Propos recueillis par Philippe Lecoq

Élections départementales 69. Le président sortant du Nouveau Rhône a oscillé durant toute la soirée électorale du premier tour entre joie et frustration. Joie d’arriver en tête mais frustration d’avoir à passer par un second tour en raison de la forte abstention. Malgré près de 70% des voix, Christophe Guilloteau devra en effet repasser par l’isoloir dimanche prochain.

Philippe Lecoq : Quel est votre sentiment au soir de ce premier tour ?
Christophe Guilloteau : Les résultats de ce soir sont très satisfaisants, je suis d’abord très content pour mes collègues de certains cantons qu’on annonçait perdants et qui sont au rendez-vous, je pense par exemple à nos amis de l’Arbresle qui sont en tête…

Quel est le point d’étape de votre majorité ?
Les candidats d’union de la droite sont tous au deuxième tour. C’est simple : quand nous sommes unis on gagne, quand nous sommes désunis, on perd. Je voudrais donc remercier nos deux présidents de groupe Michel Thien et Daniel Pomeret, qui ont œuvré à cette union.

Les candidats RN ne sont pas au rendez-vous ?
Il y a six ans, nous avions fait douze deuxièmes tours avec le front sur treize cantons. A l’heure où je vous parle les chiffres ne sont pas définitifs mais il semble bien qu’il y aura beaucoup de seconds tours sans le RN. La donne a changé.

Pourquoi selon vous ? La droite classique a-t-elle radicalisé son discours ?
Non, la droite a fait ce qu’elle avait à faire, pendant six ans sur la Région ou le département. Nous avons agi, sur le terrain, et parfois là où on ne nous attendait pas forcément. Quand la droite est elle-même, elle gagne. Quand elle se « Bayrouise », elle perd.

Vos listes ont-elles une chance de remporter le grand chelem ?
Il semble en effet que le canton de l’Arbresle puisse être perdu par la gauche. Le grand chelem n’est en effet pas impossible. Ce serait une première.

Quel sera votre premier acte fort en tant que président reconduit si c’est le cas ?
Il est urgent de régler le problème du collège dans le périmètre de Villefranche. Il manque deux collèges dans le département. L’un d’eux est acté dans le canton de Genas. Il faut que nous trouvions le terrain sur le territoire de Villefranche et que nous allions vite. Nous avons six cents collégiens nouveaux par rentrée scolaire.

Il y a de plus en plus de rurbains. Comment les accueillir tout en défendant les spécificités – dont la ruralité et la défense de l’environnement – du département ?
C’est vrai. Lyon et la Métropole perdent des élèves dans les classes. Cela a d’ailleurs pour incidence de faire monter les prix du foncier chez nous et c’est une vraie difficulté. Il nous faut une vision de l’aménagement du territoire intelligente et faire en sorte que la première périphérie de Lyon puisse conserver du foncier accessible aux gens du territoire. C’est la raison pour laquelle avec l’OPAC du Rhône, dont je suis président, nous venons de créer l’Office Foncier Solidaire pour permettre aux primo-accédents de pouvoir rester au village.