Par Lucas Mollard

Artistes, scientifiques, écrivains… ils faisaient partie de la liste des 20 premiers signataires du comité de soutien de Gérard Collomb en 2014. Six ans se sont écoulés et nous leur avons demandé s’ils renouvelaient leur confiance au maire de Lyon pour l’élection municipale de 2020. Revue des troupes…

Vincent Carry
Chouchou de la Collombie, il a créé en 2003 le festival des Nuits Sonores et pris la direction du Transbordeur à la barbe de son créateur Victor Bosch. Son engouement pour la musique électronique et notamment pour la techno ne faiblit pas, contrairement à son soutien pour Gérard Collomb dont il présidait le comité de soutien en 2014 : « Comme indiqué depuis 18 mois, je ne suis engagé dans aucun comité de soutien, ni aucune campagne pour ces élections municipales et métropolitaines. »

Elsa Audoin
Elle a découvert Lyon à l’occasion de ses études à l’école des Beaux-Arts et est très tombée vite sous le charme de la capitale des Gaules. La jeune graphiste est aujourd’hui à la tête de l’agence La Direction, qu’elle a créé en 2013. Même si elle s’affichait très clairement dans le camp collombiste, cela n’est plus d’actualité : « Je ne suis plus sa ligne politique, je préfère ne pas me prononcer. »

Stéphanie Balsollier
Nous n’avons pas reçu la réponse de ce cadre d’entreprise ERDF.

Jihade Belamri
Président du conseil d’administration de l’entreprise Bureau d’Études Européen, créée en 1990. Candidat à Vaulx-en-Velin, il est également mandataire de 9 autres sociétés et reste fidèle au maire sortant : « Depuis le début, je porte une liste et ce n’est pas maintenant que je vais retourner ma veste ! »

Emma Bellouere
Nous n’avons pas reçu la réponse de cette responsable du pôle veille & analyse chez Publicis Consultants.

Bruno Bonnell
Multi-entrepreneur spécialisé dans l’industrie du numérique et la robotique. En juin 2019, il est élu député LREM à Villeurbanne face à Najat Vallaud Belkacem. Ville pour laquelle il se porte d’ailleurs candidat à la métropole. L’homme, également membre de Business France Export, a tardivement apporté son soutien à Gérard Collomb qui lui a renvoyé l’ascenseur alors que Prosper Cabalo est le candidat officiel de LREM…

Franck Boucaud-Maître
Il codirige l’entreprise familiale des Chocolats Voisin, créée en 1897 qui ne compte aujourd’hui pas moins de 16 boutiques dans les rues lyonnaises. Un business qu’il ne compte pas quitter des yeux : « Je n’ai pas d’implication particulière. On va se contenter de faire de bons produits et on ne va pas se mêler de ces affaires. »

Cédric Denoyel

Nous n’avons pas reçu la réponse du Président-directeur général H7.

Valérie Dor
Arrivée à Lyon en 2000, après avoir passé 13 ans au Barreau de Paris, elle a abandonné sa robe noire pour se consacrer à temps plein à l’éducation en enseignant à l’École Nationale supérieure des Arts et Techniques du Théâtre, tout en présidant la MJC Presqu’île Confluence : « Je fais maintenant partie de la liste de Georges Képénékian, accompagnée de mon amie Grégory Dayme, lui aussi ancien fidèle du camps collombiste. J’ai été un fidèle petit soldat pendant 6 ans et voilà qu’Anne-Sophie Condemine est parachutée, sans même que je sois mise au courant. Georges Képénékian est un humaniste qui a pour principal intérêt l’éducation, et présidente de la MJC que je suis, sa campagne me parle forcément. »

Serge Dorny
Nous n’avons pas reçu la réponse du directeur de l’Opéra de Lyon.

Loïc Gazil
Il est à la tête de trois entreprises : Pia Gazil, est leader dans le secteur de la distribution de peintures industrie et bâtiments, Solmur Distribution est une référence du revêtement de sols tandis que la dernière BDS, est spécialisée dans la récupération de déchets. Il s’affiche toujours, l’étendard collombiste à la main : « Je le salue pour son bilan et je choisis la continuité plutôt que de prendre un risque inutile. »

Alexis Jenni
« J’habite désormais Bagnolet… donc je n’ai pas suivi du tout les municipales à Lyon. Je n’ai pas d’avis… » nous a écrit l’écrivain – Prix Goncourt 2011.

Corinne Maitrejean
Nous n’avons pas reçu la réponse de la vice-championne du monde de fleuret par équipe et membre du Masque de Fer de Lyon.

Vincent Michelot
Ancien élève de l’école Normale Supérieure de Saint-Cloud, il a enseigné en tant que professeur d’histoire politique à Sciences Po Lyon. Mais dorénavant, il se trouve à des milliers de kilomètres de Lyon et de sa politique, d’où sa neutralité : « Je suis désormais en poste comme attaché de coopération universitaire à l’ambassade de France à Washington. De fait, je ne suis plus électeur à Lyon et de plus tenu au devoir de réserve ».

Myriam Picot
Elle a été la première femme Bâtonnier du Barreau de Lyon, fonction qu’elle exerça pendant deux ans. Promue maire du 7ème par Gérard Collomb, elle a changé très clairement de camp. Dès les premières tensions, elle a rejoint le groupe sécessionniste de David Kimelfeld et Georges Képénékian et se présente sur leurs listes.

Françoise Piessat-Guinand
Nous n’avons pas reçu la réponse de ce cadre de santé – Présidente de l’association « une souris verte ».

Marie Rigaud
La directrice du festival Printemps de Pérouges, devenu un incontournable de la région lyonnaise, depuis sa création en 1997 s’affiche aux abonnées absentes cette année : « Je ne suis le soutien d’aucun candidat pour ces élections. »

Elvire Servien

Nous n’avons pas reçu la réponse de ce professeur des universités – chirurgien du sport.

Claire Saddy

Depuis 2008, elle est à la tête de Tipi Formation, un organisme spécialisé dans l’innovation, la créativité professionnelle et le management. La quadragénaire, également fondatrice de l’incubateur Rhône-Alpes Pionnières, félicite Gérard Collomb pour son bilan même s’il n’a pas réussi à la fidéliser : « Aujourd’hui je suis beaucoup plus convaincue par la campagne de David Kimelfeld que je trouve bien plus actuelle, à travers sa vision de l’écologie et ses méthodes collaboratives. D’autant plus qu’il faut un renouvellement ! »

Christian Têtedoie
Désigné meilleur ouvrier de France à seulement 17 ans, il a exercé dans les plus grands restaurants étoilés, de Paul Bocuse en passant par Georges Blanc, ou encore les cuisines de l’Elysée. Le chef cuisinier possède aujourd’hui son propre établissement étoilé dans le 5e arrondissement. Il reste mystérieux à l’égard de son possible soutien politique : « Je préfère ne pas me prononcer car j’ai également un faible pour David Kimelfeld et Georges Képénékian. »

CONCLUSION
Si l’on fait les comptes, Gérard Collomb récolte une très mauvaise note. 3/20 ! Seulement trois membres de son comité de soutien de 2014 lui renouvellent leur confiance. Pour mémoire, plus de 1000 Lyonnais – dont de très influents acteurs de la ville – avaient émargé il y a six ans… Pour ne pas souffrir de la comparaison, l’équipe de campagne du maire de Lyon a préféré zapper la case comité de soutien en 2020.