Lyon. Les coulisses de la journée de colère des agriculteurs

15 janvier, 2026 | Actualités Lyon | 0 commentaires

Texte : Matthias Arguel Les jeunes agriculteurs du Rhône et la FRSEA se sont donné rendez-vous à Lyon, ce jeudi 15 janvier, devant l’ANSES à Gerland et la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes dans le quartier des Brotteaux. Deux institutions qu’ils estiment responsables de leur situation catastrophique.

Les Lyonnais n’auront pas pu passer outre les concerts de klaxon. Les agriculteurs se sont fait entendre. En effet, deux convois composés de 76 tracteurs ont manifesté leur mécontentement face à la signature prochaine de l’accord de libre-échange avec le Mercosur. La jeunesse était ainsi au rendez-vous. Une relève qui aimerait pouvoir vivre leur métier et leur passion pleinement sans avoir le poids de l’incompétence étatique sur leurs épaules.

L’immeuble Lugdunum aux Brotteaux accueille malheureusement les fonctionnaires de la DREAL… alors qu’il aurait du retrouver sa vocation initiale d’hôtel de luxe…

Dans cette démarche pour leurs survies, les exploitants réunies sous les bannières syndicales de la FRSEA et JAR (jeunes agriculteurs du Rhône) étaient accompagnés par leurs représentants, à l’instar d’Hervé Lapie, secrétaire national de la FNSEA et éleveur porcin dans la Marne, qui avait fait le déplacement pour l’occasion.

Les agriculteurs en ont alors profité pour marteler des revendications fortes portant notamment sur leurs conditions de travail. Parmi elles, la non-signature de l’accord avec le Mercosur, mais aussi une simplification des réglementations, généralisées à toute l’Europe, afin de lutter plus facilement avec la concurrence de nos voisins.

Erwin Sayer-Dupeudle, 25 ans, vigneron

Une rencontre obtenue avec la Préfète

Après avoir vilipendé les institutions locales telles que l’ANSES et la DREAL, sur la place Jules Ferry, le cortège a pris la direction de la Préfecture du Rhône. Le symbole de l’abandon de l’Etat macroniste a été assiégé par les agriculteurs. L’institution s’était néanmoins préparée avec un fort comité d’accueil CRS et deux camions à eau. Un décor ubuesque sachant que la manifestation s’est déroulée dans un calme global et une ambiance familiale.

En effet, chez les travailleurs de la terre, le fil conducteur fut le respect. Il a rapidement été signifié par les organisateurs qu’aucune dégradation ne devait être effectuée. Seuls quelques déchets biodégradables furent autorisés à être déversés sur la chaussée des Brotteaux en hommage au maire écolo, Grégory Doucet, adepte de la campagne en ville.

L’écologie était d’ailleurs l’une des raisons de leurs sorties. Ils ont ainsi abordé à de maintes reprises leur fierté d’effectuer une agriculture saine et responsable. Leurs plaintes allaient alors en direction du Mercosur qu’ils accusent d’être une bombe environnementale et sociale.

Sébastien Cormoreche, Mionnay (01)

Ce rassemblement agricole avait donc une véritable mission diplomatique. Face à cette mobilisation, une délégation syndicale a été conviée à monter les marches de la Préfecture pour échanger de vive voix avec la préfète. Les pourparlers ont notamment porté sur des problématiques locales telles que la gestion de l’eau ou la chasse des loups qui terrorisent les troupeaux.

Les manifestants en ont profité pour formuler diverses demandes locales, telles que l’arrêt des contrôles contraignant de l’OFB (Office français de la biodiversité) ou un meilleur accompagnement normatif des exploitants, souvent perdus dans la documentation.

Florian 35 ans, Saint-Vulbas (01)

La journée a malheureusement fini sur une note négative. Le combat agricole est reparti de plus belle aux alentours de 16h30 à l’annonce de la mise en garde à vue de 52 manifestants du côté de Paris. En conséquence, le cortège, sur ordre du syndicat Confédération Paysanne du Rhône a pris le chemin de la cité administrative d’état dans le troisième arrondissement.

Jeremy Mellet, 21 ans, Briord (01)

Une ultime débauche d’énergie alors que le verdict doit être livré ce weekend. Pour tenter de faire plier le gouvernement, le rendez-vous est d’ores et déjà donné : direction Strasbourg le jour de la signature.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cliquez ici pour SIGNALER UN ABUS
Vous pouvez nous adresser un email afin de signaler un contenu. Merci de préciser l’adresse de la page dans votre email. Votre signalement sera pris en compte au plus tôt.

Aujourd’hui

jeudi 15 janvier

Saint Rémi


 

Recevez la newsletter gratuite

Restez informé en temps réel !

View More Results…