Texte : Morgan Couturier – Les transports en commun lyonnais étant le théâtre de plus de 8 000 agressions chaque année, la candidate à la présidence de la Métropole de Lyon souhaite apporter plus de sécurité aux usagers au moyen de l’instauration d’une police métropolitaine des transports.
Le rendez-vous avait été donné sur le parvis du cinéma Le Grand Scénario de Saint-Priest, non pas par gourmandise et pour le parfum sucré des popcorns qui vous donne envie d’écouter une belle histoire, mais peut-être parce que le grand scénario de 2026 s’est écrit sur place, en ce jeudi 8 janvier 2026. Parce qu’en ces lieux, Véronique Sarselli a avancé un nouveau pion sur l’échiquier de sa campagne électorale.
22 agressions par jour sur le réseau TCL
Quatre jours après avoir entendu Bruno Bernard lui présenter le réseau TCL comme « le meilleur de France et de très loin », la maire de Sainte-Foy-lès-Lyon a donc livré une nouvelle bande-annonce de son programme : initier une police métropolitaine des transports avec le recrutement de 120 agents sur trois ans, pour un objectif final de 200 recrues en fin de mandat. Le tout, en coordination avec la Préfecture, les communes de la métropole et le Sytral.
Et pour cause, la réalité du terrain est implacable, 8 000 plaintes sont déposées chaque année par des victimes d’agression dans les transports en commun lyonnais. Soit 22 cas recensés tous les jours.
« On a peut-être le meilleur réseau (sourire), mais on a le deuxième plus dangereux de France. Il faut sécuriser les femmes, les enfants, les seniors. Bruno Bernard nous dit qu’il y a déjà tout ce qu’il faut, mais on ne peut pas se satisfaire de ces chiffres. On propose de renforcer les moyens », a-t-elle promis, épaulée de Gilles Gascon, co-président du groupe Grand Cœur Lyonnais.
« Ces agents auront toutes les compétences de la police », a ainsi précisé la candidate. À commencer par le port d’une arme. « Il y a une volonté de dissuasion, de surveillance et d’intervention », a-t-elle ajouté, prenant l’exemple de Montpellier Métropole, où une telle mesure a permis de réduire les agressions de 30% depuis son instauration en septembre 2023.
Montant de la facture : 8 millions d’euros par an
« On voit une Métropole de Lyon qui ne s’est pas saisie du sujet, mais il y a un besoin d’intervention rapide et claire. Il faut prendre en main la question de la sécurité », a souligné Véronique Sarselli, rapidement complétée par le maire de Saint-Priest. « Ce n’est pas un sujet qui sort du chapeau à un moment de campagne électorale. Il y a une forte demande des usagers », a glissé ce dernier.
Reste à trouver les hommes et les former. Alors que Jean-Michel Aulas souhaite déjà ajouter 200 policiers municipaux sur le territoire lyonnais, recruter 200 agents supplémentaires ne sera pas chose aisée. L’idée mérite en tout cas d’être exposée.
Et puisque la bataille fait rage sur le financement de chaque proposition, dans un camp comme dans l’autre, le coût d’une telle police métropolitaine des transports a déjà été chiffré : 8 millions d’euros par an à la charge de la Métropole de Lyon, comprenant la rémunération des agents et l’achat de leur équipement.
Nul doute que ces nouvelles dépenses alimenteront les débats. Prenez place sur un siège, la bataille ne fait que commencer.



















0 commentaires