Par Marco Polisson

Après les gilets jaunes, la réforme des retraites et le Coronavirus, Lyon aura-t-elle droit à une quadruple peine en un peu plus d’un an avec la victoire des écologistes ? Réponse dimanche soir. Récit d’un exode annoncé.

« Je n’ai pas envie que Lyon devienne Grenoble ! » La déclaration choc d’Étienne Blanc sur notre antenne en février a marqué les esprits, alors que tous les observateurs parient sur la victoire des écologistes. « C’est quasi plié à Villeurbanne ! » se félicite dans Le Point, la candidate écolo Béatrice Vaisselier. La poussée verte commence à inquiéter certains habitants de la seconde ville du Rhône, dont ce patron d’une entreprise établie à Villeurbanne depuis une centaine d’années et qui préfère garder l’anonymat. « Nous réfléchissons à un plan de sortie vers Gerland si notre environnement politique et règlementaire devait se dégrader » assure-t-il, fataliste.

Une situation qu’a déjà vécu à titre personnel Vincent, un Grenoblois qui a déserté sa ville en 2017. Au micro des « Grandes Gueules » sur RMC, le jeune homme déclare avoir fui à Lyon « à cause de l’explosion de la délinquance, du trafic de stupéfiants, de l’insalubrité et des poubelles non ramassées » situations consécutives à la victoire du candidat écologiste Eric Piolle. « Mon appartement dans un immeuble haussmannien a perdu beaucoup de valeur quand je l’ai revendu ! » déplore-t-il. Comme lui, de nombreux Grenoblois ont déjà bouclé leur valise.

La pollution grenobloise toujours d’actualité 6 ans après l’élection du maire écologiste

Sur la page Facebook Grenoble People, les témoignages d’exil climatique se multiplient.

Et ce ne sont pas les révélations de l’hebdomadaire Le Point qui vont les inciter à rentrer au bercail. Il ressort du classement de l’iFRAP dans son palmarès annuel des villes les mieux gérées de France, que Grenoble est en situation de quasi-faillite. « Avec une dette annuelle de 3 712 euros par habitant, Grenoble occupe ainsi la 15e place (sur 20 métropoles), derrière Toulon et Saint-Étienne » souligne notre confrère.

Même son de cloche pour Le Figaro Magazine qui titre « A Grenoble, la folie verte » dans son édition nationale du 14 février. Sur 4 pages, notre consœur Judith Waintraub détaille par le menu le calvaire quotidien des Grenoblois confrontés « à un niveau de délinquance générale supérieur de 53% à celui enregistré dans les agglomérations de même taille ».

La politique anti-voitures du maire écologiste – et que veulent mettre en place à Lyon les écologistes et David Kimelfeld – a détourné la clientèle des principales artères commerçantes de la ville. Le chocolatier Patrice Besson (Zugmeyer) a vu son chiffre d’affaires baisser de 10% depuis que le boulevard Agutte Sembat est interdit aux automobiles. Le trafic s’est reporté sur le périphérique saturé en permanence…

Tom Tom a fait les comptes : Grenoble pointe désormais à la 4ème place des villes les plus embouteillées de France, engendrant une hausse de la pollution dans sa périphérie. Merci qui ?

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