avons pu nous en procurer des invités nous permettant de retracer le placement des personnalités. La Mairie de Lyon ayant décliné la proposition d’Isabelle Sabran de les épauler, la délicate question du protocole a échu à son successeur – qui décroche la médaille de l’amateurisme – et à Caroline Collomb, épaulée par Arabelle Chambre-Foa, Robert Rech et Najet Jaouadi, les plus proches collaboratrices de Gégé (ci-dessus).

Ces dernières ont tenté d’appliquer à la lettre les dernières volontés du maire honoraire de Lyon qui avait établi quelques jours avant sa mort une black liste d’une dizaine de noms sur laquelle figuraient notamment David Kimelfeld, Georges Képénékian, et les députés Thomas Rudigoz et Hubert Julien-Lafférière, les « félons » de 2020 auxquels les collombistes imputent la défaite électorale des élections métropolitaine et municipale.

Les indésirables et leurs amis n’ayant aucunement l’intention de respecter les désirs de leur ancien boss, consigne est donnée aux bannis de se regrouper place Saint Jean, devant l’herboristerie, afin d’être bien visibles de la presse. Mais dès 9h30, ils tentent leur chance. Grâce à leurs cartes d’élus, les deux K franchissent sans problème le premier check point installé à même le trottoir en face du café la Ficelle.

Mais ils sont bloqués à la hauteur de la porte droite de la cathédrale où sont accueillis les invités figurant sur la liste établie. Après plusieurs tentatives, et les remontrances de Louis Pelaez, ils parviennent à investir les lieux en empruntant la porte de gauche réservée au grand public. David Kimelfeld vivra la cérémonie aux côtés des Lyonnais et non dans le carré VIP du monde politique et économique, nous précise son entourage.

Le reniement du petit Grégory

Ce même carré qu’avaient intégré, très tôt dans la matinée Bruno Bernard et Grégory Doucet… principaux protagonistes du bal des faux-culs joué depuis quatre jours. L’éphémaire de Lyon a donc mangé son chapeau anticlérical pour récupérer une part du soleil collombiste. Sa présence en mode touriste n’a pas manqué d’amuser les personnalités présentes qui n’ont eu de cesse de le dévisager et de le photographier à la dérobée.

« Lyon vaut bien une messe » s’est sans doute dit le maire de Lyon qui refuse, depuis trois ans, de pénétrer dans la basilique de Fourvière pour la cérémonie du vœu des échevins mais ne dédaigne pas inaugurer une mosquée dans la même semaine. Preuve de son malaise, le petit Grégory ne s’est pas attardé à la fin de la cérémonie, refusant les sollicitations des médias présents.

Des médias qui n’ont pu travailler comme prévu. Alors qu’un pool de reporters avait été constitué par la préfecture, est soudainement tombée l’interdiction d’opérer à l’intérieur de la primatiale, alors même que la cérémonie était captée et retransmise par les caméras de France 3. Ce qui prive les archives municipales de précieuses images de cet évènement marquant dans l’histoire de Lyon.

Impossible d’immortaliser le geste de recul de Caroline Collomb au moment des condoléances formulées par Emmanuel Macron. L’épouse de Gégé est restée assise, figée, mais n’a pas manqué de se lever quand ce fut au tour de François Hollande de la saluer en lui présentant ses condoléances. Il faudra du temps avant que les cicatrices d’hier ne soient définitivement refermées.

A l’issue de la cérémonie, Gérard Collomb a été inhumé au cimetière de Loyasse, non loin de la tombe d’Édouard Herriot, comme il en avait émis le souhait. RIP cher Gégé.

Primatiale Saint Jean
Mercredi 29 novembre 2023

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/marco" target="_self">Marco Polisson</a>

Marco Polisson

Rédacteur en chef
Co-fondateur du magazine.
En charge de la rédaction et responsable des partenariats.
Délégué à la protection des données RGPD

1 Commentaire

  1. Marie

    Excellent reportage du Bal des faux culs. Les commentaires sont excellents. Les vrais lyonnais étaient sur la place et j’y étais c’était là qu’étaient les vrais lyonnais sincères. Nous avons perdu un grand maire et un homme politique honnête et humain.

    Réponse

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