Texte : Morgan Couturier. Choc annoncé de la 14ème journée, le match entre l’OL et Marseille n’aura duré que trois minutes, ce dimanche 21 novembre 2021, le temps qu’un projectile ne vienne frapper le visage du Marseillais, Dimitri Payet. La décision d’arrêter, ou non, la rencontre a donné lieu à un festival de calomnies…

La fête devait être immense, la rencontre engagée. Elle n’aura finalement été réduite à peu de chagrin. À trois minutes. Trois maigres minutes, un laps de temps finalement suffisant à un nouveau débordement. A une bouteille d’eau jetée au visage du Marseillais Dimitri Payet qui s’apprêtait à tirer un corner. Le « geste d’un individu seul, qui n’est pas en relation avec les groupes de supporters », dixit Jean-Michel Aulas, à la conclusion d’une interminable attente sur la reprise ou non de cet Olympico.

En effet, le public aura étrangement patienté près de deux heures, avant qu’une décision définitive ne soit actée, en l’occurrence, l’arrêt définitif de la rencontre. Au grand dam des supporters, des téléspectateurs comme du président lyonnais. « Le match aurait pu reprendre sans aucun problème. Mais l’arbitre a plié devant la pression des dirigeants marseillais qui ne voulaient pas reprendre », dixit JMA.

Le coup de bluff de JMA

Une décision qui ne manquera d’alimenter les débats, et les conversations, le flou entourant la décision n’ayant pas aidé à la compréhension des faits. On pourra ainsi commenter la première annonce du speaker, Joffrey Dassonville, lequel, sur ordre de JMA, a annoncé une reprise du jeu, après 1h30 de flottement, alors qu’aucune information officielle n’avait été actée ni communiquée.

Cette annonce de reprise, propagée en Président box par Jean-Michel Aulas himself, va s’accompagner d’un énorme coup de bluff : le président lyonnais fait ressortir ses joueurs sur la pelouse, afin de procéder à leur échauffement. « Venez nous expliquer ! », réclame alors l’ancien buteur vedette des Bleus, Thierry Henry, aujourd’hui consultant pour la chaîne Amazon Prime.

En coulisses, un match entre la Préfecture et la LFP

En effet, la perspective d’une reprise n’aura là encore, duré que quelques minutes, le temps d’acter le refus catégorique des Marseillais de reprendre la rencontre. Le tout, sans compter sur un flou décisionnel embaumant les coulisses du Groupama Stadium. Fallait-il reprendre ou non ? Manifestement, la question a été disputée et sujette à de nombreux accrochages entre l’arbitre, le préfet du Rhône, les présidents de l’OL et de l’OM, et enfin de la Ligue de Football Professionnel.

Entre joueurs marseillais et lyonnais, aussi, à l’image de Bruno Guimaraes, exhortant ses adversaires à venir jouer. Mais surtout entre les autorités décisionnaires, qui ont bataillé à grands coups de communiqués sur les réseaux sociaux. Selon la préfecture du Rhône, la décision initiale d’une reprise de la partie appartenait ainsi à l’arbitre de la rencontre, Ruddy Buquet, quand la Ligue de Football regrettait elle, « la décision de reprise de la rencontre par le préfet de région, comme ce fut le cas pour AS Saint-Etienne et Angers ».

Accroché par le journaliste Thibault Le Rol, le président lyonnais, contraint de faire marche arrière, a entretenu le flou et déploré l’arrêt de la rencontre. Une passe d’armes finalement étouffée par l’arbitre lui-même, dans une prise de paroles assez rare pour être soulignée. « Ma décision a toujours été de ne pas reprendre la partie, pour des raisons sportives évidentes. La décision in-fine, c’est moi qui l’ai prise », a-t-il soutenu, toujours au micro du diffuseur Amazon Prime, deux heures après l’incident…

Reste maintenant à découvrir le fin mot de cette regrettable histoire, où le duel OL – OM se tiendra finalement sur d’autres terrains : celui de la commission de discipline. Une réunion express est organisée en ce sens, ce lundi matin. Pour quelles décisions ? Un retrait de points, comme l’avait un temps réclamé Jean-Michel Aulas, après les incidents de Nice. Ou le report du match, comme l’a twitté dès hier soir l’OL, laissant à nouveau croire que la décision avait été prise avant même la réunion de la commission de discipline…

Une chose est sûre, au lendemain de ce rendez-vous gâché, la décision ne manquera pas d’être scrutée. En trois minutes d’existence, ce nouveau duel entre Olympiens devrait inévitablement rester dans les annales. « Ça laissera des traces », promet-on…