Municipales 2026. A Charbonnières, l’élection est un choc des droites et des générations

4 mars, 2026 | Actualités Politiques | 0 commentaires

Texte : Philippe Lecoq – Ça va chauffer à Charbonnières… Puisque Gérald Eymard, 74 ans, ne se représente pas pour un troisième mandat dans sa jolie commune de l’Ouest lyonnais, les appétits se sont aiguisés dès l’annonce de son retrait.

Ils seront donc trois. Ou plutôt, elles seront trois, trois listes à se disputer les voix des 5 500 habitants de Charbo, ce qui fait parfois sourire sur le marché des habitants peu habitués à autant de soudaines sollicitations. Avec une originalité tout de même, ou plutôt deux : les trois candidats à la mairie sont des « sortants », entendez par là qu’ils siègent tous les trois au conseil municipal… mais ne repartent pas ensemble.

Signe probant d’une chaleureuse ambiance entre élus pendant le dernier mandat.

La seconde originalité de ces trois listes n’en est pas une puisqu’elles traitent toutes des mêmes sujets, comme si la première à se lancer avait été copié-collée par les deux autres. On se lance ? Un projet de maison de santé, avec des appartements pour seniors ; la réhabilitation ou non des deux salles de sports Sainte-Luce malgré la zone inondable ; le maillage en caméras de surveillance ; et, bien sûr, une « nouvelle » gouvernance du maire…

Sébastien Arcos (au centre avec lunettes) entouré de ses colistiers

Alors, honneur au premier à s’être déclaré, le challenger et le plus jeune, Sébastien Arcos, 51 ans, directeur d’EKLYA School of Business, adjoint de 2020 à 2024 sur la liste de Gérald Eymard, avec les délégations de sécurité, mobilité, développement économique et du personnel municipal. Patatras, sur le projet de construction d’un parc des sports, Sébastien Arcos et six autres élus de la majorité municipale ont voté « contre » leur maire, scission, retrait des délégations… d’autres ont pris leur place.

Depuis des mois sa liste « Réinventer Charbonnières avec vous » occupe seule le terrain, et fait participer les habitants à son projet.

C’est l’un de ses points forts. Attention, Sébastien Arcos est un homme engagé qui dispose de nombreux réseaux économiques et politiques qu’il peut mettre au service de Charbonnières. Challenger n’est peut-être pas le mot qui lui convient.

Deuxième à se déclarer, Jean Berger, 71 ans, cadre supérieur retraité de l’industrie, « encore en activité » dit-il, élu depuis 2020 sur une autre liste, mais qui a décroché dans la tourmente charbonnoise un poste d’adjoint à la Prospective, à l’Aménagement et à l’Attractivité du territoire. Sa liste, « La Voix des Charbonnois », compte deux autres anciens élus de Charbonnières, et une candidate sur la liste métropolitaine de Véronique Sarselli. A noter le soutien de Pascal Charmot, maire de Tassin et candidat à sa succession.

Jean Berger (au centre, costume noir et écharpe) lors de sa dernière réunion publique

Le troisième candidat, Stéphane Chéron, 70 ans, ancien chef d’entreprise actuellement élu de la majorité et adjoint au maire en charge des Sports, de la Communication, du Numérique et correspondant défense. Sur sa liste, « Ensemble vivons Charbonnières », on retrouve huit autres élus, prêts à repartir pour un mandat dans la continuité et avec le soutien de Gérald Eymard, ce qui peut être un atout, ou au contraire prêter le flanc à la critique au vu des polémiques et de l’ambiance délétère des conseils municipaux de la dernière mandature.

« Son mode de gouvernance n’est pas le mien », prévient vite le candidat. Qui évoque un « management participatif » que d’ailleurs chaque candidat revendique.

Dernier parti en campagne, Stéphane Cheron (ci-dessous) ne dédaigne pas égratigner ses concurrents – à fleurets mouchetés, et tiens (!) surtout Sébastien Arcos – pour rattraper son retard. Les projets de ses concurrents, notamment sur la maison médicale et sur les salles de sports seraient irréalisables en l’état de leurs propositions. Pour la maison médicale, Stéphane Cheron ne veut pas réhabiliter l’existant – « c’est impossible, il faut 400 m2 minimum, or il n’y sont pas » – mais raser et refaire.

Sur la liste de Stéphane Cheron, « Ensemble vivons Charbonnières », on retrouve huit autres élus, prêts à repartir pour un mandat

Sur les salles de sport, là encore, ses concurrents « n’ont sans doute pas étudié le dossier » … « Les coûts inhérents à leur proposition sont pratiquement à l’équivalent de la construction d’un gymnase », estime l’adjoint-candidat. Bref, pas de réhabilitation pour lui, mais « une grande concertation pour réexaminer en profondeur les besoins sportifs de la commune ».

Sans entrer dans la polémique charbono-charbonnoise, l’élection se fera donc avant tout sur l’identité du candidat et de ses colistiers

Sur son travail sur le terrain, sur la réalité de son investissement participatif, sur la confiance qu’il inspire aux habitants d’une commune lasse de dissensions au sein de l’exécutif. « Le maire de Charbonnières doit co-construire avec la population, chercher le consensus et faire œuvre de pédagogie, c’est ainsi que nous sortirons des affrontements », juge Sébastien Arcos.

A bon entendeur…

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/philippe" target="_self">Philippe Lecoq</a>

Philippe Lecoq

Journaliste économique et politique
Sa longue expérience de journaliste lui octroie une légitimité naturelle. La ville de Lyon  n’a pas de secret pour lui, alors Philippe Lecoq prend un malin plaisir à nous en conter les meilleurs récits, aussi bien au rayon économique que politique.

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