Par Morgan Couturier

Embarquée sur la 30e édition du rallye Aicha des Gazelles, Marta Pardo-Badier a bouclé l’aventure sur le podium de sa catégorie. Une renaissance symbolisée, comme promis, par une nouvelle coupe… de cheveux.

Ce sourire, cette intonation dans la voix nous avait manqués. Parce qu’elle ne peut être autrement, Marta Pardo-Badier. Si bien que la revoir, la voix pimpante après neuf jours d’épreuves dans le désert marocain, suffit à nous convaincre de son retour. Qu’importe la fatigue, la joie de vivre semble avoir guidé ses pas et ses quatre roues jusqu’à Lyon, avec dans le coffre de son devis, le simple souvenir d’une « sacrée expérience ».

D’un nouvel exploit aussi, pour l’hotellière lyonnaise, habituée à repousser les limites du possible. Et pourtant, en s’attardant un peu sur les récents déboires de l’ancienne directrice du Château Perrache, classer cette aventure parmi ses plus beaux tours de force, n’a rien d’usurpé. Parce que l’aventurière, épaulée par sa coéquipière Nadide Ennam, est parvenue à ses fins. Elle a réussi sa mission : ramener la voiture à la maison, en dépit d’une chaleur écrasante (jusqu’à 50°C, ndlr) et de quelques ennuis mécaniques.

Le Prince Albert II de Monaco expérimente son buggy

« La voiture est arrivée en un seul morceau (rires). Nous sommes très fières. On finit 3e de notre catégorie (un prototype de buggy électrique, ndlr). Nous aurions pu finir premières, mais nous avons aidé l’équipage numéro 1. Ça ne nous empêche pas d’être contentes », se réjouit-elle, des souvenirs pleins la tête, à l’instar de cette rencontre avec le Prince Albert II de Monaco, conquis par le carrosse de l’équipage 601.

« Le départ depuis Monaco, c’était génial. Le Prince a passé du temps avec tout le monde, mais il a été très touché par notre histoire. Alors il est monté dans notre voiture », se réjouit-elle, son bolide encore décoré du logo de l’association Courir pour Elles. Si bien que le sable enfin effacé de ses tenues, Marta Pardo-Badier s’est résignée à tenir ses engagements : se couper les cheveux, de façon à élaborer une perruque pour la bonne cause.

Une manière aussi, de tourner la page d’une ancienne vie. De prendre le virage d’une seconde tout aussi animée. À l’instar de cette 30e édition, où Marta Pardo-Badier aura ri. Pleuré. Mais avec pour remède de toujours, ce rire exquis aujourd’hui retrouvé. « Dans les moments difficiles. On chantait. On se faisait un karaoké dans la voiture », raconte-t-elle. Une ode à la vie. Une vie à nouveau remplie. De défis. Et de belles promesses.