Par Morgan Couturier

La récente conférence de presse du Sytral ayant entériné le projet de téléphérique dans l’Ouest Lyonnais, l’opposition pointe une nouvelle concertation à sens unique, où l’impact paysagé n’entre pas en considération.

Dans l’Ouest Lyonnais, les cauchemars et les troubles tendent à se multiplier. En effet, alors que le ciel s’assombrit à mesure que le téléphérique s’approche de leur tête, les riverains impliqués, pourraient également sombrer devant un syndrome bien connu des psychologues : le très à-propos syndrome du… Bernard l’Hermite.

Une allusion notable à leur bourreau du moment, mais surtout à un « trouble émotionnel et cognitif, lié à un changement soudain, parfois brutal, de la compréhension qu’une personne a de son environnement », peut-on lire sur le net. Car si Bruno Bernard et le Sytral ne semblent pas motivés à l’idée de changer de coquille et donc de projet, les riverains impactés vont eux, devoir s’accoutumer de ce mal-être et à un profond chambardement de leur paysage. En cause, l’entérinement du projet de téléphérique, confirmé « en catimini », lors d’une conférence de presse organisée au Radisson Blu, loin des yeux et loin du cœur des villes et habitants ébranlés.

Le spectre de nuisance potentielle étendu à une plus large population

Evidemment, si les dessins et les bavures géographiques ont fait sourire les rares invités, la conclusion de cette réunion fut moins joyeuse. Et pour cause, « après six mois de silence radio », aucune nouveauté n’a été signalée, si ce n’est la divulgation d’un nouveau prévisionnel de survol par Confluence et la gare Perrache, deux territoires pilotés par le maire du 2e arrondissement, Pierre Oliver, étrangement privé de bon d’invitation.

Du côté de l’opposition, l’humour est encore tenace au moment de s’adresser aux écolos.

« Quand nous demandons pourquoi le Maire de Lyon 2 n’est pas invité à ce comité, alors que Monsieur Bernard n’oublie pas de convier Monsieur Doucet et Madame le Maire du 7e, nous avons un haussement d’épaules… », relate la maire de Sainte-Foy-lès-Lyon, Véronique Sarselli, interloquée par un mode de fonctionnement écologiste où les opposants sont régulièrement censurés. Et les sondages truqués.

« Les tracés convergent tous vers une station. Pourquoi renoncer au métro E ? »

« Le Sytral a avancé que les populations de l’Arbresle, Brindas, pourront, par exemple, être consultées. La logique est simple et assumée, interroger les villes survolées ou leur périmètre direct encapaciterait le Sytral à réaliser son projet. Il lui faut stratégiquement une très large consultation pour amoindrir les oppositions locales des populations de Francheville, Sainte-Foy, La Mulatière, Oullins, Lyon 5 et Lyon 2. Cette logique est un non-sens puisqu’il est question d’une desserte purement locale et non pas d’un projet structurant », écrit encore la maire de Sainte-Foy.

Un procédé tronqué de démocratie participative pour justifier la mise en place d’un téléphérique dont les nuisances potentielles ont pourtant été élargies « sur un plus grand nombre de citoyens de l’Ouest Lyonnais », soulève de son côté l’association Touche Pas à Mon Ciel, les cartables remplis de réprobations. Las, les solutions elles, sont vouées au silence, malgré l’organisation, sur la place Bellecour, d’une « opération vérité », ce samedi 19 juin de 14h à 17h.

Sur place, il sera surement question du Métro E, que le « Sytral tente insidieusement de supplanter », pointe l’association, désormais soutenue par le collectif de Yann Cucherat, Un Métro pour 2030. « Le constat est pourtant clair, le Métro E a la faveur des habitants, ce qui n’est absolument pas le cas du téléphérique. La stratégie du Sytral est claire : diviser pour mieux régner. En effet, l’exécutif propose de choisir un projet métro plutôt qu’un autre, en mettant en concurrence les territoires », regrettent les deux entités. Dans un élan de popularité du « quoi qu’il en coûte », Bruno Bernard et le Sytral ont donc déniché leur variant. Et pour l’heure, personne n’est épargné.

Manifestation samedi 19 juin 2021 de 14h à 17h – Place Bellecour