Par Marco Polisson

A l’issue de l’intervention déconfinement du premier ministre, mardi 28 avril, les chefs de groupes parlementaires sont montés à la tribune de l’assemblée nationale pour tailler en pièces le plan gouvernemental et son chef d’orchestre.

Voici le festival de l’opposition. Au président du groupe La France Insoumise d’ouvrir le bal : « Ordres et contre-ordres se sont succédé. La confiance est morte ! Après la gestion calamiteuse, voilà la sortie hasardeuse » a tonné l’échevelé Jean-Luc Mélanchon. « Vous n’avez pas été clair sur le retour à l’école obligatoire ! » s’est-il époumoné 15 minutes alors que le premier ministre a clairement laissé le libre choix aux familles. Il faudrait que s’achète un sonotone ! « Le second pic épidémique est inévitable ! » a tonné le trotskyste avant de laisser la parole à un autre communiste, Stéphane Peu, qui a lui aussi envoyé la sauce piquante, dénonçant la cacophonie et le cafouillage gouvernemental. Pas faux.

Retour au calme avec Damien Abad, président du groupe LR de l’Ain : « Nous voulons un déconfinement clair et territorialisé. Avec de la visibilité pour les acteurs économiques ! » « Faites confiance aux forces vives de la nation et aux élus locaux ! » a exhorté, avec mesure, l’ancien président du Département de l’Ain après avoir pointé la rigidité du Premier Ministre, les volte-face et les injonctions contradictoires de son exécutif. Outre l’absence de masques, la décision d’ouverture des cantines scolaires alors que les restaurants restent fermés demeure un mystère pour Damien Abad. Pour nous également.

Pas grand-chose à retenir de l’intervention du second régional de l’étape Patrick Mignola pour les centristes. Acteur de la majorité gouvernementale, il a donc félicité Edouard Philippe pour l’organisation de son plan de déconfinement. Pour le président du groupe MoDem, il faut garder un esprit humble face à ces évènements. « La France est en rémission et il faudra aller jusqu’à la guérison ». Merci pour cette précision.

Au tour d’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste « au charisme d’un beignet » dixit mon associé Nico « comme son mentor François Hollande » lui rétorque-je. Et le député d’attaquer immédiatement « le faux dialogue et l’infantilisation du parlement ». « En 15 jours, nous avons assisté à un festival de contradictions et plus personne ne vous écoute ». Et de réclamer des masques gratuits pour tous les Français… et le retour de l’ISF ! A côté de la plaque et hors sujet… comme d’habitude.

Enfin, c’est à son ex Louis Alliot que Marine Le Pen a confié la mission de dire tout le bien que le Rassemblement National pense de ce plan de déconfinement. D’une voix mesurée, le député a regretté que les recommandations formulées par le RN au début de la crise (fermeture des frontières, contrôle de la température des passagers des avions en provenance de Chine…) n’aient pas été prises en compte par le gouvernement au début de la crise. « Vous avez sous-évalué l’épidémie » a asséné Louis Alliot, en fustigeant les ordres et les contre-ordres gouvernementaux. Pleine cible !