Texte : Marco Polisson – Nos confrères de Lyon Mag ont annoncé en avant-première notre relaxe dans le procès intenté par Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon et Grégory Doucet, maire de Lyon, contre le premier magazine lyonnais.
Les deux écologistes nous reprochaient le titre et la teneur de l’article publié sur notre antenne relatant le décès de deux étudiants dans un accident sur l’avenue Félix Faure. Cette artère – aujourd’hui totalement sinistrée – est paralysée depuis plus de deux ans par des travaux sans fin pour installer… un couloir de bus !
Deux mois après le procès, la chambre de la presse du tribunal judiciaire de Lyon a rendu son jugement, mardi 17 mars 2026. Notre conseil Jean-Pierre Stouls en a tout juste récupéré une copie. Voici l’extrait le plus important concernant le titre de l’article, élément déclencheur de la procédure confiée par Bernard et Doucet à l’avocat écologiste bétonneur Étienne Tête, plus habile à manier la truelle que le verbe :
« En l’espèce, trois éléments peuvent être considérés comme diffamatoires.
Le titre d’abord, étant rappelé que celui-ci peut contenir en lui-même l’allégation ou l’imputation d’un fait : « Accident mortel à Lyon. Doucet et Bernard ont deux nouveaux morts sur la conscience ».
Pour être diffamatoire une allégation ou une imputation doit se présenter sous la forme d’une articulation précise de faits de nature à être, sans difficulté, l’objet d’une preuve ou d’un débat contradictoire. (Crim, 17 février 1981, N° 79-92.748). En réalité, il n’est pas reproché aux parties civiles un fait précis et circonstancié mais il est formulé un pur jugement de valeur. La notion de conscience en appelle au for intérieur des parties civiles, à leur moralité et ne peut être, par définition, prouvée ».
Un verdict qui réjouit le plus grand nombre
L’annonce de ce verdict a été salué avec joie par notre équipe, nos associés, nos fidèles lecteurs, partenaires et annonceurs, sensibles à notre ligne éditoriale de lanceur d’alerte depuis l’arrivée des Verts au pouvoir. Des dizaines de messages également de nos amis journalistes, patrons de médias écrits, numériques et de radios. Du baume au cœur pour toute l’équipe.
Chez nos confrères, la nouvelle a été annoncée de façon factuelle par Lyon Mag (merci Alexis), Tribune de Lyon (merci François), le site d’infos Actu Lyon (merci Nicolas), Tonic Radio (merci Laurent et Charles), Lyon Première (merci Christian) et de façon étayée par Le Progrès qui a interrogé les deux élus écologistes sur la suite qu’ils comptaient donner à ce verdict. Appel ou pas appel, nous serons fixés la semaine prochaine.
« Ce jugement est très clair car il considère en particulier que le titre de l’article « deux morts sur la conscience » principal fait incriminé par les deux élus est un pur jugement de valeur en appelant à leur moralité, et donc in-susceptible d’être dans un débat judiciaire. Il rappelle aussi que les deux élus ne peuvent se substituer à la justice vue par l’article comme complaisante à l’égard des verts pour obtenir à titre personnel des indemnités… » analyse notre avocat Jean-Pierre Stouls interrogé par la journaliste Sophie Majou.
La censure a encore de beaux amis devant elle
C’est ce que laisse penser cette statistique édifiante qui en dit long sur le sectarisme qui prospère dans notre profession : alors que 20 médias avaient annoncé (et parfois applaudi) notre renvoi devant les tribunaux, le 21 janvier, seuls 6 d’entre eux ont relaté notre relaxe. Déontologiquement étonnant, non ? Personne ne s’étonnera qu’elle ne réjouisse pas Lyon Capitale, pour qui la liberté de la presse ne compte que si elle est de gauche. Quant au Club de la Presse, nous aurons l’occasion d’en parler ultérieurement.
L’équipe de Lyon People remercie chaleureusement le cabinet Stouls & Associés, ses confrères journalistes, ses partenaires, ses annonceurs ainsi que tous les Lyonnais qui ont participé à la cagnotte. Nous offrons à ces derniers deux ans d’abonnement à Lyon People (valeur 118€).
















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