Par Bernard Gouttenoire

C’est un nom bien connu à Lyon. Blaise Adilon (né en 1960) est le fils de Georges Adilon (1928-2009) peintre et architecte aux talents reconnus, au-delà des frontières régionales.

Il expose ses photographies noir et blanc, à la galerie Henri Chartier (Lyon 2éme), sous l’œil complice de Thierry Raspail, lui aussi, connu pour l’emprise de ses choix contemporains en matière d’art, à Lyon.

Blaise Adilon vit et travaille à Brindas dans la maison d’artiste, jadis habitée par son père, un endroit qui l’inspire manifestement, tant ils regorgent de ses souvenirs d’enfant.

Ses images fixes épousent la beauté épurée et naturelle des éléments qui composent le silence extrême. C’est un état d’esprit dans lequel on s’immerge.

Les paysages allongés sont réinventés selon un patient rituel qui dessine chaque parcelle pratiquement en ombre chinoise à l’infini, dans un vaste champ rempli et digne des salons de peinture du XIXème (qui ne perdaient pas la moindre place de l’espace), en accord avec Thierry Raspail, qui a meublé la cimaise.

Ailleurs, se sont ses « mémoires troublées » qui surprennent. Le canevas est fait de pans de vies brisées que Blaise Adilon revisite dans le rêve d’un temps qui n’existe plus, sauf dans les méandres de son imagination fertile. Quatre images quasiment noires nous propulsent dans un univers proche de l’outre-noir si cher à Soulages.

Étrangement, la couleur apparaît, tout comme on s’accoutume du bain sourd de la pénombre… Et puis, il y a les nids en dualité, négatifs et positifs, qui apportent à l’exposition le vrai talent fouillé de Adilon (Blaise), ce regardeur-né, ce renicheur d’oiseaux, ce poète de l’intemporel…

Jusqu’au 19 juin 2021
Galerie Henri Chartier

3, rue Auguste Comte – Lyon 2
Métro et parking Bellecour
Mardi 14h > 19h
Mercredi au samedi 11h > 19h