Municipales Lyon 2026 – Un haut magistrat approuve le choc de sécurité d’Alexandre Dupalais

2 mars, 2026 | Actualités Lyon, Actualités Politiques | 0 commentaires

Propos recueillis par Morgan Couturier Exclusif – À 75 ans, l’ancien procureur général de Lyon François Falletti a choisi de rallier les rangs du mouvement UDR – Rassemblement National piloté par Alexandre Dupalais. Frappé par l’explosion de l’insécurité, l’homme de loi croit en la victoire de son confrère. Pour Lyon People, les deux hommes ont accepté d’évoquer les bienfaits d’une telle association.

LP : Vous soutenez la liste d’Alexandre Dupalais, étiqueté UDR – Rassemblement National. C’est rare qu’un homme de loi assume un tel positionnement.
François Falletti : J’ai surtout l’impression d’être en phase avec ce que pensent beaucoup de gens ! Ce qui est sûr, c’est que j’ai toujours été animé par des convictions profondes quand il s’agit de protéger la société.

Le fait qu’Alexandre Dupalais soit un avocat de formation a-t-il aidé ?
FF : C’est vrai qu’en tant que juriste, il y a un certain nombre de points sur lesquels on n’a pas besoin de parler longtemps. On se comprend facilement.

À quel moment cela a-t-il matché tous les deux ?
Alexandre Dupalais : On s’est rencontré au moment de la création de l’UDR par Éric Ciotti après les législatives de 2024. Le Président Ciotti m’a alors confié la tâche de créer la fédération du Rhône et j’ai tout naturellement proposé à François de m’aider. Je suis venu également venu solliciter François s’agissant du travail de fond que nous réalisons avec Eric Ciotti et notre groupe parlementaire en matière de propositions de loi et d’amendements. Nous allons évidemment travailler également ensemble sur la nouvelle loi sur la police municipale qui devrait élargir ses prérogatives.

Votre rapprochement s’est donc fait naturellement ?
AD : On partage beaucoup de choses. Je suis moi-même avocat pénaliste donc nous parlons le même langage.

Vous avez occupé le prestigieux poste de procureur général à Lyon et à Paris. Quand un homme politique met la sécurité au centre de sa campagne, ça doit jouer dans votre choix ?
François Falletti : J’ai le sentiment que je peux apporter quelque chose. La sécurité, ce fut ma responsabilité pendant plus de 40 ans. Je peux apporter des idées, même s’il en a déjà beaucoup. Et je peux lui apporter une évaluation juridique de la faisabilité des projets. C’est quelque chose que j’ai fait pendant une bonne partie de ma carrière quand je travaillais au ministère de la Justice. Vous avez parfois des idées qui viennent et qui paraissent très intéressantes, et puis quand on creuse, il arrive que l’on trouve des problèmes pratiques ou juridiques. Je peux peut-être aussi rendre plus simples certains échanges avec les responsables judiciaires, chacun dans son rôle, bien sûr.

Vous avez dit : « seules les mesures proposées par Alexandre Dupalais permettront de restaurer la sécurité à Lyon ». Mais un maire a-t-il assez de pouvoir pour cela ?
FF : Bien sûr, un certain nombre de choses dépendent de l’État. Mais au niveau local, de la municipalité on dispose de leviers considérables aussi : le maire est premier magistrat de sa commune, officier de police judiciaire. Sinon, je ne serais pas venu.

À titre personnel, ressentez-vous cette insécurité ?
FF : Bien sûr, mais non pas sous la forme d’un « sentiment » de peur mais avec des exemples concrets : l’immeuble même où nous sommes a été « visité » récemment et tout le quartier se plaint de l’augmentation des cambriolages, du vandalisme gratuit, des rodéos urbains et des agressions et vols de rue de plus en plus nombreux également. A l’échelle de Lyon il est impossible de ne pas voir le développement dramatique du narcotrafic et son cortège de règlements de comptes et de morts. Je ne peux pas ne pas penser à ce jeune enfant juif agressé il y a quelques semaines ici dans le 6ème arrondissement simplement car il portait une kippa. Ces faits concrets sont confirmés par les statistiques dramatiques : 42% d’augmentation des homicides dans le Rhône en 2024 !

L’exécutif actuel se targue pourtant d’avoir des chiffres en baisse sur le sujet…
Alexandre Dupalais : Personne ne croit à ce que dit Monsieur Doucet, à part lui-même et encore… Pour eux, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais il n’y aurait pas un tel rejet de sa personne et de sa politique s’il avait eu du succès en matière de sécurité. Ils n’ont pas investi ces sujets pendant six ans et là, ils se réveillent à quelques semaines de l’élection… personne n’est dupe !

François Falletti : Récemment encore, en plein centre-ville, un policier a été blessé lors d’un rodéo moto ; c’est insupportable. Et quand on voit l’arrestation la semaine dernière d’une bande de Colombiens surarmés en lien avec des trafiquants lyonnais, c’est qu’on a vraiment changé de monde, comme l’avait très bien dit Etienne Blanc, que Jean-Michel Aulas a renvoyé de son équipe pour des questions de basse politique alors que c’est une personnalité éminente qui a accompli un travail remarquable sur la question justement du narcotrafic.

