Texte : Philippe LecoqC’est un séisme qui vient bouleverser l’organisation et le partenariat public-privé qui a fait, pendant plus de 20 ans, les beaux jours des illuminations du 8 décembre… et permis d’alléger considérablement la facture pour les contribuables. Un nouvel épisode discriminatoire de la série beauf #Lyon écolo.

Avec son communiqué et ses post sur la « dissolution du Club des Partenaires de la Fête des Lumières », Yann Cucherat, le chef de file des élus du groupe d’opposition « Pour Lyon », proches de Gérard Collomb, a réussi son affaire : appuyer là où ça fait mal. Et ce qui fait mal à la nouvelle opposition c’est la déconstruction systématique par le nouvel exécutif municipal de tout ce que les équipes Collomb avaient mis en place.

Que dit le communiqué de Yann Cucherat ? « Après 20 années d’existence, Agnès Chappelet a annoncé que le Club des Partenaires qu’elle a anciennement présidé, allait être dissout. Ce Club avait été créé pour accompagner le développement et le financement de cette fête iconique de notre ville. (…) Ce modèle vertueux de partenariat Public / Privé au bénéfice du plus grand festival Lumière du monde était envié par de nombreuses villes. Il permettait notamment de travailler en parfaite collaboration avec les entreprises mécènes et de maintenir notre leadership sur la scène de la création Lumière ».

Joint par téléphone, Gérard Collomb va évidemment dans le même sens : « Je trouve cela ahurissant. A mon avis, la municipalité ne veut plus de la Fête des Lumières, parce que la lumière consomme de l’énergie. C’est consternant. D’autant qu’en l’espace de dix ans nous avons baissé de deux tiers notre consommation dans la ville grâce à la technologie. Et la Fête ne consomme rien. J’ajoute que faire ça au moment où le cluster Lumières vient d’emménager à Confluence, pour encourager les professionnels de la technique et les artistes, c’est un mauvais signal envoyé ».

Ne retenir que les partenaires qui répondent à l’étiquette « verte »

Même écho de la part d’Yves Theoleyre, qui a longtemps présidé le club (6 ans jusqu’en 2018) : « Je tombe des nues ! Nous apportions 50% du montant de la Fête avec les partenaires privés, ce qui permettait de faire venir de grands artistes, et faire en sorte que l’accès soit gratuit. C’était du mécénat culturel, et non du sponsoring, il y avait un état d’esprit qui privilégiait l’humain. Économiquement et humainement, parce que ce club permettait des rencontres très enrichissantes c’est un non-sens. Toute une activité a été créée à Lyon à partir de cette Fête des Lumières, création, production, enseignement… C’est idiot. »

Interrogée par nos confrères Le Progrès et Tribune de Lyon, la Ville de Lyon assume, même si elle rejette le terme de dissolution, puisqu’elle n’en a pas les pouvoirs. Son souhait est de ne pas laisser des associations comme le Club des Partenaires vaquer à des occupations qu’elle veut rapatrier dans son giron pour mieux les contrôler. En clair, internaliser dans les services de la municipalité la recherche de mécènes afin de ne choisir que ceux qui répondent à l’étiquette « verte ». Et au passage les orienter vers des politiques publiques vers lesquelles les entreprises partenaires ne se dirigent pas d’ordinaire !

Pour mémoire le Club avait été créé en 2002 et comptait environ 80 entreprises partenaires pour une participation d’environ 1,5 millions d’euros à la Fête des Lumières avant le Covid. Il est actuellement présidé par Patric Lyonnet (Enedis).