Par Morgan Couturier et Marco Polisson

Très attendue des Lyonnais et des professionnels, la conférence de presse de Pascal Mailhos fut particulièrement fertile en mauvaises annonces. Le préfet du Rhône a décidé de durcir le ton. Les nouvelles mesures anti-Covid se veulent donc encore plus restrictives.

Maudit coronavirus ! Après s’être longuement méfiés de la peste, les Lyonnais ont donc appris à se méfier du Covid-19. Une triste réalité, laquelle n’est pas prête de s’arranger, à en croire la conférence de presse tenue par le préfet du Rhône, Pascal Mailhos. Une prise de parole forcément épiée qui, malheureusement, aura tenu toutes ses (mauvaises) promesses.

Les mesures adoptées en juillet dernier n’ayant manifestement pas suffi, le représentant de l’Etat s’est dit contraint de rehausser leur caractère restrictif, en premier lieu desquelles figurent l’interdiction, à compter de ce mardi 22 septembre, de tout événement regroupant plus de 1000 personnes, contre 5000 jusqu’à ce jour.

Les professionnels de l’événementiel et du sport encore sacrifiés

Déjà fortement impacté par les restrictions sanitaires en cours, le monde de l’événementiel et les forains sont dégoutés par ces nouvelles mesures. Alors que la Vogue des Marrons, Pollutec et la Foire de Lyon sont officiellement annulées, le groupe GL events semble encore s’accrocher à de maigres motifs d’espoirs.

Jointe par nos soins, Sylvie Robert veut encore croire à un possible maintien de l’événement Equita Lyon. C’est dans 15 jours que la sanction définitive tombera ou pas… Par anticipation, le SIRHA a, lui, opté pour un report, au printemps prochain, du 29 mai au 2 juin 2021, selon l’annonce d’Olivier Ginon, ce jour.

« Conscients des difficultés que ces mesures peuvent entraîner pour les secteurs du sport et de l’événementiel, les services de l’État travaillent étroitement avec les acteurs concernés pour concilier les impératifs liés à la sécurité sanitaire et la relance économique », déclare la Préfecture pour se dédouaner à moindre frais.

Des centaines d’emplois sont directement détruits par ces mesures.

« Le préfet, comme tous les fonctionnaires, joue avec de l’argent qui n’est pas le sien. Lui recevra son salaire intégral à la fin du mois, pas les intermittents, ni les extras ! » souffle un patron du secteur évènementiel dont l’entreprise est encore plus fragilisée par l’annulation des foires et salons. Sans compter tous les sous-traitants, les hôteliers, les taxis….

« Cette nouvelle jauge de 1000 visiteurs est particulièrement injuste alors que les centres commerciaux peuvent accueillir 5000, 10 000 ou 50 000 personnes ! » a réagi Anne-Marie Baezner, directrice des sites lyonnais de GL events, au micro de France 3. Même le président écologiste de la Métropole déplore cette décision du préfet (tweet ci-dessous) alors que la filière respecte scrupuleusement les mesures sanitaires.

Si les principaux événements prévus dans le Rhône sont ou seront de facto annulés voire reportés, les bars et les restaurants échappent eux, à l’instauration de mesures punitives. Conscient que leur situation est déjà particulièrement compliquée, Pascal Mailhos a acté le fait que ces derniers pourraient demeurer ouverts, à condition de respecter strictement les mesures imposées, toute infraction pouvant « faire l’objet d’une fermeture administrative », précise-t-il.

Un répit pour les restaurateurs, bien que certains espéraient voir les berges fermées

Point de rendez-vous de la jeunesse lyonnaise, les Berges du Rhône n’ont étonnamment fait l’objet d’aucune annonce, la Préfecture misant visiblement sur la prohibition des rassemblements de plus de 10 personnes et surtout sur l’interdiction (sur l’ensemble du département, ndlr) de vendre et consommer de l’alcool sur la voie publique de 20h à 6h, pour freiner les ardeurs des fêtards.

Cela sera-t-il suffisant ? Le suspense est entier, au même titre que les dégâts sur les finances des personnes impactées. À ce titre, le virus pourrait tuer plus que prévu.