Texte : Morgan Couturier – Désireux de redonner à Lyon le rayonnement international qui fut le sien, Jean-Michel Aulas a annoncé vouloir renouer avec la tradition du Tour de France. Une épreuve jugée « polluante et machiste » par le maire sortant, qui a finalement décidé de rétropédaler.
On savait le vélo au cœur des débats dans la Capitale des Gaules, pour bien des raisons. Mais si l’explosion des voies lyonnaises ne cesse d’irriter, le cyclisme est visiblement à la fête depuis deux jours. La Région était en effet invitée à ouvrir le bal ce jeudi 29 janvier, à l’occasion de la présentation de son premier Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Le parcours à peine dévoilé, les candidats aux prochaines municipales n’ont pas tardé à se saisir du sujet. En tête, Jean-Michel Aulas.
Positionné en tête du peloton dans les derniers sondages, l’ancien président de l’Olympique Lyonnais a profité de son passage sur le plateau de BFM Lyon pour aller plus loin et annoncer son ambition d’accueillir « le départ du Tour de France en 2028 », huit ans après son dernier passage. JMA a officialisé cette annonce après avoir rencontré, en compagnie de Pierre Oliver, le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, au Café Terroir.
« C’est une symbolique forte. Je trouve vraiment bête qu’on se soit opposé au Tour de France », a balancé l’intéressé, en référence au rejet profond de Grégory Doucet pour cette épreuve jugée « machiste et polluante ».
Une rentabilité évaluée à 3 euros pour un euro investi
Pour cela, Jean-Michel Aulas aurait déjà avancé quelques pions. L’hypothèse aurait même pris une tournure plus que positive dans la journée, suite à la rencontre avec les organisateurs de la Grande Boucle. Une annonce qui n’a pas échappé à l’opposition, laquelle s’est empressée de stigmatiser le coût d’une telle ambition.
En effet, selon nos confrères d’Actu Nice, accueillir le Tour de France réclame quelques deniers. Sur la French Riviera, l’arrivée du Tour 2025 aurait impliqué un investissement de 2,5 millions d’euros. Un chiffre que Grégory Doucet s’est réjoui d’ajouter à ses exercices de mathématiques, en dépit des énormes retours attendus dans une ville qui sera de nouveau ouverte et accueillante pour ses visiteurs.
La réponse du maire : organiser… le Tour
Pour autant, ce dernier n’a pas tardé à rétropédaler sans vergogne. Ce vendredi, sur le plateau de BFM Lyon, l’édile a tout simplement déclaré vouloir accueillir le… Tour de France féminin 2028. Dans son contre-la-montre électoral, fort mal engagé, faire machine arrière et piétiner ses convictions est devenu une de ses spécialités (avant-dernière étape en date : le retour en grâce de la vidéo protection).
Un tel positionnement répond évidemment à sa définition de « ville engagée » et inclusive, mais l’élu n’est pas sans savoir que l’épreuve féminine possède également sa caravane automobile publicitaire, son lot d’autocars diesel (voir ci-dessous) et de voitures d’équipes. Leur nombre réduit a visiblement suffi à effacer le caractère polluant de cette épreuve.
À noter que le Tour de France féminin avait également terminé sa course à Nice l’an passé. Son coût : 1 million d’euros. L’un dans l’autre, l’année 2028 s’annonce sportive. Les Lyonnais auront manifestement le droit de profiter – enfin – d’une grande fête du vélo. Populaire, cette fois.




















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