Texte : Philippe Lecoq – « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté ». Si cette belle « Invitation au voyage » de Charles Baudelaire – un extrait seulement – est hélas souvent citée pour un rien voire n’importe quoi, elle s’impose dès les premiers regards posés sur le Fourvière Hôtel et son restaurant bistronomique Les Téléphones.
Un mot sur l’hôtel, situé comme son nom l’indique sur la colline qui prie : plus de soixante-dix chambres aménagées dans un ancien couvent des Visitandines signé tout de même Pierre-Marie Bossan – oui, la basilique c’est lui aussi – toutes dédiées à un personnage qui a fait Lyon.
Ordre de la Visitation, et beauté des pierres mêlées aux briques du couvent et de la chapelle qui fait aujourd’hui office de réception… Sacré Baudelaire. A l’intérieur, autour du cloitre, dans deux ailes des péristyles abrités de grandes baies vitrées, se dressent 70 couverts, nappage strict, fauteuils cuirs
Sans oublier un vieux téléphone ébonite à portée de main. Nous y sommes, voilà pourquoi « Les Téléphones », et tant pis si l’intro patrimoniale a traîné en longueur.
Au bout du fil, possibilité de passer commande
Luxe, calme, et bientôt volupté. Ici pas de musique barbare en fond sonore, des murmures, de la discrétion, de la tenue, de l’élégance. Lyon, Fourvière, et non Presqu’île quoi qu’en dise Benjamin Biolay.
Et bien sûr, l’élégance se retrouve dans l’assiette, « pour coller avec l’identité du lieu » confie Cédric Boutroux, Maitre cuisinier, chef exécutif du groupe propriétaire des lieux, et donc premier de cordée. « Élégance dans le dressage, mais pas de sophistication, les assiettes sont généreuses, nous voulons du goût et du gourmand ».
Ici, les produits et la saisonnalité sont respectés, comme la Terre Mère puisque l’accent est mis sur le bio ou le raisonné avec à la clef deux macarons Ecotable. Mais comme nous sommes à Lyon, que les touristes de l’hôtel ne sont pas seulement venus apercevoir la Vierge d’or ou la chaine du Mont Blanc vue de l’esplanade.
Il y a toujours en clin d’œil une entrée, un plat et un dessert, témoins du savoir-faire lyonnais. Dont l’incontournable pâté en croûte, ou la quenelle en saison… Avec une cave qui affiche du Thomas Farge et du Louis Chèze, le seul risque pris en quittant Les Téléphones sera de finir en cellule.
Les Téléphones
23, rue Roger Radisson – Lyon 5 Fourvière
Tel : 04 74 700 700




















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