Par Morgan Couturier

Leader sur son marché, Light Air mesure le chemin parcouru depuis sa création en octobre 2002. La majorité atteinte, la société lyonnaise souhaite aujourd’hui gagner en autonomie, en témoigne sa récente installation sur Lentilly.

En 18 ans d’existence, Light Air a fait du chemin. Au propre comme au figuré. Une autoroute du succès que l’antique moto exposée dans le bureau de Jean-Baptiste Aguettant se dit prête à emprunter à tout moment. Même avec le temps. L’art de la bonne impression est à ce prix pour le PDG, qui, comme son frère Julien et son associé Laurent Tassard, profitent depuis peu de leurs nouveaux locaux de Lentilly établis sur près de 1500m2. Un joli présent posé sous le sapin lors des fêtes de Noël 2019 (moyennant un investissement de 2,2M€, ndlr), dix-huit ans après son démarrage dans une grange de 100m2 acquise à Rhône Enseigne.

« Ça va super vite », glisse Jean-Baptiste, lequel profite également de cette atypique année 2020 pour célébrer son 40e anniversaire. « C’était vraiment une histoire de potes. À l’époque, j’avais 22 ans, c’était un chantier après l’autre. Puis nous avons franchi les étapes ». Une allusion à ce Tour de France que la société lentilloise effectue aujourd’hui, au gré des affichages publicitaires qu’elle déploie sur quelques-uns des plus beaux immeubles de Lyon, Paris, Bordeaux ou Marseille. « On travaille sur de nombreux projets. Et même si on se dit souvent que 18 ans est l’âge de la maturité, on n’a pas envie de perdre de notre identité, de façon à rester sur des trucs hors normes », poursuit Jean-Baptiste Aguettant.

5,9M€ de chiffre d’affaires en 2019

La seule limite étant celle que l’on s’impose, Light Air s’affiche ainsi sous des traits résolument optimistes, que même la Covid peine à altérer, bien que ce maudit virus ait réussi ralentir l’entreprise qui générait encore 27% d’augmentation de croissance entre 2018 et 2019. « On était en pleine bourre. On fait une année record. Et là, le virus débarque. On table sur une baisse de -10%. Mais on n’est pas hyper affolé, ça nous a permis de nous remettre en question. On veut que Light Air soit un bateau solide. Même dans la tempête, on y va », assure le patron.

Les frères Aguettant maintiennent le cap. Mieux, les commandes continuent d’affluer, à la façon d’une rançon née d’un réseau de plus en plus puissant. « Nous avons 2-3 gros appels d’offres dans les tuyaux sur Paris, qui peuvent nous garantir un début d’année 2021 assez fort et nous permettre de passer la vitesse supérieure sur le déploiement. Le but étant de franchir la barre des 10 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 3 à 5 ans. On a des projets d’embauches. On repart en croissance », souligne Jean-Baptiste.

Muscler la fabrication

Reste qu’avec de telles ambitions, Light Air ne peut se contenter de ses acquis. Déjà leader du marché en province, la jeune entreprise espère encore décrocher « un ou deux emplacements sur Paris ». Une telle consécration viendrait alors renforcer les fonds propres (estimés à 1,3M€, ndlr) et valider les investissements récents, tels que la digitalisation de l’entreprise ou l’acquisition de nouvelles machines, facturées entre 250 000 et 300 000€.

« Nous avons pris le parti de continuer à investir, même si ça ne sentait pas bon. Désormais, tout est fait sur place. On voudrait se muscler sur la fabrication, devenir encore plus autonome. On a vraiment la place pour se développer », confirme l’intéressé qui, à peine installé, projette déjà de s’étendre sur 1000m2 supplémentaires. Désormais lancée dans une nouvelle étape de sa vie, Light Air peut alors donner raison à ces paroles de Charles-Augustin Sainte-Beuve, « vieillir est encore le seul moyen qu’on ait trouvé de vivre longtemps ».