« Quand on voit l’arrestation de Colombiens surarmés à Lyon, c’est qu’on a vraiment changé de monde »

Vous qui avez débuté votre carrière de magistrat à Lyon en 1977, à quoi doit ressembler le Lyon de demain ?
FF : Notre axe, c’est la sécurité. Et la sécurité, c’est la condition même de la liberté d’aller et venir. Or, quand on observe cette dernière aujourd’hui, on voit que de nombreuses femmes par exemple, de tous âges, ne sont pas à l’aise pour rentrer le soir et que le procureur déplore les nombreux arrachages de colliers dans la rue ainsi que des agressions sexuelles hors de contrôle. Pareil pour les adolescents, dès qu’ils ont un téléphone portable, ils deviennent une proie potentielle. Il faudrait arriver à ce que les gens puissent retrouver une vraie respiration, une vraie tranquillité dans leur vie quotidienne. Au contraire, on s’habitue progressivement à adopter des comportements de précaution de plus en plus contraignants.

L’objectif de 1 000 policiers et 5 000 caméras de surveillance que vous proposez d’ici 2032 est-il atteignable ?
Alexandre Dupalais : C’est le strict minimum !  On est très en retard par rapport à d’autres villes. 5000 caméras, c’est ce que possède une ville de la taille de Nice.

François Falletti : Dans une interview récente, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, disait qu’il y avait 90 000 caméras sur la plaque parisienne. Pour Lyon, on parle de 5 000 caméras et de policiers qui permettront à la police nationale de se concentrer sur d’autres missions.

Alexandre Dupalais : La vidéo est un instrument qui permettra d’avoir une réactivité bien meilleure. J’y crois d’autant plus que je suis convaincu que dans les années à venir, il va y avoir des évolutions grâce à l’intelligence artificielle.

Peut-on passer le pas par exemple de la reconnaissance faciale ?
Alexandre Dupalais : La reconnaissance faciale pose un problème de liberté individuelle et d’atteinte à l’intimité. En tant qu’avocat, je suis attaché à la défende de la liberté individuelle : le but est justement d’avoir des mesures ciblées contre les voyous et pas de « fliquer » les honnêtes gens qui sont, heureusement, la vaste majorité. Ce qui est intéressant selon moi, c’est la reconnaissance algorithmique qui ne nécessite pas d’identifier les personnes elles-mêmes. Ça permet de reconnaître une situation problématique et de déclencher une alerte en conséquence, par exemple en cas de comportement suspect d’un individu rodant, ou même pour identifier une voiture « ventouse » suspecte et déclencher une intervention. On aurait une réactivité bien meilleure. On réfléchit aussi à la création d’une application pour téléphone mobile « Ma sécurité » pour avoir un dispositif d’alerte à destination du poste de police le plus proche pour déclencher une intervention, avec également un dispositif de bornes d’appel d’urgence car le 17 est souvent saturé à Lyon à cause du sous-effectif de policiers nationaux et municipaux. Il y a beaucoup de choses à faire au niveau de la technologie sans attenter à la liberté de chacun. Le but est tout au contraire de garantir justement la liberté de tous les Lyonnais en retrouvant notre sécurité.

Une telle promesse est-elle viable ? Combien coûteraient de telles mesures ?
AD : Sur ce projet, il faudrait dégager 50 millions d’euros par an. Mais pour la mairie de Lyon, dont le budget est de 1 milliard d’euros, c’est largement faisable : nous finançons ce plan à l’euro prêt sans augmentation d’impôts puisque au contraire nous prévoyons de baisser la taxe foncière pour annuler la hausse de 9% de Grégory Doucet, ce qui représente un gain de pouvoir d’achat de 350 euros par ménage lyonnais propriétaire, afin d’encourager l’investissement et le retour sur le marché immobilier des 20 000 biens retirés de la location. Mais nous réaliserons des économies et une rationalisation des nombreuses dépenses somptuaires de la ville (communication, cabinet et chargés de missions, subventions à des associations « amies », mutualisation, etc) qui nous permettront d’affecter ces ressources à la sécurité et à l’aide concrète à nos commerçants avec les 3 heures de stationnement gratuit pour leurs clients. C’est une question de priorités.

Alexandre Dupalais grimpe dans les sondages et apparaît désormais comme la troisième force du plateau. Mais a-t-il les moyens d’aller chercher plus haut ? François Falletti : C’est évident ! Il en veut et il a envie d’y arriver. Il fait tout pour. Les citoyens se posent des questions. Notamment sur la sécurité. Alexandre Dupalais la considère primordiale et je partage cette opinion. J’ai lu un sondage qui dit que les élections se joueront à 52% sur cette question. Il faut retrouver cette douceur de vivre à la lyonnaise que l’on aime tous. On l’a perdue par renoncements successifs. D’autant qu’en rétablissant la sécurité, vous libérez aussi l’activité économique et culturelle d’une ville attractive.

Son principal adversaire se nomme Jean-Michel Aulas. Quel regard portez-vous sur la candidature de cette grande figure de la vie lyonnaise ?
FF : C’est bien sur quelqu’un qui a un parcours tout à fait impressionnant. Je pense que ses annonces programmatiques sont un peu dispersées au regard de l’objectif de sécurité. Je trouve que nous faisons le bon choix en affirmant une priorité sur ce sujet sans évidemment négliger les autres, je pense que c’est cela qui fait la crédibilité du programme d’Alexandre Dupalais : des choix clairs pour l’avenir de Lyon.

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Marco Polisson

Rédacteur en chef
Co-fondateur du magazine.
En charge de la rédaction et responsable des partenariats.
Délégué à la protection des données RGPD

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