Par Marco Polisson

Exclusif. La belle brasserie des Brotteaux qui a changé de mains en ce début d’année se refait une beauté pour surprendre ses premiers clients début juin 2021 (si tout va bien).

« Georges Blanc quitte Lyon ! » titrait Lyon People lors de la rentrée de septembre 2020 avec l’annonce exclusive de la mise en vente de ses brasseries Le Centre (rue Grolée) et Le Splendid (place Jules Ferry). L’hôtel-restaurant sis en face de la gare des Brotteaux est une affaire emblématique idéalement placée en face du pôle festif des familles Chabert-Donjon et de la brasserie de l’Est, créée par Paul Bocuse en 1997. Toute la profession louchait dessus…

Convoité notamment par Antoine Maillon, ancien DG du groupe Georges Blanc et co-propriétaire du Café du Marché et de Nano Trattoria, et par le duo Benjamin Lavorel – Sylvain Auclair (La Maison, Selcius, Azar…), l’établissement a finalement atterri dans l’escarcelle d’un troisième larron. Le plus discret de cette fable lyonnaise : Aurélien Liveneau qui, depuis son fief du République (place de l’Hôpital), a construit depuis 2008 un joli groupe de restauration logé dans sa holding répondant au nom de Kaizen Concept.

Le chantier du Splendid. Ses immenses lustres chapeautés de rouge vont également disparaitre du paysage

C’est Aurélien qui a fait la meilleure offre (à 7 chiffres, selon nos informations). A la tête ou associé d’une dizaine d’établissements (dont L’Horloge, Le Parloir, Kobe bar, et le Café du Pond revendu depuis à Benjamin Lavorel), ce quadragénaire entrepreneur se sait particulièrement attendu sur le dossier du Splendid qui a cristallisé, au début des années 2000, la rivalité entre les deux chefs triplement étoilés Georges Blanc et Paul Bocuse.

Aurélien compte faire du Splendid un lieu de vie intergénérationnel sans le débaptiser.

Et c’est là l’essentiel ! Le Splendid va donc conserver son nom de baptême acquis au début du XXème siècle quand le quartier des Brotteaux a pris son essor à la vitesse de la vapeur. En revanche, il va laisser au vestiaire sa livrée rouge et blanche, pigments fétiches du chef de Vonnas pour épouser une colorimétrie plus contemporaine sélectionnée par Stéphanie Lapendrie, l’architecte en charge de ce très important lifting, et à qui Aurélien a déjà confié la rénovation du République.

Les siestes crapuleuses ne seront plus au programme de la quinzaine de chambres

Nous n’allons pas troller la nouvelle brasserie dont vous aurez la surprise de découvrir les nouveaux atours début juin. Mais l’on peut vous révéler qu’une cabine DJ va être incrustée dans l’escalier qui monte à l’étage… qui compte une quinzaine de chambres dont Aurélien réfléchit à la future affectation.

Sans doute en petits salons pour accueillir des séminaires ou des déjeuners d’affaires en toute discrétion. Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’elles ne serviront plus d’alcôve aux siestes crapuleuses comme ce fut le cas jusqu’en 2001. Ce qui amusait beaucoup le chef de Vonnas !