Par Emma Ressegaire

Lancée le 25 mars dernier, l’opération Résilience continue d’être menée afin de venir en soutien aux services hospitaliers. Récit d’une mission de transport menée hier matin par l’Armée de Terre.

« Nous sommes en guerre ». Le message avait été répété et bien compris, jusque dans les casernes militaires. Alors si le terrain diffère des habituelles opérations, voir débarquer deux savoyardes de l’armée en plein cœur du 8e arrondissement de Lyon n’a rien d’étrange.

« C’est une vraie opération militaire », nous confirme d’ailleurs le lieutenant-Colonel Cochet, délégué militaire départemental adjoint du Rhône, épaulé par le 511e régiment du train, spécialisé dans le transport de matériel. Un appui logistique de poids pour les Hospices Civils de Lyon (HCL), définis comme point d’acheminement.

A cargaison exceptionnelle, transport exceptionnel avec le soutien les hommes du 7e bataillon des Chasseurs Alpins de Varces, qui ont pour mission de protéger et sécuriser le transport masques (chirurgicaux ou FFP2, ndlr) de blouses et de gants. Du matériel sensible qui, du fait de sa rareté, suscite les convoitises. En témoigne le récent vol de 500 000 masques destinés la Seine-Saint-Denis.

Chaque camion renferme un vrai trésor

« C’est la rareté du produit qui en fait un produit de luxe », soutient d’ailleurs Éric Tabouret, directeur du département Prévention et Sécurité Générale des Hospices Civils de Lyon. Et pour cause, à 2000 masques chirurgicaux par carton, chaque palette présente ce mardi 12 mai, peut valoir, même à demi-tarif, jusqu’à 20 000€.

« L’objectif, c’est que le soir, il n’y ait plus rien. Ce qui arrive chaque matin est distribué dans la journée », précise-t-il. Mais avec un tel trésor de guerre, la présence militaire est rapidement justifiée. « Il aurait été inconcevable que l’armée ne soit pas présente. On fait œuvre utile, ajoute le lieutenant-colonel Cochet. Notre participation militaire va évoluer, mais l’engagement militaire durera le temps nécessaire ».


Une distribution orchestrée par les Hospices Civils de Lyon

Le déchargement des 24 palettes opéré, c’est au personnel des HCL de rentrer en action. Il s’empresse de dispatcher les quantités prévues pour les centres médicaux. Une boîte ou une palette entière, l’Agence Régionale de la Santé (ARS) a déjà fait les comptes. Reste à passer à l’acte, le chronomètre en tête. Et pour cause, dès 11h, les premiers bénéficiaires sont sur le pied de guerre. La santé n’attend pas.

Clinique Charcot, du Val d’Ouest, hôpital du Vinatier ou centre médical de l’Argentière… au total ce sont une soixantaine d’établissements qui viennent prendre livraison de leur allotement. Telle est la vérité d’un jour. Demain, une nouvelle cargaison fera le bonheur de centres médicaux-sociaux ou des EHPAD. En somme, une organisation millimétrée et structurée.