Médecin-colonel Naïma Baladi : « Les femmes ont toute leur place chez les pompiers lyonnais »

22 février, 2024 | Actualités People Lyonnais | 1 commentaire

Propos recueillis par Alexandra Carraz-Ceselli – Chaque mois, Alexandra Carraz-Ceselli, fondatrice de L’Équipe des Lyonnes, un réseau qui compte plus de 2 400 membres et encourage les femmes à prendre leur place dans le débat public, nous propose de partir à la découverte d’une Lyonnaise au parcours remarquable, au cours du « Café des Lyonnes ».

Ce mois-ci, rencontre avec Naïma Baladi, la captivante médecin chef du SMDIS Rhône et Métropole de Lyon. Portrait d’une femme qui a choisi de consacrer sa vie à l’engagement et à sauver la vie des autres. A force de travail et de détermination, cette maman de 3 enfants, mène avec succès et humilité une carrière qui force respect et admiration.

Lyon People : Pensez-vous être une femme engagée ?
Naïma Baladi : Oui, je suis une femme pleinement engagée au service de la population. Je suis profondément « mission publique », avec un investissement sans faille. J’ai choisi un métier passion puisque je suis médecin, je suis pompier et ma mission première est de porter secours, soigner la population, améliorer sa prise en charge, et c’est ce qui m’anime au quotidien.

« L’engagement est un mot fort et l’une de nos valeurs premières chez les sapeurs-pompiers. »

Comment se traduit cet engagement ?
L’engagement est un mot fort et l’une de nos valeurs premières chez les sapeurs-pompiers. Mon fil conducteur, c’est de m’investir pour aider les autres et agir. Et si j’avais un peu plus de temps, je m’engagerais dans l’humanitaire.

L’univers des pompiers est-il très masculin ?
On souhaite évidement qu’il y ait beaucoup plus de femmes, car nous avons environ 5% de femmes chez les pompiers professionnels et 22% parmi les volontaires. Cependant, les pompiers, on l’oublie souvent, c’est d’abord une structure constituée de toute une diversité de métiers -des médecins, des pharmaciens, des infirmiers, des vétérinaires, des cadres de santé, des personnels administratifs et techniques, des ingénieurs, des mécaniciens, et puis évidemment les sapeurs-pompiers professionnels et les sapeurs-pompiers volontaires qui représentent la majorité de notre structure.

Quels sont vos effectifs sur Lyon ?
Sur tout notre territoire du Rhône et de la Métropole de Lyon, nous ne sommes pas loin de 6 700 personnes au total. La spécificité des sapeurs-pompiers volontaires, ce sont des gens comme tout le monde, qui vont prendre un engagement personnel sur leur temps libre pour porter secours, suivre une formation identique à celle des pompiers pros, et s’engager à sauver des vies. Pour moi c’est le plus beau des engagements.

Pourquoi les femmes sont-elles moins présentes dans ce secteur ?
En fait, on reste sur cette image d’univers masculin, alors qu’en réalité les femmes ont toute leur place chez les pompiers. Ce qui est important chez nous, c’est le collectif et la force du collectif, où chacun a sa place. Tout le monde va mettre en commun ses compétences pour réussir une opération de secours. Les femmes ne le saisissent pas forcément, alors que nous avons besoin d’elles. Il faut qu’elles aient l’audace d’intégrer les équipes, pour une belle cause.

Quand vous étiez petite, que vous vouliez-vous faire à l’âge adulte ?
Mon rêve de petite fille : j’ai toujours voulu être médecin. Une révélation venue à 9 ans. Je voulais également faire de l’humanitaire pour porter secours aux gens défavorisés et les soigner.

