Par Audrey Grosclaude

Ancienne expatriée, nouvelle arrivée dans le scrutin lyonnais, elle a été choisie pour faire face à Gérard Collomb dans le 9e arrondissement.

Porte-parole d’Étienne Blanc (LR) pour la campagne des municipales et tête de liste dans le 9e arrondissement, face à Emmanuel Giraud (PS), Pierre-Emmanuel Martin (Kim), Gérard Collomb (En Marche), Thibaut Monnier (RN), Camille Augey, Yvon Perez et Adrien Drioli, Karine Gaudinet Guérin a été pour beaucoup la candidate surprise de la liste du 1er vice-président du conseil régional.

Ce qu’elle admet sans difficultés et avec le sourire expliquant que « mener la liste dans le 9e ce n’est pas vraiment un cadeau mais plutôt un vrai challenge ! C’est très valorisant d’être face à de tels adversaires. Lors des derniers vœux du maire du 9e il n’y avait pas moins de quatre maires et anciens maires sur scène : Bernard Bochard, Alain Giordano, Hubert Julien-Laferrière et Gérard Collomb. Cela dit beaucoup du poids de cet arrondissement… »

De fait, le 9e est un gros morceau. « Il y a encore une espèce de frontière et s’il a fortement évolué, il va falloir créer une continuité et des points de ralliement pour remettre de l’unité dans cet arrondissement allant de la Duchère à l’Ile-Barbe en passant par Gorge-de-Loup et Valmy. A nous d’y favoriser les mobilités douces, de repenser les berges si peu exploitées dans le quartier de l’Industrie, d’instaurer propreté et de ramener la tranquillité aux habitants. » Dont elle ne fait pas partie.

De Saint-Genis à Valmy

Car la prétendante LR au fauteuil de maire d’arrondissement du 9e habite dans le 6ème après avoir longtemps résidé à Saint-Genis-Laval où elle a d’ailleurs été élue aux côtés de Roland Crimier. So what ? « Ça aurait plus de sens si j’habitais le 9e et que je venais seulement pour y dormir avant de repartir le matin ? Pourquoi ne serais-je pas légitime à représenter un arrondissement où je travaille (elle est en charge des relations extérieures et de la promotion de l’École supérieure de Tourisme du campus HEP René Cassin depuis 2016, ndlr), dans lequel je déjeune, je me déplace, j’évolue tous les jours ? » rétorque-t-elle avec aplomb, sans jamais se départir de son sourire.

« Cela fait partie de mes règles de vie : quand je m’engage c’est pleinement. Si j’y vais c’est que je pense être capable de le faire, d’apporter quelque chose et d’aller au bout. Pas parce que j’en ai besoin. Je n’ai pas envie d’être une professionnelle de la politique et d’ailleurs je n’en vis pas. Mon dernier mandat (conseillère municipale NDLR) c’était 40 euros par mois. »

Élégante, blonde, charmante, dotée « d’une tête de bourge » glisse-t-elle avec ironie, elle a tout pour plaire ou déplaire, c’est selon, au sein d’une classe politique encore bien (trop) testostéronée. D’autant qu’elle affiche avec spontanéité le bon sens et le pragmatisme propre aux mères de familles (elle a quatre enfants de 17 à 24 ans) habituées à gérer de multiples projets en simultané. Elle croit aussi aux rencontres et aux gens. Son parcours ne raconte pas autre chose.

Le jeu de l’amour et des hasards

Née à la Croix-Rousse, elle fréquente le lycée Chevreul et obtenu un BTS Commerce International à la Martinière Duchère. A Barcelone, où elle finit ses études, elle rencontre son mari. Un Lyonnais pour le « cocasse ». De retour en France, elle travaille 14 ans pour le groupe BNP Paribas avant de repartir à Barcelone au gré d’une opportunité professionnelle de son conjoint. Ils y resteront deux ans avant de refaire le voyage en sens inverse. Là, elle retrouve sa maison de Saint-Genis-Laval, fait une brève incursion dans l’immobilier et se retrouve finalement dans la majorité municipale de sa commune. « Comme souvent c’est une suite de rencontres et de coïncidences qui m’a amené là. Avant de dire oui au maire, j’ai interrogé des adjoints, je leur ai expliqué mon parcours, demandé ce que ça leur inspirait, quel temps cela leur prenait. J’ai bien réfléchi parce que je voulais savoir à quoi m’attendre. »

Conseillère municipale en charge de l’emploi, l’insertion et la formation, elle prend, à ce titre, la présidence de Sud-Ouest Emploi. Elle devait assurer la mission 6 mois. Elle y est restée 6 ans. Même heureuse sérendipité pour le prochain scrutin lyonnais. « L’année dernière, j’ai assisté à un atelier d’Étienne. Je le connaissais un peu, ayant participé à la campagne Fillon. Présidente du Fond d’aide aux jeunes de la Mission Locale sud-ouest lyonnais et vice-présidente d’Alliés (Ville de Lyon) je leur ai proposé de les accompagner sur les ateliers liés à l’emploi… Finalement on m’a proposé d’être sur une liste, d’en prendre la tête et de devenir porte-parole de campagne.

Là encore, elle commence par s’interroger sur sa capacité à faire le job : « j’ai aimé la simplicité et la proximité d’Étienne Blanc, je suis sans étiquette, si cela ne me convient pas je ne suivrai pas. Reste que ce 9e arrondissement est un territoire que j’ai envie d’embellir. Collomb a commencé quelque chose, notamment avec la Duchère, maintenant il faut finir. »