Par Morgan Couturier

En proie à une forte crise économique, le Liban doit jongler entre l’explosion du coût de la vie et l’entretien d’un cadre éducatif acceptable. En ce sens, l’USJ de Beyrouth* espère profiter de la solidarité lyonnaise pour garantir l’accès à l’école de ses étudiants boursiers francophones.

Certes, le cadre était tout autre. Mais à mesure que les mots s’envolèrent, il fut facile de s’échapper de l’hôtel Lyon Métropole pour se projeter hors de nos frontières. Direction le Liban, Beyrouth et sa crise sans précédent. Un périple imagé, mais ô combien important pour l’Université Saint-Joseph, terre d’accueil de nombreux étudiants francophones.

Des jeunes gens évidemment étouffés par le contexte économique et politique local, dans un pays ruiné où le coût de la vie ne cesse d’exploser. Une situation dramatique, qui n’aura pas échappé à la Fondation USJ, à l’UCLy et à l’association France Unie, toutes trois désireuses de venir en aide aux étudiants dans le besoin.

La mission des docteurs Elie Mina, Elias Bittar, et des anciens députés Christian Philip et Marc Fraysse : accorder 200 bourses scolaires à des étudiants de l’USJ – Photo © MC

Aux étudiants boursiers de prime abord donc, sujets d’un événement caritatif baptisé « donner pour éduquer », et organisé le mercredi 1er décembre prochain, dans l’amphithéâtre Alain Mérieux de l’UCly. Le but : « retrouver des vraies valeurs de solidarité » pour « permettre à 200 étudiants boursiers de réussir leur vie et leur carrière », dixit l’ancien député Marc Fraysse, président de France Unie et incarnation politique du lien historique tissé entre Lyon et l’Université Saint-Joseph.

Une bourse représente 5000€ par an, par étudiant

« A notre échelle, nous ferons tout pour éviter que le Liban ne s’enfonce encore plus dans la crise. Or, les étudiants ne peuvent plus verser de frais de scolarité, alors qu’il est important qu’ils puissent continuer leurs études », poursuivit l’ancien député du Rhône Christian Philip, recteur honoraire de l’USJ.

En ce sens, et parce qu’une telle situation reste primordiale, les protagonistes ont ainsi avancé l’idée d’une collecte de fonds. Alors que la Région AURA, par l’intermédiaire de Laurent Wauquier, a déjà voté l’attribution d’une subvention, l’événement du 1er décembre devrait également participer à cette mission. « On espère récolter un maximum de fonds », encouragea Christian Philip, dont l’ambition est de glaner près d’1 million d’euros.

Ces derniers seraient alors reversés « aux cas les plus criants », précisa la Fondation, en amont de l’événement. Une rude mission, mais un espoir : maintenir ouvertes pour tous, les portes de ce pôle d’excellence qu’est l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Une façon aussi, d’entretenir un pacte d’amitié initié bien plus tôt, par Raymond Barre, entre deux cadres finalement plus proches qu’il n’y paraît : Beyrouth et Lyon.

Soirée Donner pour éduquer
Mercredi 1er décembre 2021 à 18h
Amphithéâtre Alain Mérieux
Université Catholique de Lyon
10, place des Archives – Lyon 2e.

 

* Fondée en 1875 par les Pères Jésuites, l’Université Saint-Joseph est une université privée libanaise. Elle regroupe treize facultés (sciences religieuses, médecine, pharmacie, médecine dentaire, sciences infirmières, ingénierie, droit et sciences politiques, sciences économiques, gestion et management, lettres et sciences humaines, sciences, sciences de l’éducation et langues), et dix-huit instituts et écoles spécialisés rattachés aux diverses facultés. L’enseignement est dispensé soit à Beyrouth, soit dans les Centres d’études universitaires régionaux du Liban-Nord à Tripoli, du Liban- Sud à Saïda et de la Békaa à Zahlé.