Propos recueillis par Alexandra Carraz-Ceselli – Chaque mois, Alexandra Carraz-Ceselli, fondatrice de L’Équipe des Lyonnes – un réseau de près de 4.000 membres qui œuvre à faire émerger les voix féminines – met en lumière une personnalité inspirante dans son podcast « Le Café des Lyonnes ». Ce mois-ci, rencontre la Fondatrice de Maison Charlott, Véronique Garnodier, qui a construit en trente ans une aventure entrepreneuriale hors norme autour d’un produit que personne n’avait encore imaginé en vente à domicile : la lingerie.
ACC : Êtes-vous une femme engagée ?
VG : Oui, je suis une femme très engagée, essentiellement auprès des femmes. Toute ma communauté est féminine, avec plusieurs milliers de femmes qui gravitent autour de la marque Charlott. Mon engagement, c’est de les faire évoluer, de leur donner de l’indépendance, de leur permettre de voyager, de rêver grand. C’est aussi, je crois, une forme de retour d’expérience sur la façon dont les femmes se regardent elles-mêmes, souvent avec trop de sévérité et pas assez de valorisation.
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la place de la femme dans la société ?
Elle se sous-estime beaucoup, ne se valorise pas assez, doute trop. Elle est aussi très régie par ses émotions, ce qui peut parfois la freiner.
Quel a été votre premier parcours ?
J’ai fait des études de diététique et ensuite une spécialisation en diététique sportive. J’ai même enseigné cette discipline à l’IUT, notamment pour des sportifs de haut niveau. Le sport et la nutrition sont très liés : récupération, performance, développement musculaire, gestion du poids… C’était une approche globale qui me plaisait beaucoup.
« Je n’ai pas forcément toujours les compétences au départ, mais j’ai l’audace »
Comment naît alors l’idée de Charlott ?
De manière totalement imprévue. Tout part d’un appel de ma cousine, à Cannes, qui m’invite à une réunion d’opportunité autour de la vente en réseau. Le produit présenté ce soir-là ne me plaisait pas, mais j’ai adoré le concept de vente relationnelle, à domicile. J’ai alors commencé à réfléchir : quel produit pourrait à la fois me plaire, correspondre aux femmes et fonctionner dans ce modèle ? J’ai fait une étude de marché, je me suis inscrite dans plusieurs sociétés de vente à domicile pour comprendre leur fonctionnement, et peu à peu, la lingerie s’est imposée.

Parce que tout était réuni. C’est un produit du quotidien, porté par toutes les femmes, acheté de manière récurrente, et à l’époque, personne ne l’avait vraiment développé en vente à domicile. Le marché était vierge. Je trouvais cela génial. Il y avait à la fois le besoin, la régularité, le côté féminin, et surtout un vrai terrain d’innovation. C’est là que Charlott est née.
Qu’est-ce qui a le plus compté dans cette réussite ?
L’audace, sans hésiter. Si vous attendez d’avoir toutes les réponses, vous ne partez jamais. On ne démarre jamais avec 100% de maîtrise. Il faut accepter de partir avec une intuition, une envie forte, et apprendre en marchant. Quand on a l’énergie, le sourire, la posture et que l’on croit profondément à ce que l’on fait, on finit par trouver le bon chemin.
Qu’avez-vous appris des femmes à travers toutes ces années ?
Que ces moments entre femmes sont précieux. On entre dans leur intimité, on partage des rires, des confidences, des anecdotes parfois très drôles. Ce sont des parenthèses. On offre un rayon de soleil à des femmes souvent écrasées par les obligations, la famille, le quotidien, la charge mentale. Ce qui me touche, c’est de voir à quel point ce petit moment de plaisir, de légèreté et de soin peut compter. Cela crée une relation très particulière, une forme d’amitié en pointillés.
Si vous aviez une baguette magique, que feriez-vous pour rendre les femmes plus visibles ?
Je crois que cette baguette magique, je l’utilise déjà depuis trente ans. Je valorise les femmes, je les accompagne, je leur répète sans cesse : tenez-vous droites, souriez, allez-y, soyez audacieuses. Monsieur Chance se présente souvent à nous : il faut savoir lui ouvrir la porte. Je pense que les femmes ont très peur de l’échec, alors que l’échec n’est rien. Si vous n’échouez jamais, c’est souvent que vous n’êtes pas allée assez loin. Alors osez, tombez, relevez-vous, et recommencez. C’est ainsi que l’on devient visible.
> Retrouvez l’entretien intégral en vidéo sur la chaîne YouTube du Café des Lyonnes















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