Quel a été votre parcours pour y parvenir ?
Je m’inscris en fac de médecine à Lyon Sud, avec la difficulté de devoir travailler en parallèle pour financer mes études. J’avais envie de m’en sortir. Je voulais prouver qu’avec le travail et la motivation, on peut y arriver, quelles que soient les contraintes ou les obstacles. J’ai suivi un cursus de médecin-urgentiste et travaillé au SAMU à Lyon pendant une dizaine d’années. Ensuite j’ai repris mes études et me suis engagée comme sapeur-pompier volontaire dans ma commune. A l’issue de ma 2e partie d’études, j’ai eu l’envie et l’opportunité de devenir sapeur-pompier-professionnel. J’ai donc passé le concours national de médecin sapeur-pompier professionnel et je suis allée me former à l’Ecole nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers pendant plusieurs mois, avec 3 enfants en bas-âge, ce n’était pas toujours simple (rires).

« Les mots-clés sont la motivation et l’organisation »

Vous êtes « super woman » ? Quel est votre secret ?
Je dors peu, c’est vrai, mais le mot-clé c’est la motivation et l’organisation. Après j’ai la chance d’avoir eu des enfants très souples, et adaptables et qui ont compris la passion de leur maman.

Qui vous a inspiré le plus dans votre parcours ?
L’impulsion de départ m’a été donnée par ma mère. Nous n’étions pas dans une situation très confortable, donc pour nous en sortir, la clé, c’étaient les études. Et puis après, dans ma carrière, ce sont les patients, les rencontres et les situations difficiles que l’on vit quand on est urgentiste.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui nous écoutent et qui aspirent à ce genre de carrière ou à des postes avec de très grosses responsabilités ?
Il faut avoir l’audace d’y aller et la motivation. Et ne pas hésiter à se faire aider et être encouragée.

Vous avez conscience d’être un ‘role model’ pour certaines femmes ?
Je pense que nous avons vraiment ce problème de visibilité. Il faudrait habituer les esprits et avoir cette représentation des femmes : pompier, pilote de ligne, pilote de chasse, astronaute… peu importe en fait, mais de les montrer. Avec plus de représentations de femmes sur des postes dits « masculins », cela pourrait démystifier et donner envie aux femmes d’accéder à ces postes, et se dire que c’est possible.

Vos collègues vous ont-ils toujours bien acceptée ? Vous êtes-vous toujours sentie légitime dans vos fonctions ?
Oui, je n’ai pas eu de souci, mais c’est aussi ma force et tout mon parcours depuis l’enfance. Cela dit, j’ai conscience que ce n’est pas le cas de tout le monde, c’est pour cela qu’il faut rester vigilant et ne pas dire que c’est facile. Toutes les portes ne sont pas ouvertes justement, il faut les forcer parfois et aider certaines femmes à les forcer. Ma valeur première est le travail, l’investissement, l’engagement, du coup, j’ai avancé naturellement dans mon parcours.

Si vous aviez une feuille blanche, quelle mesure prendriez-vous pour que les femmes soient plus présentes dans le débat public ?
Je serais sur le principe des quotas pour bousculer un peu, car il faut impulser et c’est la loi qui permet de bouger les choses. Il ne s’agit pas de prendre la place de quelqu’un, c’est juste reprendre la place que nous aurions dû avoir au départ. Il faut aussi communiquer et faire savoir que c’est possible.

> Lien vers la vidéo du Café en ligne : https://youtu.be/a-iS9FR5gMg?si=2OZKAWVdKKdF9nUu

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/marco" target="_self">Marco Polisson</a>

Marco Polisson

Rédacteur en chef
Co-fondateur du magazine.
En charge de la rédaction et responsable des partenariats.
Délégué à la protection des données RGPD

1 Commentaire

  1. Anonyme

    bravo,
    pare contre j’ai du mal quand on dit que les volontaires on la même formation.
    4 mois pour un spp.
    et 3 semaines pour un volontaire.
    ensuite les oui très bien,
    mais surtout n’oubliez pas de dire que c’est un peu le bordel !!!
    elles tombent enceinte en même temps donc pb ds les planning.
    et vs parlez pas des spv juste formé suap, dans les compagnies professionnelles.
    et qui nous empêche de partir sur feu car ils ne sont pas formé.
    enfin vous inquiétez pas tout va bien.

    Réponse

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