Par Morgan Couturier

Alertés par le peu d’attentions portées aux étudiants confinés, Samuel Soulier et Alexandre Grimaldi ont décidé d’utiliser les outils à leur disposition pour affronter cette crise sans précédent.

Il fut un temps où seuls les hommes durs et forts pouvaient se dire Spartiates. Aujourd’hui, ils se disent étudiants. Tel est le message que laissaient entendre Samuel Soulier et Alexandre Grimaldi, lorsqu’une horde de 300 membres s’étaient adjoints à leur groupe de soutien, sobrement intitulé « soutien aux étudiants confinés de Lyon ».

Créée sur Facebook le 24 avril dernier, cette assemblée, aujourd’hui composée de 1150 membres,  a bien l’intention de se battre pour sauver sa patrie, comme les 300 Spartiates avant elle. Car l’heure est grave pour la jeune génération, qui, si elle semble épargnée par le virus, est l’une des premières victimes collatérales du confinement.

En cause, l’arrêt forcé de nombreuses activités professionnelles ou l’absence de chômage, qui brusquement, viennent piocher dans des économies déjà bien fines. Dans un tel contexte, difficile pour certains de boucler les fins de mois, de payer son loyer ou de rembourser les crédits parfois nécessaires pour financer de longues et coûteuses études.

Dégoter et rassembler des offres d’emplois

Pour autant, hors de question pour ces jeunes de rendre les armes, et ce, malgré le manque d’attentions portées à leur égard par le gouvernement. « J’ai fait un post  sur Facebook pour alerter sur le fait qu’on n’avait pas encore fait de réelles propositions pour les jeunes », se souvient Samuel Soulier, l’instigateur du projet.

Rapidement contacté en privé par des étudiants en situations délicates ou par des parents se joignant à ce terrible constat, le jeune élève n’a pas souhaité demeurer les bras croisés. « J’ai créé ce groupe sur les réseaux sociaux pour déboucher sur des offres d’emplois, des aides, ou des échanges entre les différentes générations », évoque-t-il.

Depuis, l’idée semble faire son chemin, à en croire la popularité du groupe. Mieux encore, les offres d’emplois affluent. Trois jours seulement après sa naissance sur Facebook, le groupe bénéficie en effet du soutien de la Région, de la communauté d’entrepreneurs Re-LyoNous, de Nexity et sa gérante Nathalie Barbarian, ou encore de propositions concrètes émanant du Super U Lyon 6e.

« Plusieurs étudiants pourront être pris », se réjouit le petit-fils d’André Soulier. Une première victoire pour les étudiants, bien que la route semble encore longue avant de crier victoire. Le déconfinement progressif initié à partir du 11 mai pourrait faciliter les démarches, mais une chose est sûre, la jeune génération est prête à répondre à cette question : « étudiants, quel est votre métier ? »

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