Texte : Marco Polisson – Le Grand Hôtel Dieu poursuit sa croisière mortifère, avec un nouveau clash entre le gestionnaire et son restaurateur emblématique. Ambiance Titanic sur les bords du Rhône.
En plein cagnard, impeccablement cravaté et sanglé dans un costume bleu marine qui moule ses pecs dorés comme des petits pains au chocolat, il virevolte au milieu de ses clients ravis. « Ça va papa ? » invective-t-il le commissaire Michel Neyret taillant la bavette avec Alain Dinc – toujours en deuil de la Tour Rose – en mode salade César et son copain caviste Momo en steak tartare bien assaisonné. Comme le tempérament du restaurateur.

Avec Alain Dinc et le commissaire Neyret. Comme à L’Est de la grande époque, the place to be des people lyonnais

Le ton est grave. My god ! Mais que se passe-t-il encore au Grand-Hôtel Dieu ?

Après les fast-food big smash et new school tacos, au tour de la chaine Kurry Up de s’implanter au Grand Hotel Dieu
Dans cet environnement commercial dégradé, notamment par l’implantation de fast-food halal, le bistrot du Théodore reste un phare accueillant et qualitatif adossé au chic InterContinental, comme une moule de bouchot à son rocher monégasque, mais avec des envies pressantes de s’émanciper d’un océan souillé. Seulement voilà, encore faut-il que les financiers du Grand (sic) Hôtel-Dieu y mettent de la bonne volonté. Mais n’est pas commerçant qui veut…
> A lire sur le même sujet : Grand Hôtel Dieu, cimetière du commerce indépendant ?
Après l’échec retentissant des Halles de l’Hôtel-Dieu, dont ils portent la responsabilité, on aurait pu penser que le bon sens allait enfin primer sur les postures. L’immense plateau qui accueillait les étals de Pignol et du boucher Trolliet est vide depuis deux ans. Sa position mitoyenne avec le Bistrot du Théodore se présentait comme une formidable opportunité pour doubler la surface du bistrot de Marco.

Les Halles de l’Hôtel Dieu vues depuis le bistrot de Marco. C’est ici que l’extension du Bistrot a été imaginée.
Une seule cloison de verre à démonter et le tour était joué…
Marco Chopin a donc mandaté l’architecte Caroline Ginon sur le sujet. La jeune patronne de l’agence Fazenda Architecture fait plancher ses équipes sur un concept « théâtral, chaleureux et raffiné ». En parallèle, le restaurateur engage des négociations avec Scaprim, mais très vite les relations se tendent. Les loyers exorbitants demandés par le gestionnaire du Crédit Agricole, les charges promises et l’exigence d’un pourcentage du chiffre d’affaires finissent de refroidir le restaurateur-entrepreneur. « Je ne suis pas leur… Ils me prennent pour leur franchisé ! » tonne-t-il.

L’agrandissement du Bistrot du Théodore imaginé par Caroline Ginon (Fazenda Architecture) dans les Halles de l’Hôtel Dieu
Après un an et demi de négociations stériles, il vient de décider de mettre un terme à son projet d’extension. Ses amis – dont son second mentor, le roué Jean Fleury – ont applaudi cette sage décision. D’autant que de gros problèmes de nettoyage et de climatisation viennent déjà entraver l’exploitation de son établissement actuel. Sur le plan conjoncturel, l’heure n’est plus à la folie des grandeurs, l’année présidentielle qui se dessine s’annonçant catastrophique…
Faute de mieux, Caroline Ginon va quand même procéder à un lifting du bistrot actuel. Quant à Marco Chopin, il se tient à l’affut de nouvelles opportunités à la mesure de son entregent et de son talent. Il aurait été parfait en patron chic et choc du Grand Café des Négociants, dont on appréhende la nouvelle formule annoncée pour l’automne ou encore à l’Argenson si l’agent Fred Guerra ne s’y était pas intéressé. Certains l’imaginent en mode retour triomphal aux Brotteaux… A suivre…
















0 commentaires