Par Anna Pellissier

Jeune lyonnais, Antoine Robin s’est lancé avec ses amis dans la confection de tabliers afin de soutenir les patrons de bouchon et les restaurateurs.

« Valoriser le savoir-faire de notre région et ainsi que la qualité de nos produits reste notre objectif ». Du haut de ces 24 ans, Antoine Robin se lance dans la filière de la mode… pour les professionnels. Un marché complexe, dans lequel le jeune homme souhaite s’insérer et créer des vêtements d’images pour le personnel de salle.

Créée au début de l’année 2020, sa société Antem a connu des difficultés face à la crise sanitaire. Contraint et forcé, le jeune homme a dû se réinventer. « J’ai décidé d’inverser la tendance et ainsi proposer une aide pour nos amis les restaurateurs. Afin de mener à bien cette initiative, j’ai tout de suite sollicité mes proches et nous nous sommes lancés dans cette aventure », explique-t-il.

L’initiative solidaire d’une trentaine de jeunes indépendants*

Cette initiative citoyenne, baptisée « Je ne rends pas mon tablier » et née à Lyon en décembre dernier. Le pitch : confectionner des tabliers 100 % made in Auvergne-Rhône-Alpes. Fabriqués à l’aide de coton bio, ces tabliers se veulent également écologiques, un argument de vente indéniable à l’heure de s’implanter sur le marché. Sitôt lancés, les tabliers semblent déjà gouter aux bienfaits du succès, les jeans 1083 et les Bouchons Lyonnais ayant déjà succombé aux valeurs exposées par ce projet, avec à la clé, la mise en vente de produits en éditions limitées.

Établi sur la plateforme Ulule, le projet a pour objectif de reverser de l’argent aux associations affilées (Les Bouchons Lyonnais, 60 000 Rebonds, UMIH, UPSE ou Syndeac, ndlr). « Nous ne pouvons pas abandonner nos restaurateurs. Le gouvernement leur a collé une étiquette de non-essentiel, alors que pour la santé mentale de la population, c’est super important. C’est ce qui nous réunit, ce qui nous permet de décompresser. Je trouve ça pathétique, on ne peut plus vivre…», affirme le jeune homme (photo ci-dessus).

Déjà plus de 19 000 euros récoltés

Dès lors, grâce à l’achat d’un tablier d’une valeur de 35 euros, 10 euros sont reversés à l’association sélectionnée par l’acheteur, une manière intuitive de remettre en lumière le monde la gastronomie, de lui redonner la parole et d’apporter un soupçon de reconnaissance aux chefs qui la font vivre. Sans oublier les personnes de l’ombre, ces personnes oubliées que sont les photographes ou même les vignerons.

Restant une initiative solidaire encore naissante, « Je ne rends pas mon tablier » s’efforce de grandir au jour le jour, au gré des efforts soutenus accomplis par ses petites mains, une trentaine de bénévoles chapeautés par le créatif Antoine Robin. « Je ne pensais pas que cette opération allait prendre autant d’ampleur. De nombreuses personnes nous soutiennent et nous le démontrent grâce à la plateforme.

Il y a énormément de bienveillance dans tous les messages », confie Emmanuel Robin, le père d’Antoine, dont la notoriété sort grandie de ce mouvement, à l’image du chef Christian Têtedoie, érigé en modèle de choix des fameux tabliers, à l’occasion du lancement de la gourmande « caravane des chefs ». Fort d’un tel appui, « Je ne rends pas mon tablier » semble bel et bien s’accoutumer de son appellation.

*Parmi eux : Alexandre Chambet, Mandy Vavrille, Louis Joutard, Laure Garcia et Baptiste Chassagne

Plus d’informations sur https://fr.ulule.com/jenerendspasmontablier/