Par Marco Polisson

On pourrait croire à un gag ! Le maire d’arrondissement le plus bétonneur de Lyon est accueilli à bras ouverts dans le camp de ceux qui sont censés défendre et protéger la nature et l’environnement.

Nous laissons le soin à notre confrère Mediacité de raconter la scène car nous n’étions pas conviés ce jour-là : « Ce lundi 22 juin, Grégory Doucet, candidat EELV à l’hôtel de ville de Lyon, met en scène, devant la presse, le soutien que lui apportent Bernard Bochard, premier édile du 9e, Thierry Philip, à la tête du 3e jusqu’en 2018, et Christian Coulon, patron historique du 8e. Ce dernier est excusé car « souffrant ».

« Mon ralliement est d’une grande banalité », s’excuse Thierry Philip devant l’assemblée. Vraiment ? Oui pour ceux qui n’ont qu’une lecture électorale du parcours d’un mandarin socialiste venu soutenir sa protégée socialiste Sandrine Brunel… ralliée aux écologistes. Non, pour ceux – dont nous sommes – qui ont suivi les faits et gestes de celui qui fut maire du 3ème arrondissement de 2008 à 2018.

Plus d’une cinquantaine de maisons et de jardins détruits

Les écologistes qui l’accueillent ont, soit des œillères, soit la mémoire courte. On va tâcher de la leur rafraîchir. Pendant les 10 années de son mandat de maire, Thierry Philip n’a eu de cesse de bétonner les quartiers de Montplaisir et de Montchat avant de démissionner pour le plus grand soulagement des habitants en 2018.

La démolition de la maison du 25, rue Claude Richard le 23 septembre 2013 – Archives Lyon People

Dès 2001, les premières démolitions se produisent sur le cours du Docteur Long, au nom du principe de densification… dénoncé par ses nouveaux amis écologistes. Les pelleteuses et les boules des grues démolisseuses finissent par gangréner ces deux quartiers dont le caractère pavillonnaire et vert est l’originalité.

Quand, dans un dossier consacré à la défense du patrimoine, Lyon People établit un premier bilan en 2014 avec les documents émanent des services de l‘urbanisme au Grand Lyon, nous dénombrons pas moins de 50 maisons populaires et bourgeoises, ateliers d’artisans et jardins potagers détruits alors qu’il était maire du 3ème.

Au cours d’un meeting pour sa réélection au château de Montchat, Thierry Philip s’en prend violemment à notre magazine qui a révélé l’ampleur de ce désastre écologique dans son édition de mars 2014 (ci-dessous).

La contestation n’a eu de cesse de prendre de l’ampleur ces dernières années, alimentée par les projets d’urbanisation du parc de la clinique Trarieux, un poumon vert que Thierry Philip et son successeur Catherine Panassier (passée dans le camp de David Kimelfeld) veulent bétonner. Les habitants révoltés se sont regroupés au sein du collectif « J’aime Montchat ».

Dommage que Grégory Doucet, obnubilé par ses rêves de pouvoir, n’ait pas pris le temps de consulter la fiche « béton » de son nouvel allié. Ça lui aurait évité de pavoiser avec cette prise de guerre dont les méfaits sont contraires aux « valeurs » vertes. Même constat pour Christian Coulon, maire du 8ème, dont les réalisations urbanistiques ont provoqué une levée de bouclier du côté du Moulin à vent.

La perspective – imminente selon nos confrères – de s’emparer de l’Hôtel de ville vaut tous les reniements, même chez les vertueux verts qu’on croyait au-dessus de tous soupçons. A titre personnel, leur ancien leader Etienne Tête qui a combattu la construction du grand Stade et du périphérique nord n’a-t-il pas récemment, en catimini, déposé un permis de construire d’un lotissement familial en lieu et place d’un petit bois qui sera rasé !

La nature reconnaitra les siens !