Par Marco Polisson

Dans une campagne plutôt atone en Auvergne-Rhône-Alpes, les challengers de Laurent Wauquiez rivalisent d’imagination et rêvent de bons coups susceptibles de réveiller et de motiver les électeurs. Épisode 1 : Andréa Kotarac

Au jeu des ralliements surprise, c’est incontestablement Andréa Kotarac qui réalise les plus belles prises. En commençant par Antoine Duperray, vice-président LR du Conseil départemental du Rhône (photo ci-dessus). L’ancien maire de la commune d’Oingt a annoncé mi-mai son ralliement au Rassemblement National. « Elu enraciné, bien implanté dans son terroir du Beaujolais, Antoine Duperray constitue un atout de poids pour notre mouvement. Homme de terrain tout autant que fin connaisseur des dossiers du Rhône, il défendra avec brio les couleurs nationales lors des prochaines élections départementales de juin » annonce Andréa Kotarac. Ce dernier peut également se féliciter d’avoir déjà enrôlé dans la Drôme Stéphane Blanchon, conseiller technique du ministre de la Santé Olivier Véran ainsi que Didier Camandona, figure du secteur de l’immobilier et de la FNAIM sur sa liste savoyarde.

Cela suffira-t-il pour faire décoller sa candidature ? Pas simple de faire figure de « révélation » ! Malgré son jeune âge – il est né à Thonon les Bains en 1989 – Andréa Kotarac connait parfaitement l’adage selon lequel « on n’a pas la chance de faire une seconde première impression ». De son parcours, les amateurs de politique ont pour le moment retenu son ralliement retentissant en mai 2019 au camp du Rassemblement National après avoir été l’un des espoirs du Parti de Gauche puis de la France Insoumise pendant plus de dix ans… Ce parcours atypique n’en a pas fait la coqueluche des médias, mais l’a certainement préservé du traitement de choc habituellement réservé aux fidèles de Marine Le Pen.

La patronne du RN a décidé de lui donner une seconde chance

Cette dernière place d’énormes espoirs dans son poulain à qui elle a confié la tête de liste du RN aux dernières élections métropolitaines. On aurait pu penser que le faible score enregistré à cette occasion (7,67% et aucun élu) remettrait en cause ce soutien inconditionnel. Il n’en fut rien. Et de le nommer général en chef pour les régionales, un scrutin qui lui réussit habituellement bien. A lui d’aller affronter Laurent Wauquiez qu’on dit indélogeable de sa citadelle. Et pour mener le siège de la Confluence, ses mentors ont décidé d’étoffer son staff : sa garde rapprochée est composée de l’ancien militaire Michel Loussouarn, directeur de campagne avec l’ex-député européen MPF Patrick Louis à la coordination et le binôme Franck Grollier + Agnès Marion à la communication.

Dans un contexte sociétal troublé, marqué par le retour du terrorisme islamiste et les émeutes de banlieue, Andréa Kotarac sillonne la région accompagné du général Thomas Toussaint et du lieutenant-colonel Vincent Gojon, avec dans sa besace les recettes qui ont fait le succès électoral du RN : lutte contre l’immigration sauvage et sécurité, tout en défendant un nouveau thème phare « le localisme, pour défendre l’identité de notre terroir et de nos produits », tout en espérant être élu « produit de l’année » électorale.

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