Texte : Morgan Couturier. Propriété du gastronome Philippe Husser, la Cave des Lumières fête ses 100 ans d’amour du vin. Si la boutique a connu de multiples dénominations, elle n’en reste pas moins un lieu très apprécié des Lyonnais et des restaurateurs voisins.

C’est plutôt rare pour le souligner. Sinon impossible à observer. Pour autant, à bien chercher, célébrer 100 ans de mariage a bien un nom : les noces d’eau. Une dénomination plutôt comique, dans le cadre de la Cave des Lumières et de ses 100 ans d’affiliation avec un tout autre liquide. Plus coloré. Plus apprécié. Sur place, à tenter d’y trouver une accointance, on pourrait alors parler d’eau-de-vie, l’établissement lyonnais se gardant le droit de monnayer çà et là, quelques liqueurs.

Mais ces dernières ne sont pourtant qu’un complément à ce qui fait la renommée du site depuis un siècle. À ce vin qui, comme l’évoquent certains, octroie une longévité démultipliée. À la frontière du mythe et de la réalité, les faits traduisent eux, une vérité incontestable : depuis le 10 novembre 1922, le sang de la terre coule à flots, ici, au 11 rue Aimé Collomb, dans le 3e arrondissement.

80 m2 dédiés aux plaisirs du vin

Et si, bien avant cela, les pans de murs traduisent une autre vie dédiée au théâtre, c’est bien par sa capacité à héberger les bons crus, que le lieu s’est fait connaître depuis des décennies. Et encore aujourd’hui, par l’entremise de Philippe Husser, ancien cuisinier apprécié des « Bistrots de Cuisiniers » de Jean-Paul Lacombe. Sous sa coupe, entre « 300 et 350 références » entretiennent ainsi l’histoire du site, baptisé Cave des Lumières à sa reprise en 2016, en écho au Stade des Lumières (devenu Groupama Stadium, ndlr), au côté duquel le caviste devait initialement s’installer.

Avant cela, d’autres l’ont alors appelé « Aux Bons Vins ». Et sûrement autrement. Reste que la conclusion demeure la même. La cave à vin affiche toujours quelques bons crus dans ses rayons. « Des produits de niche » désormais, l’ancien directeur d’exploitation du Bistrot de Lyon se plaisant, lui, « à faire découvrir des petits domaines ».

Caviste, mais pas que…

« Je préfère sortir des sentiers battus, avec un bon rapport prix/plaisir. J’aime me considérer comme un faiseur de rêves », revendique d’ailleurs le propriétaire, adoré de sa clientèle et des restaurateurs. À commencer par Yann Lalle, chef du Poêlon d’Or. « Philippe nous fait gagner un temps précieux, avec des produits qualitatifs », dit-il. Il sait aussi dissoudre les repères temporels de ses clients, il faut l’avouer…

Pour des bonnes raisons. Impossible en effet, de ne pas se laisser tenter par les récits du maître des lieux, de ne pas se laisser border par ses conseils ou même de se laisser aller, à ses ateliers dégustations organisés sur la mezzanine de l’établissement (sur réservation, les jeudis et vendredis). « Je n’ai jamais autant cuisiné qu’ici », en rigole-t-il, sans s’éloigner pour autant de son activité originelle. Le vin, encore. Et sûrement, pour quelques années !

La Cave des Lumières
11, rue Aimé Collomb – Lyon 3e – Tél. 04 78 60 01 97
> Plus d’infos sur
www.cavedeslumières.com