Par Morgan Couturier

Dans un match aux allures et à la motivation d’un entraînement, l’ASVEL a lâché une victoire à sa portée en s’inclinant contre les Allemands de l’Alba Berlin sur le score de 89 – 95. Dans un silence profond, les Lyonnais ont sûrement dit adieu à l’Euroligue.

Le parfum des parquets nous avait manqués. Le stress de la coupe d’Europe et l’hymne de l’Euroligue aussi. Et pourtant, s’asseoir, bercé par cette douce musique n’a plus la même saveur en ces temps compliqués, où restrictions obligent, les culminantes tribunes de l’Astroballe sonnent tristement creux.

En temps normal, le public aurait subjugué cette soirée européenne, puis embrasé une salle qui, d’ordinaire, sait envoûter n’importe quel spectateur. Hélas, il n’en fut rien, ce jeudi 11 mars 2021, le silence faisant gage de lancement des hostilités. Aucune accolade, si ce n’est un check du poing en guise de salutation à l’adversaire, et voilà le match lancé dans une ambiance d’indifférence, où seuls les acteurs, le speaker et ses musiques douteuses, semblaient encore captivés par la rencontre.

Un spectacle attristant, alors que le 5 de départ, motivé par… le crissement des baskets et le rebond du ballon, devait se plonger dans la partie, harangué par un TJ Parker plus enragé que jamais. « Amine (Noua), il est au milieu du terrain, ne fais pas faute, réfléchis ! », entendait-on dans une consigne habituellement non-perceptible, que notre consultant, Franck Girardet, aurait sûrement appréciée.

Une triste fin pour l’ASVEL

« C’est incroyable ! », exposait même le coach lyonnais, au milieu de quelques injures. À la peine défensivement, les Villeurbannais méritaient sans doute quelques-uns de ces rappels à l’ordre. Sans pour autant lâcher le fil de leur mission. 30-23 à l’issue du premier quart-temps, 52-43 à la mi-temps, l’ASVEL était dans le coup. De quoi espérer, et oublier le triste « et moi pendant c’temps-là, j’tournais la manivelle » joué par le DJ.

Confiants, Gaëtan Muller et Stéphane Morot-Sir s’autorisaient même une sortie loin de leur nid d’aigle, une loge VIP désespérément déserte. Un instant de bonheur éphémère dans une soirée à deux visages. En effet, la pause ne fut guère bénéfique. Trois minutes après la reprise, l’écart s’était déjà amenuisé, les bonnes impressions s’étant effacées au profit de très révélateurs « bouge !, bouge ! »

En face, l’Allemand Peyton Siva virevoltait et s’amusait du spectacle pour faire le sien. À 10 minutes du terme, l’Alba Berlin était ainsi revenu dans les clous. Elle prenait même l’avantage à cinq minutes de la fin, crispant les visages des remplaçants, alors que les rares spectateurs, le board lyonnais et les femmes des joueurs s’offusquaient de cette « remontada ».

Mais rien n’y fit, aucune exhortation du public ne put insuffler une ultime dynamique positive. L’armada allemande s’empara alors de la salle, criant victoire à chaque nouveau panier. L’arôme de la défaite prit place et s’installa inexorablement. 89-89, puis 89–95. Le buzzer sonna la fin de la partie. De la soirée et des rêves de sommets européens.

Dans l’indifférence, l’ASVEL perdait son quatrième match de suite. Une obscure conclusion et un sombre spectacle, au regard des souvenirs passés. Vivement le retour à la normale !